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Bonjour tout le monde,<P>Je suis allée voir Luminous de Saburo Teshigawara chorégraphe japonais.<BR>Je n'ai pas accroché au style du spectacle dans son ensemble, alors que les éléments pris à part sont forts.<BR>Les thèmes sur lesquels travaillent Teshigawara sont évidents et présents sur scène : la lumière et son interférence avec le corps et le son et son interférence sur le corps. Cependant, il y a un total déséquilibre entre le décor très signifiant et plastiquement très beau, et la danse, qui paraît insignifiante et ennuyeuse. <BR>Le décor est trop fort, toute la réflexion du chorégraphe est comprise dans le décor. Système de vitre et de papiers de soie (pour créer des ombres chinoises) les danseuses évoluent dans cet univers. Mais le rapport entre leurs corps et le décor (le reflet, l'ombre…) ne sont absolument pas mise en évidence. Résultat, on a l'impression qu'elles gigotent dans tous les sens (mouvements rapides proches de ceux de la compagnie Montalvo hervieux et mouvements lents proches du Taï chi) sans qu'il y ait de but ; juste comme ça, pour gigoter. C'est une danse contemplative, voire intrinsèque qui pourrait être géniale si en plus de la beauté, il y avait du sens. Car quand le spectateur n'a pas la compréhension, il se rabat sur la beauté. Et tout ce que j'ai trouvé beau ce sont les mouvements lents ; les mouvements rapides étant plus " risibles " que beaux. Le sentiment de n'importe quoi est amplifié par la présence épisodique d'un comédien narrateur d'un texte en anglais sur les sensations de la nature sur le corps, mais qu'on a envie gifler dès sa 2ème apparition car le rapport entre le texte et le visuel est absolument inexistant. On se demande ce qu'il fait là.<BR>Sur 2 heures de spectacles, il y a 1 heure de potable. Le reste s'étend en longueur insignifiante. La danse est quelques instants signifiantes et belles quand 6 des danseurs manipulent, grâce à des manettes, la bande son (rythme et musicalité quasi inexistantes) sur laquelle danse une interprète. On retrouve ce difficile exercice en 2ème partie quand les danseuses commencent leur variation sur une bande son sans rythmique ni musicalité et continue leur performance alors que la musique se transforme en une musique classique de Mozart. Là, on est sensible à la beauté, ET on comprend également la recherche de Teshigawara entre le son et le corps. Et chapeau aux interprètes pour cet exercice très difficile, le rythme et la musicalité étant les deux principaux repères d'un danseur. Autre moment beau et signifiant, la grande trouvaille d'habiller ses danseuses avec des tuniques phosphorescentes. Les danseuses sont la lumière, la marque. Ils n'en dépendent plus, ils la créent. <BR>Le solo du chorégraphe himself à la fin est trop long. Il aurait pu ne garder que la 2nde partie, car la 1ère ressemble à du Taï chi collé sur du Mozart. Après 25 minutes de ce solo, on se dit que c'est enfin fini ; mais arrive le fameux danseur aveugle et c'est reparti. Cependant, ce duo est très beau et il aurait suffit pour conclure le spectacle.<P>Pour conclure, je dirai que Teshigawara devrait faire des installations plastiques d'un côté et de la chorégraphie de l'autre. Lier les deux ne lui réussit pas car dans le cas de Luminous, la danse en pâtit, devenant insignifiante, ennuyeuse et parfois risible, " mangée " par le décor qui porte la 95% de la réflexion de l'artiste sur ses thèmes de prédilection.<BR>J'ai été exaspérée par la réaction du public, qui a applaudit pour applaudir parce que la danse contemporaine est à la mode, et que ce n'est pas grave si on ne comprend pas. <P>A plus<BR>Emie<BR>
_________________ Emilie
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