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Paris Opéra Ballet
"Roméo et Juliette"

Opéra Bastille, Paris, France
11 juillet 2001

by / par Catherine Schemm



review excerpt in english--

This evening was the debut of Christophe Duquenne as Romeo. He was unsuccessful at the last internal competition of the Opera Ballet, where Karl Paquette was clearly the favourite. In the role of Romeo, Duquenne's gifts became clear. Many people in the audience were left wondering, who is this étoile? Indeed, this night a star was born on the Bastille stage and his name is Christophe Duquenne. . .

Please join a discussion of this performance in our forum.


la critique en français--

Ce soir avait lieu les débuts en Romeo du sujet Christophe Duquenne, malheureux au dernier concours de promotion, où on lui a préféré le fade Karl Paquette, il a montré dans le rôle des rôles, Roméo, quels étaient vraiment ses dons. Ce n'était pas un sujet qui dansait, et bien des personnes du public demandait quelle était cette étoile. Car en effet, une étoile est née ce soir sur la scène de Bastille et elle a pour nom Christophe Duquenne.

Il a la jeunesse et la fougue du rôle et le style est impeccable que ce soit de la variation d'entrée où tous les pas sont ciselés à la scène du tombeau, que ce soit dans les solos, ses pas de trois avec Mercutio et Benvolio ou naturellement les pdd avec Juliette. Sa danse est rapide et légère. Si son style évoque la perfection de Manuel Legris, il en a en plus une ligne et des proportions idéales. Il ajoute sa note personnelle au niveau du jeu, étant tour à tour gamin tout fou avec Rosaline, devenant progressivement de plus en plus épris de sa Juliette. Ses sourires juvéniles sont craquants tout autant que son désespoir sur la route de Mantoue ou la scène de sa mort sont bouleversants, les larmes qu'il verse lorsqu'il découvre Juliette morte notamment. Au desarroi exprimé dans son regard à la mort de Mercutio fait echo celui qu'il montre d'abord quand il tue Tybalt et surtout quand il est expatrié et doit quitter celle qu'il aime.

A la précision de la technique (arabesques parfaites, pirouettes ralenties, épaulements notamment lors de la scène du balcon où tous les pas y étaient...), il ajoute une musicalité impeccable. En dépit d'une toute petite erreur sur une réception, lors de la variation de la lettre, au 2e acte, il a dansé comme bien peu d'étoiles le font ou l'ont fait, et comme a dit un sujet, bien peu de danseurs de l'Opéra seraient capables de le faire, seuls Benjamin Pech et Yann Bridard trouvant grâce à ses yeux. Christophe Duquenne est en plus un partenaire exceptionnel pour Elisabeth Maurin qui trouve un autre feu dans son interprétation notamment quand elle jette l'anathème sur tous les Montaigus et Capulets, après la mort de Tybalt. Espérons que Christophe n'attendra plus sa place de premier danseur qu'il méritait tant, et qu'il l'obtiendra enfin lors du prochain concours, réparant ainsi l'injustice dont il a été victime.

Elisabeth Maurin a été attentive avec son jeune partenaire mais a été également dynamisée et son interprétation différait de celle qu'elle avait avec Legris.

A ses côtés Jérémie Bélingard faisait ses débuts en Mercutio. Il a été impeccable, techniquement parfait, avec lui aussi un jeu bien personnel et sobre, notamment dans la scène où il se bat avec Tybalt, quand il fait semblant d'être mort, il reste un long moment inanimé avant de montrer que ce n'était qu'une plaisanterie. De plus il renouvellait le personnage surtout par rapport à Delanoé, vieux routinier du rôle et qui n'apporte plus rien à ce personnage.

Après son magnifique Puck, il a prouvé qu'il méritait, lui, sa place de premier danseur. Premier danseur de caractère certes, mais premier danseur.

Alexis Renaud a été un Benvolio de valeur, même si la scène avec Romeo sur la route de Mantoue n'était pas très au point, il était techniquement bon et avec une présence certaine.

Kader Belarbi a campé un Tybalt plus juvénile devant la fougue et l'entrain de son Roméo. Son combat a été de toute merveille.

Laurence Laffon était une charmante Rosaline, à la technique parfaite, mais curieusement on ne la voit pas plus que Ciaravola.

A noter également encore une fois l'élégance et le style de Stéphane Phavorin impeccable Paris, espérons que nous arriverons à le voir en Tybalt.

Si vous voulez découvrir le talent immense de Christophe Duquenne en Romeo, il ne vous reste que la matinée gratuite du 14 juillet, sinon sans la grève vous pourrez le revoir une dernière fois en Benvolio le 13 juillet.

Lors de la matinée gratuite du 14 juilllet, le public a réservé un triomphe à cette distribution, lui réservant même une standing ovation.

Il est à noter que le public ne se trompe pas et sait voir que c'est de danseur comme Christophe Duquenne, dont l'Opéra a besoin - danseur intelligent, à la technique solide, stylé et élégant, sachant danser le répertoire classique ou néoclassique avec les mêmes qualités et précisions et interpréter véritablement ses personnages.

Il est à gager que la Direction qui a fait le bon choix en le programmant (et personne d'autre!) dans le rôle-phare de Roméo, saura tenir compte du succès rencontré par cette prise de rôle merveilleusement réussie (et digne des plus grands titulaires du rôle), et que celle-ci sera le début d'une longue série, pourquoi d'ailleurs ne pas lui donner Frollo (Notre-Dame de Paris) maintenant?

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édité par Marie.


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