home
forum
features
reviews
interviews
events
best-of
links
gallery
whoweare

 

Ballet de l’Opéra de Paris

Soirée jeunes chorégraphes

by Catherine Schemm

représentation du 20 juin 2003 -- Bastille, amphithéâtre / Paris


Une soirée pleine d'espoirs

Régulièrement l'Opéra donne carte blanche aux artistes de sa troupe qui veulent s'essayer à la chorégraphie, c'est par ces spectacles que furent révélés Kader Belarbi, Pierre Darde, Jean-Guillaume Bart notamment. Cette année le ton était résolument à la recherche contemporaine, aucune oeuvre néoclassique n'étant présentée par Bruno Bouché, Nicolas Paul, Sébastien Bertaud, Jean-Philippe Dury, Yann Bridard, Mallory Gaudion et Jérémie Belingard. Chacun a fait une recherche esthétique et chaque oeuvre est intéressante, même si certaines le sont plus que d'autres. Devant un public épars mais composé principalement de danseurs et d'afficionados, nous pouvions découvrir à Paris certaines oeuvres déjà présentées à Roissy, ou des créations parisiennes. Il est curieux de constater combien toutes ces pièces étaient contemporaines surtout venant d'artistes classiques.

La première partie débutait par une pièce de Bruno Bouché assez sombre, intitulée "ce qui reste" et qui évoque la relation entre deux femmes et deux hommes sans visage, Martin Chaix et Caroline Bance, Alice Renavand et Aurélien Houette forment ces couples avec brio, mais l'argument paraît très obscur, la chorégraphie semble parfois un peu empruntée à Mats Ek, notamment dans le solo de Caroline Bance. Martin Chaix est particulièrement inquiétant en homme sans visage.

Jean-Christophe Guerri est un artiste contemporain indiscutable, il a donné une force incroyable en interprétant avec une fluidité incomparable le solo extrait de la première oeuvre de Nicolas Paul présentée "On peut toujours interpréter le vol des oiseaux".

Sébastien Bertaud, le benjamin de cette cuvée a réglé « Explicite Artifice », solo original pour Marie-Agnès Gillot,. Coiffée d'une perruque de longs cheveux blonds., elle danse sur un podium telle une gogo danseuse, une espèce de Loana. La première danseuse y est formidable par son implication, sa force, même si l’œuvre est un peu austère. Là encore un travail particulier sur les éclairages et sur la scénographie a été fait.

La première partie s'achève sur "Hablame", ballet de Jean-Philippe Dury réglé pour le chorégraphe et cinq danseuses Christelle Granier, Morgane Karsenti, Gwenaelle Vauthier, Caroline Robert et Ninon Raux. Si la chorégraphie en elle-même n'est pas très originale, la recherche esthétique autour des éclairages, des costumes (robes de dentelles noires et jupes de satin violet), de l'illustration du fado, en fait une oeuvre agréable et merveilleusement servie par ses interprètes féminines, Jean-Philippe Dury ne s'est pas du tout mis en avant dans sa création. On y remarque particulièrement Christelle Granier pour qui le chorégraphe a déjà réglé des ballets comme "Fado" et Morgane Karsenti, belle et grande brune, déjà très présente dans l'Histoire de Manon en fille du peuple et qui révèle ici un joli tempérament artistique.

La deuxième partie commençait avec la première oeuvre de Yann Bridard intitulée « Court noué ». Après ses compagnons de promotion Jean-Guillaume Bart et José Martinez dont nous avons vus les chorégraphies à l'Opéra, celle de Nicolas Le Riche n'y étant pas été présentée, on attendait avec quelque impatience sa première oeuvre. Naturellement celle-ci est très proche du tempérament artistique du danseur, avec un thème ardu (les maladies orphelines) et une esthétique particuliere. Dans un décor de panneaux mobiles de couleur crème, cinq malades se croisent aux détours de couloirs, tous les interprètes sont remarquables Séverine Westermann, Céline Talon, Caroline Bance, Fabien Roques et Yann Bridard prêtent leurs talents à ces rôles forts et dérangeants sur fond de maladie. On admire notamment la prestation de Fabien Roques dans son solo désespéré sur la maladie de la pierre et son pas de deux avec Céline Talon.

Mallory Gaudion, pour sa première oeuvre "Abel était", s'inspire beaucoup des Indomptés de Claude Brumachon et n’est pas non plus sans évoquer les duos masculins de Maurice Béjart. Le jeune sujet règle un intéressant et intense pas de deux entre deux danseurs, deux frères campés par Alexis Renaud et Stéphane Bullion. Tous deux sont excellents et confirment tout le bien qu'on pensait d'eux en tant qu'artistes contemporains. Ce pas de deux à la fois aérien de par ses portés et très ancré dans le sol manque cependant un peu d’originalité, malgré sa beauté formelle.

Nous pouvions découvrir à Paris le pas de deux de Nicolas Paul "Deux prisonniers, deux tortionnaires", sans doute est-il avec Yann Bridard, le chorégraphe le plus intéressant de la soirée. Ce pas de deux entre Béatrice Martel et Jean-Christophe Guerri est intense et montre une fois de plus l'étendue de leurs talents.

La soirée s'achevait sur « Parade », création de Jérémie Bélingard pour lui même et Raphaelle Delaunay sur une musique de Beethoven jouée au piano et rythmée de tambours africains. Ce pas de deux est sans invention réelle, hormis les deux héros qui dessinent à la craie leur silhouette à chaque bout de la scène pour finir par se retrouver dans un dessin unique du couple. Ce duo se laisse regarder, mais on regrettera que Raphaelle ne soit pas mieux servie pour son retour passager à l’Opéra qu’elle a quitté pour suivre Pina Bausch. On a l'impression que le chorégraphe a été pris par le temps et n'a pu régler totalement son ballet, semblant improviser directement sur scène. Les deux danseurs sont parfaits, mais le ballet ne révèle pas un "réel" chorégraphe.

Cette soirée fut acclamée par un public enthousiaste et a permis de découvrir les talents très originaux de Yann Bridard et Nicolas Paul et ceux plus classiques de Mallory Gaudion et Jean-Philippe Dury.

 

Please join the discussion in our forum.

Archives
2003
2002
2001
2000
1999


You too can write a review. See Stuart Sweeney's helpful guide.

For information on how to get reviews e-published on Critical Dance see our guidelines.
Comment publier des textes sur la page des critiques de Critical Dance cliquez ici.

Submit press releases to press@criticaldance.com.

For information, corrections and questions, please contact admin@criticaldance.com.