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l'Opéra de Paris
le Songe d'une nuit d'été de John Neumeier

Palais Garnier, Paris, France
26 juin au 13 juillet 2001

par Catherine Schemm

Après dix ans d'absence, l'Opéra de Paris nous a permis de redécouvrir le Songe d'une nuit d'été de Neumeier. Ce ballet a été créé en 1977 par le ballet de Hamburg et repris en 1981 par l'Opéra de Paris. Toutefois, pour cette reprise, les étoiles ont quelque peu déserté les rôles secondaires où elles excellaient. Nous avons ainsi pu juger le potentiel de tous nos premiers danseurs. Cette fois-ci se sont encore particulièrement dégagés Clairemarie Osta en Héléna, Eleonora Abbagnato, qui montre toutes les dispositions d'une future grande, Yann Bridard, Bottom attachant et Obéron puissant et Jérémie Bélingard qui fait honneur à son récent titre de premier danseur. Mention particulière à Hervé Courtain qui malheureusement quitte la compagnie pour un an si ce n'est définitivement au profit de la Boston Ballet Company et au jeune Aurélien Houette qui aura été la réelle découverte comique dans le personnage de Flute/Thisbé. Cette série aura aussi montrer les limites aussi bien technique qu'artistique de Karl Paquette, pourtant récemment promu premier danseur.

Les decors et costumes de Jurgen Rôse ne sont pas sans rappeler les costumes empires pour la cour, par contre les êtres féeriques sont en maillots académiques chairs. La clairière féérique est évoquée par bosquets que les danseurs déplacent eux-mêmes pour transformer le bois. Et le palais du mariage est évoqué juste par quelques banquettes, et bouquets de fleurs dans des vasques.

Le Ballet est composé d'un prologue et deux actes. John Neumeier a gardé les personnages de la comédie de Shakespeare, mais il a légérement modifié l'histoire. En effet Hippolyte à la veille de son mariage avec Thésée, duc volage qui lui offre comme gage de fidelité une rose rouge, devient Titania en rêve et transforme Thésée en Obéron et Philostrate, son intendant en Puck et la rose rouge en fleur magique qui rend amoureux de la première chose vue à son réveil. Tout le Songe d'une nuit d'été n'est, en réalité, dans cette version que le Songe d'Hippolyte. Tous les personnages qu'Hippolyte a vu en cette veille de mariage se retrouvent dans son rêve à commencer par Bottom à qui elle n'a pas été insensible et ses artisans qui sont venus lui présenter leur pièce. Le rêve est l'illustration de la pièce avec Bottom transformé en âne, et Lysandre devenant amoureux d'Helena, les imbroglios amoureux du quatuor. Seule digression, le fait qu'Helena soit myope, et Hermia plus grande qu'Héléna. Lorsque Hippolyte se réveille, elle comprend qu'elle aime en réalité Thésée et les festivités du mariage peuvent avoir lieu...

Le premier acte se situe complètement dans cette forêt enchantée, et Neumeier a su habilement emmeler êtres féériques en maillot vert et coiffe argentée qui évoluent au gré des scènes comme une espèce de fil conducteur. Le décor est très sobre, juste trois frêles bosquets, manipulés par les danseurs eux mêmes et transforment à volonté la forêt, les éclairages très étudiés permettent de rendre l'atmosphère encore plus féerique. L'atmosphère magique du premier acte est accentué par le passage continuel de fées lors des pdd entre les quatre amoureux, de même que par les passages au ralenti d'Héléna poursuivie par Lysandre, ou des comédiens qui fuient toujours au ralenti, après que Bottom ait été transformé en âne. Pour cet acte, le chorégraphe a réglé de nombreux pas de deux aux portés tous plus audacieux les uns que les autres pour les différents protagonistes dont Titania et Obéron ou encore Demetrius et Helena. Titania se promène également avec son cortège de fées qui après la porte à bout de bras, et la berce sur leurs jambes. De la frèle Hermia, qualifiée de petite et naine dans la pièce de Shakespeare, Neumeier en a fait une grande jeune fille. Héléna est devenue une petite myope un peu gaffeuse. Demetrius est un officier sûr de lui et Lysandre un jardinier poétique. L'intrigue complexe des quatre amants semble plus importante dans la chorégraphie de Neumeier que celle d'Obéron et Titania, le tout est coupé des interventions des artisans-comédiens.

