Voici mes modestes impressions du concours. Comme chaque année, le classement rend perplexe, mais après tout, c’est ce qui fait tout le charme de ce concours

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Les dames nous ont offert de très jolies prestations à chaque niveau. La classe des sujets femmes fut excellente, et il était bien difficile de les départager sur la seule variation imposée (Nikiya, acte II). Ma préférence revient toutefois à Mathilde Froustey qui avait choisi cette variation il y a 2 ans en variation libre, et la différence d’interprétation à deux ans d’intervalle est stupéfiante. Hier en effet, la danseuse semblait être sortie de sa réserve habituelle pour interpréter une Nikiya bouleversante. Son Cygne blanc montre lui aussi l’évolution stupéfiante de la danseuse, qui fait preuve à présent d’une grande maturité et d’une sensibilité à fleur de peau, servies pas une technique toujours aussi superlative. J’ai également beaucoup apprécié les prestations de Fanny Fiat et de Sarah Kora Dayanova, qui fut une Nikiya hyperexpressive. Alice Renavand a été splendide dans sa variation d’Esmeralda, montrant une danse très vive tout en restant légère et subtile. Laura Hecquet a fait une belle variation de l’
Ombre des Mirages. En ce qui concerne les 2 danseuses promues : Eve Grinsztajn a semble-t-il surpris tout le monde, et le jury en premier lieu, par l’excellence de ses 2 prestations. Muriel Zusperreguy a montré de grandes qualités dans Carmen (variation de la chambre). Même si je n’aurai pas choisi ces danseuses, leur promotion n’est pas contestable, tant le niveau de toutes était excellent. Seule Aurélia Bellet fut moins satisfaisante, et elle est classée troisième, comme quoi, quand les jurés ont une idée en tête

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Chez les quadrilles, la variation imposée (La Fille mal gardée) a été là encore l’occasion de belles prestations. Le jury a réparé le scandale de l’an dernier en promouvant cette année Eléonore Guérineau, mais lui accorder seulement la deuxième place paraît terriblement mesquin en regard des exceptionnelles qualités de cette danseuse. J’ai par ailleurs beaucoup aimé Julianne Mathis qui a fait deux très bonnes prestations, tout comme Sofia Parcen qui fut une
Flûte raffinée. Chez les plus jeunes, Valentine Colasante montre une belle humanité dans sa variation de Lise, Amandine Albisson se distingue par une présence hors normes, Aubane Philbert par son charme et sa maîtrise spectaculaire. Dans son cas, la direction pense sans doute qu’elle « a le temps » pour monter…
Chez les coryphées, ma préférence va à Laurène Lévy, toujours aussi royale dans sa danse, mais j’ai également apprécié les prestations d’Alexandra Cardinale, de Charline Giezendanner et de Charlotte Ranson. Mais là encore, le niveau était élevé et les promotions ne sont pas contestables.
Pour l’anecdote, le concours des coryphées femmes fut perturbé par le déclenchement de l’alarme incendie au beau milieu de la variation libre de Karine Villagrassa, qui ne savait plus trop si elle devait continuer de danser ou pas… Elle a finalement arrêté sous les applaudissements du public et du jury, avant que tout le monde n’évacue la salle. On a aussi eu à déplorer un pianiste exécrable, mais au moins, l’équité fut respectée : chaque danseuse a eu droit à sa fausse note, certaines mieux servies que d’autres, il est vrai

. Enfin, il semble que des personnes se promenaient dans les cintres, car la lumière a vacillé à plusieurs reprises, et parfois, des particules tombaient du ciel.
Chez les garçons, j’ai particulièrement apprécié les prestations des 2 nouveaux premiers danseurs, Matthias Heymann et Stéphane Bullion, mais aussi d’Audric Bezard, dont l’absence dans le classement me paraît encore une fois étrange, mais bon…
Chez les coryphées, j’ai beaucoup aimé Vincent Chaillet et Gregory Gaillard. Chez les quadrilles, Allister Madin se distingue par sa générosité et par l’élégance de sa danse, et Matthieu Botto montre une grande prestance.