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Giselle - Représentation du 30 octobre 2001<P><B>Une Giselle d'exception</B><P>Distribution :<BR>Céline Talon (Giselle), Kader Belarbi (Albrecht), José Martinez (Hilation), Agnès Letestu (Bathilde/Myrtha), Marie-Agnès Gillot (Un esprit malade), Stéphane Phavorin, Jean-Christophe Guerri (Suite de Bathilde) Alessio Carbone, Nicolas Paul (Pas de deux des paysans), Nolwenn Daniel, Laure Muret, Béatrice Martel, Stéphanie Romberg, Géraldine Wiart, Mirentchu Battut (Esprits malades), Ghislaine Reichert, Bruno Lehaut et Cyril Fleury (Paysans). <P><BR>C'est avec le même plaisir que nous retrouvions la Giselle de Mats Ek créée en 1982 pour Ana Laguna et le Cullberg Ballet et entrée au répertoire de l'Opéra dix ans plus tard. Ce ballet en effet n'a rien perdu de sa force, la relecture de Giselle est fidèle à l'original et riche en invention.<P>Remontée avec soin par Ana Laguna et Mats Ek, rarement le ballet a semblé dansé par tous les interprètes avec autant de vigueur et d'engagement, sur la musique magnifiquement interprétée de l'enregistrement de l'oeuvre par Richard Bonynge. <BR>Le décor du premier acte laisse apercevoir au premier abord un paysage de dunes, et quand on regarde mieux une femme nue couchée. Le second acte est une salle d'hôpital où sont représentés différentes parties du visage ou du corps, oreille, doigt, oeil...<P>Ici point de Bavière et de vendanges, mais une ile tropicale, au premier acte, où l'on pousse des oeufs, aussi gros que soi et au second acte, point de forêt hantée par des willis, mais un asile psychiatrique, tel est le décor souhaité par Mats Ek. <BR>Celui-ci suit l'argument du ballet classique mais Hilarion, amoureux de Giselle, ne meurt pas. Deux mondes s'opposent de manière plus flagrante dans le ballet.<P>La chorégraphie est étudiée en fonction de chaque groupe d'interprètes, plutôt grotesque pour les paysans, aerienne pour la suite de Bathilde avec leur arrivée en grands jetés, ancré dans le sol pour les esprits malades qui sont en blouses blanches.<P>On voit que Giselle n'appartient ni au monde des paysans, ni à celui de la ville, vêtue de rose alors que tous les paysans sont en noirs, Mats Ek a réglé pour son personnage une chorégraphie mixée entre paysans et la suite de Bathilde, tout comme Hilarion, Albrecht appartient au monde de la ville, donc a cette chorégraphie basée sur les sauts.<P>Hilarion n'est point le "traitre" de l'histoire, mais le héros malheureux, Giselle n'est pas une naive jeune fille mais une fille simple d'esprit et libre sauf quand Hilarion l'attache par désespoir amoureux, Albrecht reste le jeune homme insouciant et Bathilde, sa fiancée luxueuse. Au deuxième acte elle se transforme en Myrtha. <P>Les interprètes de cette reprise se sont totalement investis dans la chorégraphie et il danse cette oeuvre avec un naturel impeccable. <BR>Giselle était interprétée pour cette reprise par Céline Talon, elle n'est que sujet de l'Opéra, mais c'est une véritable artiste contemporaine. De par sa silhouette, elle n'est pas sans évoquer Ana Laguna, créatrice du rôle. Sa Giselle est plus fragile que demeurée. Elle est sensible, et pourtant sa danse est forte. Elle est sublime au deuxième acte. <BR>Elle est de plus entourée de deux partenaires exceptionnels en Kader Belarbi et José Martinez. <P>Le premier est un Albrecht tiraillé entre son amour pour Bathilde et celui plus spécial pour Giselle. Kader Belarbi allie technique et jeu dans un rôle qui lui semble taillé sur mesure. <P>Quant à José, il est bouleversant dans son personnage, à la technique extraordinaire qu'on lui connait, il ajoute une vision des plus personnelles du personnage et rend Hilarion attachant, par ses regards, ses mouvements de bras, il s'est complètement approprié le rôle. <P>Agnès Letestu est exemplaire en fiancée trompée, par la souplesse de ses mouvements et froide à souhait en Myrtha, infirmière de ces esprits malades. <BR>A noter dans les rôles secondaires, Marie-Agnès Gillot qui a accepté de reprendre son rôle d'esprit malade au 2e acte et est extraordinaire de par la force déployée dans ses sauts, de l'intensité de son jeu. <P>Ses compagnes sont tout aussi sublimes, Mats Ek met en valeur chacune d'elle grâce à pas de trois, pas de deux, ou solos. On remarque notamment Géraldine Wiart, Nolwenn Daniel ou encore Laure Muret.<P>Stéphane Phavorin était remarquable en ami d'Albrecht et Alessio Carbone et Nicolas Paul campaient les deux paysans nigauds et provocateurs à souhait.<P>Une soirée exemplaire où les danseurs ont été complètement au service d'un chef d'oeuvre. Ils ont atteint un niveau extraordinaire dans l'intensité dramatique et artistique.<BR>Le public a d'ailleurs réservé un triomphe à cette distribution extraordinaire à tout point de vue. Un chef d'oeuvre à ne pas manquer !<P><BR><p>[This message has been edited by Cathy (edited November 02, 2001).]
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