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Manuel
Legris et les solistes de l’Opéra de Paris
'Return to a Strange Land,' pas
de deux de 'La Sylphide,' pas de deux du 'Magnificat,' variations sur
'Carmen,' pas de deux du 'Corsaire'
by Marc
25 juillet 2003 - Les Baux de
Provence
Terne et ennuyeuse soirée que ce
spectacle de Manuel Legris et ses étoiles du XXIème siècle dans la Cathédrale
d’Images des Baux de Provence le vendredi 25 juillet.
Tout commence avec un extrait de Return to a strange land que Jiri Kylian
a chorégraphié pour le ballet de Stuttgart en 1975 sur de mélancoliques
pièces pour piano de Léos Janacek. Muriel Zusperreguy, Stéphane Bullion
et Yann Saïz semblent gênés par l’étroitesse du plateau, le tout manque
de précision mais on apprécie la présence de la danseuse peu aidée en
revanche par le manque de style de ses partenaires.
Laurence Laffon se révèle décevante dans le pas de deux de La Sylphide
et semble complètement dépassée par les événements. Elle a du mal à sauter,
ce qui dans du Bournonville est quand même gênant, a des problèmes de
pieds et surtout n’a aucun contact avec son partenaire Bruno Bouché. Ce
dernier nous présente une jolie variation, il a un bon saut qui manque
encore de moelleux et de jolies pirouettes. On peut juste regretter son
jeu maniéré.
Elisabeth Platel et Yann Saïz dans le pas de deux du Magnificat. Et là
franchement on se pose des questions... J’ai un immense respect pour la
carrière de cette danseuse étoile mais on peut se demander ce qu’elle
fait encore sur scène. Elle semble désorientée, peu sûre d’elle. Elle
a des problèmes techniques notamment avec ses grands pliés et le tout
a l’air franchement très laborieux. Triste de voir une telle prestation
après une si exceptionnelle carrière.
Heureusement Manuel Legris arrive avec ses Variations sur Carmen présentées
pour la première fois en France cette création de Roland Petit permet
au danseur étoile d’interpréter Don José, Escamillo, Carmen et la mort...
Legris est magnifique d’aisance et de précision. Il a un charisme que
je ne lui connaissais pas et séduit le public. Un danseur exceptionnel
qui transcende la chorégraphie de Roland Petit.
Après l’entracte le pas de deux du Corsaire avec une Muriel Zusperreguy
précise, virtuose et un Stéphane Bullion qui se montre un excellent partenaire.
Encore une fois aucun contact entre les deux danseurs, ils sont pourtant
censés nous raconter une histoire non ? Elle a un joli travail et semble
être une danseuse intelligente qui pourtant ne se laisse pas suffisamment
aller. On a envie de la voir s’éclater et on voit une danse bien propre
qui manque de coeur et d’âme, bref de personnalité. Lui a des problèmes
avec ses épaules et on a l’impression qu’il ne sait pas où regarder. Là
aussi rien de bien enthousiasmant.
Un autre solo de Legris ensuite, Angel, chorégraphié par Renato Zanella.
Un plaisir de voir une telle maîtrise technique. Un danseur au sommet
de son art. Il a l’expérience, la maturité. Un beau moment.
Enfin je passerai charitablement sur la prestation d’Elisabeth Platel
dans le pas de six de Raymonda qui terminait la soirée....
Une soirée vraiment décevante malgré la beauté de l’endroit et les prestations
de ce grand danseur qu’est Manuel Legris.
Edited by Catherine Schemm
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