Le deuxième acte se déroule au Palais où l'on fête les trois mariages et est plus conventionnel dans sa construction où on assiste au divertissement donné en honneur des mariés, danses des trois couples et surtout la représentation de Pyrame et Thisbé par les artisans-comédiens. Celle-ci entraine d'ailleurs les rires des spectateurs, car John Neumeier a su très habilement transferé le comique du texte sur scène avec utilisation des pointes, musique de la Traviata, après l'ouverture de la Cavalerie Légère toujours jouées sur orgue de barbarie.

Neumeier a choisi trois types de musique en fonction des personnages. Tout ce qui se passe avec les êtres de la Cour évoluent sur du Mendelssohn (extraits du Songe d'une nuit d'été, et différentes Ouvertures : die Heimkehr aus dem Frende, Ruy Blas, Meerestille et glückliche Fahrt et Athalie). Les êtres féeriques évoluent sur la musique électronique de Ligeti et les artisans au son de l'orgue de barbarie qu'ils trainent sur scène avec eux. La tragédie de Pyrame et Thisbé présentée par les artisans lors du 2e acte regroupe des airs de la Traviata de Verdi et de la Cavalerie légère de Suppé.


Distributions

Quatre distributions devaient alterner sur ces spectacles, malheureusement les blessures de certains danseurs et danseuses n'ont permis de voir que deux Hermia et deux Démétrius.

Titania/Oberon

Dans le couple Titania/Hippolyte, Thésée/Obéron, Aurélie Dupont et Jean-Guillaume Bart forment un couple extraordinaire par leur beauté plastique d'une part, et par leur talent artistique d'autre part. Leurs portés spectaculaires et acrobatiques sont étourdissants et leur pdd en Titania, Obéron semble trop court, tant ils sont les personnages. Aurélie a la majesté mais également la "futilité" de Titania, reine des fées, quant à Jean-Guillaume Bart, il a toute l'autorité nécessaire. Son pdd avec Bottom, transformé en âne, est également extraordinaire tant elle a d'aplomb et d'assurance notamment dans les chevauchements de l'animal. Quand ils redeviennent Hippolyte et Thésée, Aurélie la fière Titania devient timide et effacée puis amoureuse et triomphante dans le pdd final où avec Jean-Guillaume, ils sont magiques. Lui brille par son style impeccable et la précision de ces sauts, ainsi que sa noblesse de mouvement. Elle est fine, lyrique, aux bras expressifs, à la technique ciselée. Leur jeunesse, leur musicalité et leurs talents aussi bien techniques, qu'artistiques dominent ce ballet.

Delphine Moussin incarne Hippolyte/Titania de manière complètement différente de celle d'Aurélie Dupont. Leurs personnages sont différents, si physiquement la Titania de Delphine est plus belle plastiquement à voir, elle n'a pas le même côté majestueux d'Aurélie, par contre en dépit d'un prologue en demi-teinte, elle a campé une sublime Hippolyte qui découvre enfin l'amour après ce songe révélateur et quel équilibre à la fin du grand pdd final. A ses côtés Wilfried Romoli, s'il a la prestance d'Obéron est quelque peu limité techniquement actuellement, par contre ses pas de deux avec Delphine sont absolument époustouflants. Quel partenaire, et quel acteur, l'éclat de rire qu'il a quand il s'aperçoit que Titania est amoureuse d'un âne, sa réaction devant la demande en mariage d'Héléna par Démétrius montre l'étendue de ses talents.

Pour le Songe, l'Opéra a invité Elisabeth Platel pour danser le rôle de Titania. Celle-ci a su montrer encore ses talents habituels avec son sens du mouvement en Hippolyte et sa froideur en Titania, son pdd avec Obéron, Yann Saiz était impressionnant, par contre son pdd avec Bottom transformé en âne était moins convaincant, notamment dans le fait qu'elle semble mal assurée de monter sur le dos de l'âne. Yann Saiz est un Obéron à la belle prestance, par contre son Thésée manque de brio et de technique. Dans le pdd final, un porté n'a jamais réussi à monter et il manquait quelque chose après la performance magique d'Aurélie/Jean Guillaume dans ce même pdd.

