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 Post subject: Mort à Venise - Ballet de Hambourg, Arte, 23 avril 2005
PostPosted: Sat Apr 23, 2005 5:15 pm 
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Joined: Wed Apr 11, 2001 11:01 pm
Posts: 9645
Location: Paris, France
Créé le 7 décembre 2003, Mort à Venise de John Neumeier fut enregistré à Baden Baden en 2004.
Le ballet est construit sur des musiques de Bach et de Wagner, dont deux des grands "tubes" de ce dernier à savoir le "Mild und Leise" ou Mort d'Isolde dans sa version pour piano et la grande Bacchanale de Tannhauser.

L'histoire a été librement inspirée de l'oeuvre de Thomas Mann et semble parfois bien compliquée. Von Aschenbach, Lloyd Riggins, devient un chorégraphe en vogue qui crèe un ballet sur Frédéric le Grand, interprété par Ivan Urban que l'on avait pu admiré à Paris dans le rôle de Diaghilev (Nijinski). Dans la première partie située dans un studio de danse, Neumeier utilise des musiques de Bach et une chorégraphie très néoclassique, certains passages semblent même des clins d'oeil à Balanchine et à son Concerto Barocco .

La deuxième partie se situe à Venise, Bach cède parfois la place à Wagner pour les morceaux les plus intenses émotionnellement. Von Aschenbach rencontre le jeune Tadzio dont il tombe éperdument amoureux, mais celui-ci semble se jouer des sentiments du vieux chorégraphe qui cherche à se rajeunir pour lui plaire puis meurt à ses pieds. Neumeier a introduit deux personnages aux identités multiples et interprétés par les frères Bubenicek pour servir de transition aux différents tableaux, tour à tour Wanderer, Coiffeur, Guitariste...

Si le style chorégraphique de Neumeier ne se renouvelle pas vraiment, on retrouve quelques passages évoquant notamment Sylvia, la puissance de l'interprétation fait de ce ballet une oeuvre magnifique. On retrouve le génie du chorégraphe dans les nombreux pas de deux et pas de trois qui émaillent le ballet, ainsi que dans les scènes de foule, notamment la danse des garçons sur la plage, la bacchanale, ou encore la fête accompagnée par une musique de Bach "modernisée" à la Loussier. Les deux duos entre Tazio et Von Aschenbach sont particulièrement intenses sans jamais tomber dans la vulgarité !

En premier lieu, il faut saluer le talent d'interprête hors pair de Lloyd Riggins qui campe un chorégraphe fier de lui, qui doute avant de devenir un amoureux pathétique et bouleversant, même à l'écran sa puissance émotionnelle transperce (Il avait été un extraordinaire Petrouchka dans Nijinsky lors de la tournée parisienne du Ballet de Hambourg). Edvin Revazov campe le personnage de Tadzio, ce grand jeune danseur ressemble beaucoup à l'acteur choisi par Visconti pour son film, jeune, fougueux, pervers, équivoque à souhait, il donne une réplique parfaite au vieil Aschenbach.

Que dire aussi des prestations des frères Bubenicek, extraordinaires d'intensité dans le pas de trois du Wanderer, ou dans ce duo de "folles" à Venise, ou encore dans ce pas de deux déjanté en guitaristes.
On notera aussi la présence d'Alexandre Riabko et de Silvia Azzoni qui sont les "concepts" du ballet créé par Aschenbach, le personnage troublant de Laura Cazzaniga tour à tout mère de Tadzio, d'Aschenbach ou son assistante. Toute la troupe de Hambourg est magnifique, notamment les danseurs qui sont tous meilleurs les uns que les autres. Les danseuses servent malheureusement plus de faire valoir et sont peu utilisées dans ce ballet.

Bref un grand coup de coeur pour Lloyd Riggins, émouvant, passionné, par contre un tout petit coup de griffe à la captation qui privilégie parfois trop les gros plans et ne montre pas tout ce qui se passe sur la scène.



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Lloyd Riggins et Edvin Revazov @www.hamburgballett.de


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PostPosted: Sun Apr 24, 2005 1:49 am 
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Joined: Thu Dec 04, 2003 12:01 am
Posts: 526
Location: Paris
Cathy, vous avez quasiment tout dit...
Cependant je n'irai pas jusqu'à dire que le langage chorégraphique de Neumeier "ne se renouvelle pas" : justement ce langage est le sien et c'est par la maitrise de ce langage propre qu'il fait passer tant d'émotions.
Le parallèle avec Sylvia est évident : même économie de moyens (décors simples et évocateurs, costumes minimum) et, comme je l'avais souligné à propos de Sylvia, une gestuelle volontairement peu desriptive (pantomime). Le propos n'est pas de raconter une histoire au premier degré mais de décrire les sentiments.
En ce sens les interventions des frères Bubeniek sont splendides. Ils sont le fond de l'âme d'Aschenbach. Ils sont le désir qu'Aschenbach refoule, l'homosexualité (les deux folles),le doute, la luxure et la mort. Je me suis souvenu de ce qu'écrivaient Bruckner et Finkielkraut dans "au coin de la rue l'aventure" : Venise est la vile obscène par excellence, derrière la somptuosité des façades il y a la lèpre d'une ville qui pourrit lentement. Chez Neumeier c'est la dualité de l'homme : derrière une façade respectable et tout son attirail de conventions il y a un chaos.
Un moment sublime : lorsque Tadzio bouscule Aschenbach sur la plage. La scène est d'abord racontée au premier degré puis, comme dans un come-back cinématographique, elle est relue au niveau des sentiments et le résultat est un magnifique pas de deux.
Les interprètes sont tous excellents : LLoyd Higgins est totalement habité par son personnage. Les frères Bubenieck, au delà du trouble que la gemellité peut éveiller, sont magnifiquement aidés par la chorégraphie qui leur fournit plusieurs scènes pour exprimer toute l'étendue de leur talent. Tadzio, par son jeu plein de "fausse innocence" (on dirait un titre de Marivaux) est troublant à souhaît. Le corps de ballet aussi mérite une mention car Neumeier leur fournit de temps à autre de quoi briller.
En résumé, un ballet magnifique.


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PostPosted: Sun Apr 24, 2005 9:23 am 
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Joined: Sun Dec 29, 2002 12:01 am
Posts: 191
Location: Florence
malheuresement je n'ai pas ARTE :cry: mais Je vois le ballet live. Riggins est si intense qui a un certain moment du second act- a la fin, je pense- quand ils est assis avec le regard loin, comme si pleuret de nostalgie pour sa vie qui s'en va ( parce que je pense que cet est aussi le theme du ballet pour JN), je m'en trouvai aussi avec deux grosses larmes dans l'oeil.

In Italie, l'an dernier le public fuit conquete par le talent de Riggins, dans Bernstein Dances et aussi comme Petrouchka ( et Diaghilev) dans Nijinsky et la revue italienne Danza & Danza l'a recompense avec le prix comme meilleur 'interpret' de la saison

Cathy help, ma fracaise est terrible!!!


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PostPosted: Sun Apr 24, 2005 10:47 am 
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Joined: Wed Apr 11, 2001 11:01 pm
Posts: 9645
Location: Paris, France
Mais non votre français n'est pas si terrible :wink: . J'ai vraiment adoré Lloyd Riggins dans le rôle principal, il est particulièrement extraordinaire au deuxième acte ! Je l'avais adoré aussi comme l'ensemble du public français dans son rôle de Petrouchka de Nijinsky !


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