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Ballet de L'Opéra de Paris

Hommage á Noureev

by Catherine Schemm

20 janvier 2003 -- Palais Garnier

La générale avait été trompeuse, et cette soirée fut merveilleuse, copieuse, près de 3h de spectacle certes il y eut bien quelques petits râtés, mais l'hommage à Noureev fut vibrant notamment celui rendu par ses danseurs étoiles, ceux qui évoluèrent sous lui, avec lui, et par lui.

L'orchestre de l'Opéra de Paris sous la direction de Paul Connely fut à la hauteur de l'événement et on apprécia également les solistes que ce soit le chanteur Dietrich Henschel, interprète des Chants du compagnon errant, le pianiste de "Marguerite et Armand," Philip Gamon et le violoncelliste Christophe Coin dans Bach Suite 2. Malgré l'absence de décors, les costumes utilisés furent toujours ceux des productions originales signés Georgiadis notamment dans "Don Quichotte."

Le défilé débuta avec panache cette soirée, malgré un manque évident de répétitions et des lignes fluctuantes, il nous permit de revoir dans cette magnifique parade, les étoiles féminines qui sont parties trop vite comme Isabelle Guérin, Elisabeth Platel et surtout Monique Loudières ovationnée plus que toutes les autres.

Le film monté par René Sirvin et raconté par Laurent Hilaire, nous permit de voir quelques images de Rudolf Noureev au sommet de sa gloire, peu d'images inédites, mais les moments phares de sa carrière, sa liberté en 1961, "Marguerite et Armand", "le Lac" avec Margot Fonteyn, pour en arriver à la Bayadère.

La soirée débutait vraiment enfin, on peut considérer que cet hommage est composé de plusieurs parties, les relectures des grands classiques, les chorégraphies originales et les rôles marquants créés par le danseur.

La soirée s'ouvrait donc sur la variation de l'acte III de "Raymonda" "la claque", dansée par Platel qui manquait un peu de présence, mais nous rappelait, qu'il voulait une version "bruyante" de cette variation et non un simulacre de "claque".

Puis ce fut le pas de deux de "Casse-Noisette" où Clairemarie Osta fut étincellante notamment dans ses sautés sur pointes, légers, immatériels, malheureusement Laurent Hilaire était un peu absent au niveau partenariat.

Suivait une nouvelle relecture avec le Grand adage de "Don Quichotte" par Laetitia Pujol et Eric Vu An qui soulageait Nicolas Le Riche souffrant mais ne pouvait seulement assurer que l'adage. Si l'allure noble d'Eric Vu An, nous rappela le grand style imposé par Noureev, le manque visible de répétitions se fit cruellement sentir notamment dans les pirouettes.

Après les relectures, arrivaient les chorégraphies originales, ce fut d'abord le pas de deux du balcon de "Romeo et Juliette," si Elisabeth Maurin montrait toutes les qualités de l'étoile Noureev, avec un style inimitable, une fraicheur et une jeunesse retrouvées, elle pâtit de la prestation d'Alessio Carbone, nouvellement promu premier danseur et très décevant en Romeo, réceptions très approximatives dans ses doubles assemblés, et on se demandait pourquoi il n'avait pas remplacer Benjamin Pech par Christophe Duquenne qui maîtrisait totalement le rôle, lorsqu'il avait remplacé au pied levé.

Vint le moment magique de la soirée avec l'apparition de Loudières, plus gracieuse et lyrique que jamais, elle fut incomparable dans le pas de deux du tabouret de "Cendrillon" aux côtés d'un Jean-Guillaume Bart qui n'était pas sans rappeler par son élégance et son style, Manuel Legris. Quel moment de grande émotion !

La première partie s'achevait par le premier hommage à Noureev danseur et présentait "les Chants du compagnon" errant de Béjart avec les frères ennemis d'autrefois Hilaire et Manuel Legris. Au sommet de leur art, ils furent les interprètes merveilleux de ce pas de deux, Hilaire bouleversant homme rattrapé par le destin de Legris implacable, magnifique hommage rendu par les deux étoiles Noureev à celui qui fit d'eux les deux plus grandes étoiles masculines de l'Opéra.

La deuxième partie toujours consacrée à Noureev danseur permettait d'admirer "Marguerite et Armand" créé par Frederik Ashton pour Margot Fonteyn et Noureev et repris pour cette soirée par Sylvie Guillem et Le Riche.

Ce ballet qui raconte" l'histoire de la Dame aux camélias", est une oeuvre intimiste, et grandiose à la fois. Loin des prestations parisiennes habituelles de l'étoile transfuge, Guillem nous offre une Marguerite tour à tour triomphante, amoureuse, blessée, mourante, avec le même bonheur, son jeu est nuancé et parfait, et le ballet nous permet de découvrir en France une facette méconnue de son talent. A ses côtés Le Riche campe un fougueux Armand, mais si la technique est impeccable, tout est très stylé, son jeu est par trop exagéré notamment son entrée et surtout son désespoir et ses bruyants sanglots à la mort de Marguerite. A noter la présence exceptionnelle d'Anthony Dowell en père d'Armand, digne puis désespéré.

La dernière partie nous montrait différents aspects de Noureev, l'amateur de tous les genres de danse y compris la danse baroque dans un extrait de Bach suite 2 magistralement interprété par Kader Belarbi qui ciselait tous les pas.

Ce fut aussi l'hommage du corps de ballet avec la polonaise du "Lac des cygnes" réglée pour les garçons de la troupe et dansée avec un parfait ensemble. Venait ensuite le fameux pas de trois du "Lac" où Noureev a étoffé le rôle masculin de Rothbart. Agnès Letestu, José Martinez et Wilfried Romoli furent éblouissants dans cet extrait si théâtral que ce soit dans l'adage aux équilibres interminables ou dans leurs variations ciselées, parfaites. Un pur moment de bonheur.

La soirée s'achevait sur l'acte des ombres de "La Bayadère", dernier ballet chorégraphié par Rudolf Noureev avant sa mort, le corps de ballet féminin fit honneur au chorégraphe avec un ensemble parfait dans la fameuse descente des ombres, cet acte nous permettait de retrouver Guérin aux côtés de Bart. Malheureusement ce ne fut pas la meilleure Nikya de l'étoile, les problèmes techniques sont trop visibles pour qui l'a vue à sa création, Bart se montra un Solor partenaire attentif et brillant virtuose notamment dans le redoutable manège de doubles assemblés. Nathalie Aubin, Mélanie Hurel et Eleonora Abbagnato avaient l'honneur de danser ce soir les trois variations. Si Abbagnato domine les trios par sa grâce et sa présence, elle interprèta sa variation sans éclat particulier, Aubin danse avec sa maîtrise habituelle la première variation et la jeune première danseuse, Hurel sans doute galvanisée par son titre fut époustouflante de virtuosité et de technique en seconde ombre quelle descente de relevés sur pointes !

La soirée s'acheva sur l'ensemble des protagonistes réunis pour des saluts interminables sous les bravos d'un public conquis par les talents de nos danseurs et notamment la fameuse génération Noureev qui rendit un hommage vibrant au maitre qui reste visiblement bien ancré au fond d'eux-mêmes.

Edited by Mary Ellen Hunt.

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