Eleonora Abbagnato, pour son premier grand rôle de soliste depuis son titre de première danseuse a été magnifique. Elle a la réserve et la majesté d'Hippolyte, tout en ayant le côté froid de Titania. Son pdd avec Obéron était magnifique de même que celui avec Bottom, elle semble à l'aise notamment lorsqu'elle chevauche fièrement celui-ci transformé en âne. Yann Bridard, à ses côtés, a été le meilleur Obéron de la série. En effet si Jean-Guillaume Bart a la beauté plastique et technique de la danse, Yann Bridard confère une toute autre autorité à son Obéron, il a une sensualité animale et son jeu subtil est riche en nuances. Sa personnalité unique est mise en valeur dans de tels rôles et révèle complètement ses qualités de danseur néo-classique. De plus grâce Yann Bridard est le seul qui ait complètement compris la double personnalité de Thésée/Obéron et de son maître de cérémonie qui fait de Philostrate en Puck, une sorte de maitre des menus plaisirs. Leur complicité est extraordinaire (que ce soit avec Courtain, le premier soir, ou Jérémie Bélingard, la seconde fois). Ils rient de leur méchanceté face à Titania.

En Thésée, Yann Bridard présente un duc un peu canaille, qui va bien avec le côté volage du personnage. Leur partenariat est magnifique. Par contre le couple malgré un jeu parfait et original au deuxième acte ne semble pas aussi à l'aise dans la partie purement classique dévolue à Hippolyte/Thésée. Elle a de petites défaillances techniques minimes malgré une fluidité et un légato des plus agréables et lui n'a pas un style classique des plus purs, en dépit d'une élégance naturelle. Leur pdd du réveil d'Hippolyte, par contre est un sommet de sensualité et le couple est magnifique. La distribution qu'il formait avec Hervé Courtain en Puck, Hervé Moreau en Lysandre, Lionel Delanoe, en Démétrius, Clairemarie Osta en Helena et Karin Averty en Hermia était sans doute la plus homogène et la meilleure par sa jeunesse et sa fougue.

Puck

Jérémie Bélingard était le Puck de Jean-Guillaume Bart et Yann Saiz. Il a également remplacé Hervé Courtain aux côtés de Yann Bridard le 12 juillet. Son Puck sensationnel à la technique parfaite, il ajoute le jeu nécessaire qui donne tout son sens au personnage, il rit de ses farces, rit et faire rire des mésaventures des quatre amoureux, est omniprésent sur scène dans le premier acte, il est par contre un peu plus en retrait en Philostrate, même s'il est excellent. Il a compris la cocasserie du rôle de Puck et laisse libre cours à son imagination, notamment quand il se coiffe du chapeau d'Héléna ou quand il imite la démarche d'Obéron.

Emmanuel Thibault, Puck de Romoli, pose un problème. Si en Philostrate, il a été parfait, la chorégraphie rigoureuse de Neumeier est faite pour ses qualités virtuoses. Le personnage de Puck, en dépit de quelques indications et quelques passages imposés laisse plus libre cours aux qualités d'improvisation du danseur. En dépit de sa silhouette de lutin, il manque de démesure et de folie, il n'est pas assez heureux de ses plaisanteries. Puck est un personnage "méchant" qui aime se moquer et rire, d'ailleurs il ne fait pas rire le public de la même façon que Jérémie Bélingard, qui était irresistible dans le grand pas de quatre des amants "désunis". Même s'il est un artiste attachant, il ne se renouvelle jamais et son jeu n'est fait que d'écarquillements d'yeux et d'ouverture de bouche pour marquer soit la joie, soit la surprise. Ses prestations confirment qu'il ne mérite aucunement le titre de premier danseur.

Hervé Courtain veut se faire regretter amèrement. Vu que l'Opéra ne lui donne pas les rôles qu'il mérite, il préfère aller en tant que soliste au Ballet de Boston. Il a campé le meilleur Puck de toute la série, en plus d'une technique parfaite, il a complètement compris le personnage et s'amuse comme un fou, est drôle, et est omniprésent, que ce soit lorsqu'il regarde les amoureux ou lorsqu'il s'amuse dans le dos des artisans qui répètent, il apporte également des touches personnelles originales à son interprétation.

