Il y a quand même certains propos qui me gênent : L'un d'entre vous parle de MUSEE... L'autre de RELECTURES, etc...
Les classiques doivent rester les classiques.
GISELLE doit rester la Giselle de Coralli-Perrot et ce quel qu'en soit l'emballage (décors et costumes). La Sylphide, Le Lac, La Belle, Coppélia, etc... Tous ces ballets qui FONT L'HISTOIRE DE LA DANSE ET FONT PARTIE DU PATRIMOINE. C'est l'héritage indispensable et que le ballet de l'ONP a mission de présenter au public.
Rien n'empêche de les "relire" mais dans ce cas, tout comme la Giselle de Mats Ek, ne pas abandonner la version originale pour autant.
Certains de ces grands ballets du répertoire sont pourtant présenté dans des "adaptations" plus que des relectures radicales. Le travail de Patrice Bart sur les classiques comme Coppélia (ONP) Le Lac et Casse Noisette (Berlin) en sont de bons exemples (même si ils sont contestables). Sans remettre en question l'héritage (Petipa par exemple) il revisite le livret. Les grands ballets de Petipa son plutôt propice à ces adaptation du fait que les chorégraphies "originales" n'existent plus dans leur intégralité et qu'il faut bien "combler les vides". Prenons pour exemple le Ballet Royal du Danemark : est-ce pousiéreux ? est-ce un musée ? Quand ils dansent du Bournonville ça reste VIVANT et qui plus est avec un style incomparable.
Que dire alors du NYCB lorsqu'il présente les oeuvres de Balanchine ou de Robbins qui sont devenus des classiques ? Rien de poussiéreux... Là aussi il s'agit d'héritage INTEMPOREL.
Quant à l'héritage Nureev nous avons la chance au BOP d'avoir ses versions des grands classiques et, ce qui ne gâche rien, dans un "emballage" très esthétique. Peut-être cette esthétique vieillira-t-elle et pour ce faire faisons confince aux créateurs pour re-looker la production comme pour la Belle et Don Quichotte pour lesquels le BOP a abandonné les productions Giorgiadis pour le tandem Frigiero-Squarciapino ou leurs assistants. Doit-on s'en plaindre ?
Et le BNM qui, du temps de Roland Petit, possédait de splendides productions de Coppélia ou de Casse Noisette... Hélas Roland Petit a quitté Marseille en interdisant à ses successeurs la reprise de ses oeuvres... Gâchis...
Reste les RELECTURES comme la Giselle de Mats Ek qui n'a nullement la prétention d'égaler la version Coralli-Perrot. Sa Giselle est tout aussi éloignée de l'original que le Lac revu par Neumeyer. Et il n'y a ps de confusion là dessus.
Quant à l'entrée d'oeuvres contemporaines au répertoire elles ont tout à fait leur place, la danse étant un art vivant. Maintenant reste à savoir ce qui deviendra "classique".
En 1910 "L'après-midi d'un faune" faisait un scandale... Qu'en est-il maintenant quand le BOP présente sa version "reconstituée" de l'original ?
Certaines créations récentes, sans faire autant de scandale, auront quand même bien du mal à rester dans les annales.
Quoi qu'il en soit le débat reste ouvert. Même si les prises de position de Mme Lefèvre ont tendance à m'irriter, quoique certaines fois elles me font beaucoup rire (malgré elle...)
<small>[ 27 September 2004, 08:12 AM: Message edited by: Tarlatane ]</small>