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Europa Danse
Paris Quartier d'été

Trente danseurs dirigés par Ricardo Nunez
Les chorégraphies de Custine, Mats Ek, Van Manen, Duato, Kylian, Montalvo-Hervieu et Mac Kneely

Cour d’Orléans du Palais Royal, Paris, France
13 août 2001

par Catherine Schemm


Dans le cadre du Festival Paris Quartier d'été, la danse était représentée par trois compagnies, une de Hip Hop, une de danse indienne et ce soir Europa Danse. Dans le cadre du Palais royal, on ne pouvait rêver cadre plus agréable pour ces soirées, avec le bruit des fontaines, le ciel étoilé, les colonnades imposantes du Palais. La foule était nombreuse pour admirer ces jeunes danseurs qui évoluaient pour la première fois à Paris

Cette "compagnie" fondée il y a maintenant trois ans se composent de trente jeunes danseurs qui sont renouvellés chaque année. Après un mois et demi de master classes à Grasse sous la direction de Riccardo Nunez et avec cette année Ekaterina Maximova, Vladimir Vassiliev et Monique Loudières, ils présentent le résultat de leur travail. Ces jeunes âgés de 17 à 21 ans sont très rigoureusement sélectionnés.

Le programme se veut assez hétérogène dans le choix des chorégraphies et montrer l'étendue des talents de ces jeunes danseurs du classique au moderne, même s'il favorise plutôt le néo-classique ou le contemporain.

La soirée débute par Suite de danses, oeuvre chorégraphiée par Ivan Clustine et remontée avec soin par Lucien Duthoit. L'oeuvre, sur des oeuvres pour piano de Chopin,a un charme suranné mais pourquoi diantre supprimer les longs tulles romantiques au profit de petites robes blanches qui ne seyaient pas vraiment aux danseuses. Magdalena Lonska, jeune fille blonde, était lyrique à souhait dans la Valse, Francisco Bosch était un élégant partenaire aux sauts amples dans l'ensemble final. Par ailleurs, on pouvait admirer la technique sûre de Denis Untila dans la Mazurka ainsi que la précision de réception de ses tours en l'air. Ceci étant les jeunes danseurs ne semblaient pas trop à leur aise dans cette oeuvre très "Opéra de Paris", malgré des ensembles parfaits.

Pas de danse de Mats Ek, est un ballet composé de deux solos, un pas de deux et enfin un pas de quatre. Il évoque les danses paysannes et n'est pas sans rappeler la Giselle de ce même chorégraphe. Alexander Ekman, petit danseur brun qui semblait fort à l'aise dans le solo se révèle plein d'avenir par son dynamisme, sa technique et sa présence. Il était l'une des vedettes de la soirée, vu qu'il apparaissait également dans Concertante, Jordi Tancat, la Mitrailleuse en l'état de grace II et naturellement New York, New York. A ses côtés Kristina Orn, Luis Ribagorda et Terhi Rasanen se montraient également plein d'entrain. Ce ballet fut le grand succès public de la soirée.

La première partie s'achevait par Concertante, de Hans Van Manen. Sur la musique lancinante de Franck Martin, cette oeuvre chorégraphiée pour quatre couples nous permettait de revoir Magdalena Lonska dans un registre plus contemporain. La révélation de ce ballet était Louisa Rachedi, une jeune fille brune très expressive que ce soit dans ce ballet dans Jordi Tancat de Nacho Duato ou dans le solo He Wu de Montalvo où elle se montrait pleine d'esprit et avait totalement compris l'esprit du chorégraphe. Concertante est construit assez bizarrement avec une succession de danseurs qui traversent l'un après l'autre la scène puis se regroupent par trios de danseurs, ou de danseuses, le tout centré sur deux pas de deux. Ce ballet permettait de mettre en valeur surtout les danseurs dont on pouvait admirer la maitrise technique et le partenariat notamment dans un premier long pas de deux entre Luisa Rachedi et Alexander Ekman puis entre Magdalena Lonska et Luis Ribagorda.

La deuxième partie s'ouvrait sur Jardi Tancat de Nacho Duato. Cette oeuvre pour trois couples et sur une musique typiquement espagnole, de Maria del mar Bonet originale et forte fait regretter qu'aucune oeuvre de ce chorégraphe ne soit encore au répertoire de l'Opéra de Paris. Dans un décor de fins troncs d'arbres sciés, les danseurs se regroupent en trio, duo, pour finir par des solos où chaque interprète se montre convaincant et convaincu. Les ports de bras sont impeccables et la jeunesse et la vitalité des interprètes rend parfaitement l'esprit de cette oeuvre.

Un montage nous permettait de voir trois pas de deux magnifiques, aux portés audacieux, extraits d'oeuvres de Kylian, Deux pas de deux extraits de Songs of Wayfarer (version "kylianesque" des Chants du compagnon errant moins connue que celle de Maurice Béjart) sur la célèbre musique de Mahler et le pas de deux de Return to a strange Land sur la musique de Janacek. Ces oeuvres étaient intensément interprétées par trois couples qui semblaient avoir tout compris de la poésie, et du lyrisme de ces pièces. On pouvait remarquer encore Magdalena Lonska et l'impeccable Alexis Guttierez, dans Return to a strange Land et Kristina Orn que l'on avait déjà applaudie dans Pas de danse de Mats Ek aux côtés de Bendik Mildesveit dans le premier extrait de Song of a Wayfarer. Ces oeuvres soigneusement remontées étaient intenses et ont constitué avec Jordi Tancat, certainement les points forts de la soirée au point de vue chorégraphique et interprétation.

Venaient ensuite deux solos de Montalvo, La mitrailleuse en état de grace II et Hé wu interprété de nouveau par Alexander Ekman et Luisa Rachedi. Deux solos dans l'esprit de Montalvo, se laissant voir mais qui ne dénote aucune originalité dans leur chorégraphie. Ceci étant il permet notamment dans He Wu, de montrer la parfaite maitrise de son corps dans les mouvements saccadés, humoristiques et complètement désarticulés de la danseuse qui évoquent irresistiblement le monde de la vidéo, si cher au chorégraphe.

La soirée s'achevait sur une note de bonne humeur avec New York, New York, chorégraphie sans grande originalité qui se veut à la fois un clin d'oeil de Joey Mac Kneely à l'univers de la Comédie musicale et notamment On the town et permet de voir l'ensemble de la troupe. La musique de Bernstein entrainante semblait galvaniser les danseurs qui s'amusent dans cette parodie jazzy très année cinquante où on remarquait le couple formé par Aurélie Dol et Denis Untila.

Ces danseurs montrent les plus belles qualités dans des oeuvres néo-classiques et contemporaines aussi diverses que variées, malheureusement la seule pièce réellement classique de la soirée ne permet pas de les juger complètement notamment les filles dans la technique des pointes, quasiment absente de tous les ballets. Les garçons ont semblé particulièrement bons que ce soit Alexander Ekman, ou Luis Ribagorda. Si la troupe ne révèle pas de nouveau Baryshnikov ou de nouvelle Dupont, elle se révèle homogène malgré quelques personnalités plus mises en valeur par la programmation. Ces danseurs montrent une rigueur exemplaire dans leur travail et dans leur style et un enthousiasme débordant. On ne peut que leur souhaiter une longue carrière au sein des compagnies qui les engageront.

 

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édité par Marie.

 


 

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