Bottom et les artisans

Wilfried Romoli interprétait pour la première fois le rôle de Bottom, l'artisan, comédien médiocre, avec une verve extraordinaire. Le duo de Bottom et Titania (Aurélie Dupont) lorsqu'il est transformé en âne est quelque chose de magique et toute difficulté semble disparue avec les portés extraordinaires. Dans la tragédie de Pyrame et Thisbé, Romoli surjoue en Pyrame, mais son jeu passe et cela accentue le côté comique de la situation. Il est secondé par un ensemble de danseurs tous aussi talenteux comme Emmanuel Hoff, incroyable Thisbé sur pointes, Laurent Quéval, lion loufoque et hilarant, ou encore le jeune espoir Sébastien Bertaud en moitié de mur. Mais tous sont à louer que ce soit Sébastien Thill, lune poétique et attendrissante, ou Pierre Rétif autre moitié du mur.

Yann Bridard, mal aimé et peu distribué, campait le Bottom inattendu de Delphine Moussin et d'Elisabeth Platel. Même si on connaît ses talents de comédien, il a été plus que magnifique et a campé un personnage plus attendrissant que grotesque et son duo avec Moussin quand il est transformé en âne était un moment de pur magie. Son artisan est plus nigaud que celui de Romoli, et son âne est plus touchant. Il est magnifique quand il se réveille et qu'il s'aperçoit que tout cela n'était qu'un rêve et qu'il voit qu'il n'a ni sabots, ni longues oreilles. Sa Thisbé était Aurélien Houette, véritable talent comique.

Karl Paquette était le Bottom d'Eleonora Abbagnato. Si en Démétrius, il péchait par sa danse, ici il danse trop bien pour camper le ridicule Pyrame, de plus il n'a pas compris le personnage et en fait une espèce de "débile" profond. Si Bottom est un personnage un peu stupide, il n'a rien d'un arrieré. De plus Karl n'a aucun ressort comique et les scènes avec les artisans passent difficilement, heureusement qu'Aurélien Houette est toujours une superbe Thisbé. On se rend compte à la deuxième vue que son Bottom n'est qu'une pâle copie de celui de Wilfried Romoli, sans le talent de celui-ci. Même allure, même chapeau enfoncé, même gestuelle, aucune initiative personnelle. Quand il cherche à avoir des initiatives personnelles (déhanchements, riboulades des yeux) en Pyrame, il devient grotesque, et en fait un être imbu de lui-même, et oublie que c'est Bottom qui joue ce rôle. Ses mimiques sont ridicules, il en fait trop et cela ne passe pas, bien au contraire. Il devrait prendre exemple sur Aurélien Houette, simple quadrille qui devient de plus en plus irresistible que ce soit en artisan ou en Thisbé, et sait fait rire, de même qu'Audric Bezard, plus jeune quadrille encore en lion degingandé et fringant. Une mention spéciale à Simone Valastro qui a campé une lune extraordinaire, notamment quand il pleure devant la beauté du pdd princier. Tous les trois en font des kilos, mais ne tombent pas dans la caricature. A noter que jusque dans les saluts, ils demeurent irresistibles notamment Aurélien Houette. Comment se fait-il que de simples quadrilles comprennent complètement ce qu'il faut faire pour faire rire, alors qu'un premier danseur ne le sait pas, mais peut-être n'aurait-il jamais dû être nommé premier danseur au dernier concours, et rester simple sujet.

Hermia

En raison de la blessure de Laetitia Pujol, seules Marie-Agnès Gillot et Karin Averty alternaient en Hermia.

Marie-Agnès Gillot a prouvé qu'elle était une Hermia pleine de sensibilité à la technique parfaite au jeu subtil également. Ceci étant, elle est parfois trop lyrique dans ce rôle, et semble plus chercher à émouvoir. Il est évident que le rôle d'Hermia est à l'opposé de celui d'Héléna, mais l'Hermia de Gillot a un côté un peu trop "gnangnan" que n'a absolument pas celle campée par Karin Averty En effet celle-ci est mutine et charmante, et allie à son jeu, une technique de fer, quels magnifiques équilibres !. Ceci étant cette dernière doit danser le rôle depuis la création et peut-être que l'approche de Marie-Agnès correspond plus à celle que Neumeier souhaite aujourd'hui pour le personnage, même si celle de Karin Averty semble plus gaie.

