KANTER wrote:
L'auteur de ces lignes n'a pu assister qu'aux démonstrations d'hier après-midi.
Il y a UNE SEULE CHOSE que je voudrais dire.
Nous avons un problème musical.
Pour des raisons que je peine à comprendre, nous nous sommes tous mis dans la tête que la danse classique est un art "polyvalent", qui peut être polyvalemment accompagné de N'IMPORTE QUELLE musique - piano bar, jazz, musique de film, Bach Jacques Louvelisé....
NON. NON. Et NON.
La danse classique telle que nous la connaissons dans le monde occidental, devient un art MAJEUR au début du XIXème siècle. En raison de l'oeuvre, en particulier, de Beethoven, puis de Schubert, Mendelssohn, Schumann. C'est en raison de l'inspiration que leur donnait cette pensée musicale, qu'il y a exactement deux cents ans, les professeurs français ont réussi par leur recherche, leur expérimentation, à inventer la danse de grande élévation (grand allegro) qui vient s'ajouter à l'ancienne danse terre à terre (petit allegro) et la danse dite "noble" ou "temps lié" (adagio), sans jamais détruire ces deux dernières.
Si nous nous séparons de cette forme de pensée musicale, ce que nous faisons n'a plus aucun sens. Cela devient de la gesticulation vide.
L'émotion, est dans le CORPS, pas dans les jambes. J'entends les gens dire "t'inquiète pas, les jolis bras, ils vont l'acquérir après, une fois dans le corps de ballet", ou bien "il a le temps maintenant de travailler le haut du corps".
Les "jolis bras" n'existent pas. Les bras sont attachés au dos. Ils ne sont pas pour faire "décoratif" comme une applique murale, car les bras ne sont qu'une émanation du DOS. Le dos, c'est à dire le torse, là où réside la commande du geste et de l'expressivité dansante. Là où est généré épaulement.
L'émotion de la danse classique est une émotion musicale, une réponse aux idées que nous viennent de la musique. Lorsque l'on présente de la musique vide d'idées, sans contenu intellectuel et émotionnel, le cerveau du danseur tourne à vide. Cela devient un formalisme stérile.
Cette émotion doit être présente dans tout, dans tous les cours, l'engagement du torse doit être présent dès le début. IT IS NOT A TACKED-ON FEATURE, que l'on acquiert "une fois adulte". Pourquoi cantonner cette émotion aux cours de danse de caractère? (Et d'ailleurs, il faudrait qu'il y ait de la danse de caractère tout au long de la scolarité, pour des raisons plus qu'évidentes).
Et c'est le musicien qui donne litéralement le "la" au danseur. Il a un pouvoir incroyable sur la danse, et très honnêtement et sans vouloir être discourtois, je ne suis pas sûr que ce pouvoir soit actuellement utilisé entièrement à bon escient. Car il ne suffit pas d'avoir le bon nombre de temps par mesure pour tel ou tel exercice. La musique ne doit JAMAIS être déployé dans un cours de manière utilitaire, pragmatique.
Ne cherchez pas plus loin pour comprendre où l'épaulement est parti.
Epaulement est parti à la Salle Pleyel entendre un concert. Il reviendra seulement lorsque l'on lui donnera quelque chose d'intéressant à écouter dans la salle de danse.
http://www.youtube.com/watch?v=q-u99Onk ... re=related