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Je trouve enfin un peu de temps pour tenter de faire part de mes impressions brutes sur la soirée du 17/07. <P>Le cadre de l'Opéra Royal donnait un côté intimiste à la soirée qui changeait de l'atmosphère un peu impersonnel des theâtres habituels. Je n'ai pas compté mais j'ai l'impression que la salle ne contenait guère plus de 250-300 places et elle semblait remplie à l'exception de quelques sièges. J'ai trouvé que l'acoustique était très bonne (grâce sans doute aux panneaux en bois) alors que l'orchestre était lui-même réduit au strict minimum, vu l'espace limite qui était dévolu aux musiciens. Seul léger problème : la surface de la scène qui était vraiment réduite ce qui a dû obliger les danseurs à calculer leurs déplacements au plus juste pour éviter de se retrouver à moitié caché dans les coulisses en fin de parcours...<P>Le programme a été surtout une déception pour moi qui personnellement espérait voir une pièce de Balanchine, vu les échos très favorables de leur tournée à Londres. Globablement comme on le savait déjà, c'était une programmation assez classique d'une soirée de gala mêlant morecaux de bravoure brillants et pièces plus "artistiques" :<P>En première partie : Chopiniana<BR>En deuxième partie intitulée "Divertissements" : Manon, le Corsaire, Middle Duet (pièce contemporaine d'un jeune chorégraphe russe, pas fracassante d'originalité, mais agréable à regarder), Don Quichotte, La Mort du cygne et Pas de Quatre.<P>Chez les danseuses mes deux coups de coeur ont été Aioupova et Lopatkina.<P>Le lyrisme, la poésie et la grâce d'Aioupova m'ont immédiatement séduite dans Chopiniana où je ne voyais qu'elle. Jelonkina n'était pas mal mais les bruits de ses pointes contrastaient tellement avec la délicatesse et la précision des jeux de jambe d'Aioupova...Sinon j'ai trouvé le Corps de ballet très bon, leur ensemble impeccable mais un peu impersonnel et froid. Baranov avait quelques faiblesses techniques mais savait mettre en valeur sa partenaire dans les pdd. D'une façon générale, j'ai d'ailleurs trouvé que les danseurs masculins du Kirov avaient pour la plupart de grandes qualités de partenariat , du style dans leur danse, et une présence certaine sur scène contrairement à certaines de leurs consoeurs. Aioupova a également prouvé qu'elle savait habiter les rôles qu'elle interprétait avec beaucoup d'âme dans sa Manon. J'étais un peu sceptique par le choix de cette pièce qui ne me semblait pas adapté au style de la troupe et je dois dire que j'ai été agréablement surprise. La danse d'Ilia Kuznetsov est certes encore un peu "brute de fonderie" et manque de finesse mais il a campé un des Grieux tout à fait attachant par une interprétation passionnée et naturelle. Il a également assuré en tant que partenaire dans ce pdd plutôt acrobatique par moment et ses portés passaient sans effort.<P>Quant à Lopatkina, elle m'a subjuguée par ses mouvements de bras dans sa Mort du Cygne absolument époustouflants. C'est de plus une véritable artiste qui dégage une aura magique dès qu'elle apparaît sur scène, on a l'impression qu'elle n'est plus de ce monde tellement elle semble habitée par so rôle. presque trop d'aileurs, on a le sentiment d'être exclu, elle ne communique pas avec le public, elle impose sa présence (bien entendu, ce ne sont que mes impressions sur la base de ce court ballet...). Les rythmes qu'elles imprimaient à ses mouvements de bras, tantôt d'une lenteur inimaginable, tantôt avec une rapidité et une amplitude qui donnaient vraiement l'illusion des ailes d'un cygne étaient fascinants. J'ai vraiment eu envie de la voir dans le Lac. <P>Le Corsaire m'a un peu déçue. Gumerova est certes une grande et belle danseuse qui impose une présence physique mais sa technique m'a semblée approximative par moments (retombées sur pointe, fouettés pas en musique, équilibre pas très net, etc.). De plus sa carrure massive et son visage un peu large ne s'accordait pas très bien avec son partenaire Dimitri Semionov qui au contraire est fin avec une belle ligne. Semionov m'a en revanche semblé très propre techniquement dans ses solos avec de belles élévations dans ses sauts, des pirouettes bien contrôlées avec un style puissant mais jamais vulgaire. Cela étant, je le vois mieux en prince classque que dans le rôle de Conrad au charme exotique et sauvage.<P>Middle Duet est un pdd dans un style mêlant à la fois des tics balanchiniens et fosythiens. Rien de révolutionnaire mais la chorégraphie est assez agréable à regarder sur une musique qui est tout à fait adapté au style lancinant et répétitif, parfois très violent de ce ballet. En tous cas cela reflète le souci de cette troupe de développer un autre style de répertoire. Irina Sologub et Islom Baimuradov m'ont semblé parfaitement à l'aise dans ce type de chorégraphie qui dot être malgré tout assez éloignée de leurs cultures. Leur danse épousait parfaitement les changements de rythme de la musique, accélération, ralentissement , extension poussée à l'extrême jusqu'au déséquilibre puis relâchement tel une marionette sans fil. ils dégageaient une forte personnalité, surtout Baimuradov qui me semblait atypique parmi les danseurs russes qui font souvent un peu "bonbons et dragées" genre prince modèle et lisse par son coté ténébreux voire torturé...<P>Irina Golub est une belle danseuse avec de longs membres fins, petit visage. Sa Kitri a été brillante, elle nous en a jeté plein la vue par sa technique sans faille (ou presque, j'y reviendrais), ses levers de jambe impressionnants et ses équilibres superbement tenus. Même si c'est moins gênant dans ce pdd cirque, son côté show-off (à côté d'elle Guillem serait lyrique et discrète) a malgré tout quelque chose d'excessif ce que son sourire plaqué et et uniforme genre publicité pour dentifrice n'arrange pas. De plus ses prouesses techniques se font trop souvent au détriment d'une musicalité qui est ce qui fait le plus défaut à cette danseuse à mon sens.Mais je ne cracherais pas sur le plaisir que j'ai pu avoir en voyant cet adage impérial où j'ai pu voir par moment qu'elle avait un buste souple et de jolis mouvements de bras. En revanche, je m'attendais à une coda d'enfer après ce qu'elle nous avait montré et j'ai été déçue par ses fouettés certes très rapides mais amusicaux et des jambes qui montaient et descendaient au gré de ses tours. Personnellement, je reconnais la difficulté de maintenir ses jambes à 135° en permanence mais dans ce cas, je préfère des 90° bien tenus avec la pointe qui ne bouge pas d'un pouce. Andrei Batalov était très bon aussi bien techniquement dans ses solos qu'en tant que partenaire. Son style souple et aérien était étonnant par contraste avec son physique trapu, petit et un peu massif (qui ne doit pas l'avantager forcément dans certains rôles mais en Basilio, il était parfait genre macho qui collait bien au personnage).<P>Gumerova était nettement meiux dans le Pas de Quatre. Part a beaucoup de style et une fois de plus une technique très solide mais m'a paru désespérement froide.<P>Bonne soirée globalement mais une programmation un peu "cheap" qui n'est pas à la mesure du statut de cette compagnie que j'aurais aimée voir dans un ballet complet ou une programmation plus cohérente.
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