Helena

Elisabeth Maurin seule étoile à avoir repris son rôle d'Hélèna, est irresistible de drôlerie, de charme et ses pdd avec Démétrius ou avec Lysandre sont magnifiques. Quelle grande artiste, quand on voit qu'il y a une semaine, elle était la plus bouleversante des Juliette et que là nous voyons une danseuse "comique" sur scène, ses dons d'actrice sont époustouflants.

Clairemarie Osta avait la dure tâche de passer dans le rôle d'Héléna après Elisabeth Maurin. Elle a été absolument extraordinaire de drôlerie, sa technique est parfaite, superbes grands jetés, danse ample, levers de jambe, jeu tout y était. Elle est particulièrement extraordinaire dans toute sa traversée au ralenti poursuivie par Lysandre. Et dire qu'elle n'est toujours que première danseuse!

Lors de la représentation du 9 juillet, Fanny Fiat faisait ses débuts en Héléna. Son interprétation est très différente de celle d'Elisabeth Maurin ou de Clairemarie Osta. Son Helena est plus fragile que celle de ces deux dernières. Elle accentue plus le côté mal-aimée et malheureux d'Héléna que le côté comique. Sa technique est superbe et jamais la variation du 2e acte n'avait jamais été aussi bien interprétée tant les pas étaient précis et ciselés. Ceci étant dommage que Laure Muret se soit accidentée car elle aurait été elle aussi sensationnelle en Héléna.

Lysandre

Yann Saiz fait preuve d'élégance et danse avec nerf le rôle de Lysandre et est également hilarant dans son jeu. S'il est souvent contesté par les balletomanes, on peut dire que ses progrès que ce soit technique ou au niveau du jeu sont surprenants, ce n'est plus du Yann faisant du Saiz, c'est Yann Saiz interprétant un rôle que ce soit celui de Lysandre plus dans ses possibilités ou celui d'Obéron.

En Lysandre, John Neumeier a décidé de faire confiance à un de ses danseurs de prédilection en la personne de Sébastien Thill, en remplacement de Guillaume Charlot blessé. Si sa danse est parfois quelque peu limitée techniquement, son interprétation au niveau du jeu est très bonne et quel partenaire ! Dommage qu'il quitte la troupe pour un an, pour aller travailler, fort judicieusement, au Ballet de Hambourg, avec Neumeier. Sébastien Thill est un danseur poétique, et un des rares Artistes de l'Opéra de Paris.

Hervé Moreau est à la hauteur de tous les espoirs mis en lui, sa danse est magnifique, sa technique superbe, ligne parfaite, jambes longues et fines, silhouette élégante. Il sait allier la technique au partenariat et au jeu. Il a été le meilleur Lysandre de la série et a su en plus approfondir la conception comique du personnage au fur et à mesure des représentations.

Démétrius

Karl Paquette est des plus décevants en Démétrius, si sa conception du personnage n'est pas trop mauvaise, sa danse est techniquement approximative et parfois un peu molle, alors que le personnage est quelqu'un de nerveux, quand on se rappelle de Wilfried Romoli ou Nicolas Le Riche dans ce même rôle, il ne supporte pas la comparaison. Il ne se renouvelle pas dans son personnage, sa technique ne s'améliore guère et son côté imbu de lui-même semble plus vrai que nature.Ses talents de partenaire ne sont par contre pas à remettre en question, car quelle que soit son Héléna, il a toujours été parfait.

Lionel Delanoé qui alternait en Demetrius, nous a offert le véritable portrait du personnage. En effet il semble avoir le dédain naturel. Son jeu est parfait, que ce soit quand il remet en place sa moustache, dérangée par les gestes de tendresse d'Héléna, ou quand il s'oppose à Lysandre, amoureux lui-aussi d'Héléna. Il a la secheresse des mouvements côté technique, et la vis comique naturelle. Son expérience de la scène lui confère une présence rare et est naturellement un excellent partenaire.

Le Corps de ballet

Une fois encore l'Opéra peut s'enorgueillir de la qualité de son corps de ballet que ce soit qualités physiques, quels corps de rêves ont nos danseuses et bien des tops models pourraient les envier, ou les qualités techniques, tous ont été parfaits que ce soit les demoiselles de la cour où on remarque particulièrement Fanny Fiat et Muriel Zusperreguy. Mention particulière à Delphine Baey, fée à la ligne magnifique, aux grands jetés impeccables et à la présence certaine et à Nathalie Aubin.



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édité par Marie.


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