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Compagnie Post-Retroguardia - Paco Dècina

"Lettre au Silence" et "Neti-Neti (ni ceci, ni cela)"

Théâtre de la Ville, Paris
22 mai 2001

par Pascale Orellana


Le spectacle a eu lieu le 22 mai 2001. Il se compose de deux parties. Lettre au silence est un solo chorégraphié et interprété par Paco Decina. D'emblée, le spectateur est invité dans l'univers imaginatif et délicat du chorégraphe italien installé à Paris. L'atmosphère est apaisante. Le mouvement émerge dans une forme de neutralité, stade préliminaire à l'expressivité. Paco Decina chorégraphie l'essentiel, intuitivement, le minimal. La pièce irradie de précision, de rigueur et de netteté. La première partie du solo est une danse ancrée dans le sol où la puissance du geste provient de la plus profonde intériorité, donnant naissance à une poétique du mouvement sans cesse reconduite, transportant le spectateur de ses nuances. L'interprète est le plus souvent en position debout, ses mouvements sont concentriques, centrés sur le haut du corps, sans ouverture du buste et des épaules. Il n'y a jamais de relâchement. Dans la 2e partie, il travaille davantage dans l'oblique. Là, des déséquilibres s'installent, allègent les postures, suspendent les temps. Une idée de gravité et d'enracinement des appuis dans le sol se dégage fortement de l'ensemble. Pour cette pièce, le chorégraphe s'est inspiré des représentations des oeuvres du sculpteur Raffaële Biolchini, mort en 1994. L'image a toujours fait partie des procédés que l'artiste a utilisés afin d'aboutir à la partie la plus essentielle, voire archaïque du geste dansé qui saisit la vibration à l'aube du geste. Le poids du corps, enraciné, est un des liens à la sculpture, elle fait penser au socle. Très présente également est l'idée de faire émerger le mouvement à partir de l'instance minérale qu'est la pierre. Une impression indescriptible.

Neti-Neti est un duo où une atmosphère ouatée englobe entièrement le spectateur grâce à une gestuelle recherchée et raffinée, à la musique originale et au dispositif lumineux discret mais efficace. Cette ambiance qui unit le public à un univers quasi-onirique se trouve être essentielle pour le ramener en le coeur de la matière organique et gestuelle. Le spectateur est pris dans une instance qui le saisit, une communion. Les effets musicaux sont très porteurs.

Le flux, cette instance énergétique qui anime le mouvemnet et dont on ne connaît pas le genre, s'inscrit comme une citationv itale pour la danse à venir. On est ici dans une forme minimale du geste qui prend toute la force de ses interprètes mais qui redonne toute sa puissance au spectateur. Immobilités, contacts, détachemnts, frôlements, lenteur offrent des sensations amplifiées par des jeux visuels de bandes lumineuses parallèles dans les noirs-gris qui font naître des vibrations visuelles.

De plus, les quasi-immobilités des interprètes créent des écarts perceptifs où la danse ne surpasse pas le geste, où le spectateur appartient à cette union. Le duo exploite beaucoup la synchronisation comme dans une vague, un roulis de gestes qui ne s'arrête jamais. Le mouvement est toujours prix dans le même flux, sans ruptures. Lorsqu'ils s'arrêtent, ce n'est qu'une suspension qui déjà redémarre ailleurs. Le geste se déploie ici et là, puis va se retourner et se dégager sur un autre front.

Ensemble, Valéria Apicella et Paolo Rudelli illuminent. Séparés, ils se confondent avec l'espace et possèdent cette présence qui les rend intemporels. Ils dissolvent l'unité mais ne fracturent pas le tout. Il semble ainsi que l'on remonte le cours du mouvement dansé, à la recherche d'une essence.

 

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édité par Marie.

 


 

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