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Ballet du Théâtre National de Prague
Soirée Kylián

Return to a Strange Land
Chorégraphie : Jirí Kylián
Musique : Leoš Janácek

L'enfant et les sortilèges
Chorégraphie : Jirí Kylián
Musique : Maurice Ravel

Sinfonietta
Chorégraphie : Jirí Kylián
Musique : Leoš Janácek

Théâtre du Chatelet, Paris
9 octobre 2001

par Caroline Chouard


LE TRIOMPHE DE Kylián, représentation du 9 octobre 2001

Hier a eu lieu la première du programme Kylián par le ballet de Prague en présence de Madame Chirac et de nombreuses personnalités de la danse. Pour beaucoup de spectateurs la compagnie était inconnue et certains ont pu être désorientés par le physique des danseuses et le niveau technique assez inférieur à ce que l'on a l'habitude de voir, et de fait, l'accueil a été assez froid. Je m'y attendais un peu vu que la troupe m'avait beaucoup déçue dans le kitchissime Casse-Noisette de Grigorovitch. L'intérêt de la soirée résidait surtout dans les chorégraphies de Kylián.


L'Enfant et les sortilèges

Kylián a été courageux de mettre en danse le poème de Colette, mais la complexité de l'histoire, l'utilisation de la partition chantée de Ravel sont des obstacles à mon avis insurmontable pour un ballet et si celui de Kylián possède quelques bonnes idées on ne peut s'empêcher de s'ennuyer tout du long. Il y a en fait très peu de danse, surtout de la scénographie ce qui rend d'autant plus étrange le silence des danseurs qui jouent exactement en fonction des paroles chantées ; je crois que l'on touche là à la fameuse controverse de savoir si on peut danser sur du chant lyrique. La chorégraphie suit l'ordre exact du livret et nous avons donc en scène tous les personnages bien connus. Le pas de deux des chats ne peut que faire penser à celui de La Belle au bois dormant, au gré du ballet on rencontrera la tasse blanche avec son ombrelle, le maître d'école et le tableau crevé par des mains, l'écureuil ou les rainettes. On remarque notamment Keiko Sakamoto en feu.

Globalement, le ballet a vieilli mais comment peut-il en être autrement avec ce livret qui à mon avis ne supporte que la version chantée ? Il aurait fallu une relecture totale pour intéresser. Andrea Kramešová a le physique idéal pour l'enfant, artistiquement crédible (touchante dans sa peur ou drôle dans son obstination) mais le rôle n'est quasiment pas dansé.

Heureusement, les deux oeuvres suivantes sont d'une exceptionnelle qualité :


Return to a Strange land

Ce ballet est tout simplement magnifique. Dans une atmosphère nocturne à la Robbins sur de mélancoliques pièces pour piano de Janácek, évoluent deux danseuses sur pointes et quatre danseurs en duos et trios. On est abasourdi par la beauté et l'inventivité des enchaînements d'une force plastique et émotionnelle indescriptible et c'est là qu'on reconnaît LE génie : j'ai ressenti une impression similaire à celles de mes découvertes de chef-d'œuvres "balanchiniens" ou "robbinsiens." Le temps s'arrête mais on a l'impression que le ballet n'a duré que quelques secondes tellement il nous prend. La qualité décevante des danseurs n'enlève heureusement rien au chef d'œuvre ; c'est surtout les filles qui sont gênantes, les hommes sont massifs mais bons porteurs et sauteurs. Tereza Podarilová (danseuse brune) assez charpentée manque de légèreté tandis que Marie Hybešová (danseuse bleue) un peu plus menue est plus agréable à regarder (plus de souplesse et d'élévation) mais a un problème de placement du dos.


Sinfonietta

Je découvrais ce petit bijou de légèreté et de fraîcheur moins profond que le précédent ballet mais tout aussi intéressant par le rythme soutenu des entrées et des sorties au gré de la très belle symphonie de Janacek, par les enchaînement astucieux, le climat national perceptible etc. La pose finale très connue avec les danseurs, levant progressivement les bras en V, quoique simple est d'une grande force. Le ballet du Théâtre National de Prague est plus mis à son avantage : il faut reconnaître la solidité des danseurs, assez puissants, parfaitement ensemble sur le premier mouvement qui sert un peu de refrain puisqu'on le revoit sur la fin. On est moins gêné par le physique des filles à cause des robes, elles sont assez enthousiastes et modestes, et j'ai remarqué une petite brune à la robe bleue foncée au physique plus habituel, très inspirée, je pense que c'est Tereza Podarilová. Le public a été légèrement plus chaleureux pour ce ballet mais ne s'est pas beaucoup attardé.

Globalement, la soirée a été exactement telle que je me l'imaginais : un Enfant difficilement transposable en ballet où on voyait plus des acteurs que des danseurs, et deux chef-d'œuvres un peu gâchés par la troupe que l'on rêverai de voir donnés par une compagnie plus solide (return serait un immense bonheur par nos danseurs de l'Opéra ...).

 

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édité par Marie.


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