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NOTRE DAME 11 OCTOBRE : AVEC LE TEMPS...<P>Bonjour tout le monde,<BR>je me suis demandée un instant si je devais ou non écrire mes impressions sur la représentation d'hier soir à Garnier. C'était la 1ère fois que je voyais les danseurs présents sur scène: mon regard était donc neuf. Je tiens à dire que j'en suis parfaitement consciente et que TOUT CE QUI SUIT NE CONCERNE QUE LA REPRESENTATION D'HIER ET AUCUNE AUTRE: un rôle, une soirée seulement.<BR>Tous les goûts sont dans la nature et je prie ceux qui ne vont pas être d'accord avec moi, de ne pas me crucifier trop vite.<BR>J'ai eu trois bonnes surprises émanant des interprètes masculins:<BR> - José Martinez est grandiose. Silhouette fine et sombre, il apporte le côté humain et déchiré au personnage de Frollo; approche que Legris n'a pas choisi, préférant un Frollo entier et sûr de lui. Martinez exprime la douleur, la frustration, la haine dans sa technique et dans son jeu. Ce sont vraiment deux interprétations différentes du même rôle par deux très grands danseurs. N'hésitez pas à aller voir les deux, vous ne le regretterez pas!<BR> - Hervé Moreau est un Pheobus beau et arrogant. Pour une 1ère rencontre, quel danseur! S'il manque encore un peu d'asssurance (c'est sa 1ère prise du rôle), il est convaincant et quel technique!! D'ici quelques temps, il sera LE Pheobus tel que Petit l'a imaginé et tel que le public le désire. Il surpasse déjà Paquette sans aucun problème, c'est une évidence.<BR> - Enfin Yann Bridart. Je ne peux que confirmer les dires de Cathy. Encore hésitant (1ère prise de rôle), il développe un jeu que l'on sent inné chez lui. Sa compréhension et son approche du personnage visent dans le mille. S'il n'avait pas été danseur, ce serait un grand comédien. Il ajoute au personnage de Quasimodo toute sa personnalité: soumission et sauvagerie, naïveté et tristesse, puissance et fragilité. Dans la scène de passage à tabac par les soldats, Y. Bridart déploie un jeu qui nous montre le côté "bestial, monstre" de Quasimodo: il prêt à mordre! La scène des cloches est effectivement une pure merveille, car évitant volontairement la répétition de certains gestes (pousser la cloche avec le pied par exemle), Y. Bridart "improvise" quelques attitudes qui sont parfaitement justes avec le caractère du personnage: le clocher est son domaine et les cloches, ses amies. C'est un danseur qui a de la personnalité et qui n'oublie pas que se mettre au service d'un rôle n'est pas se cacher derrière. Cependant, il n'exprime pas ce sentiment de vécu qu'avait Romoli, cela étant du à l'âge. <BR>Le couple qu'il forme avec Abbagnato est bien mais reste, hélas, léger. Ensemble, ils sont deux comédiens, lui plus qu'elle, lui entraînant elle. Ce sont de grands techniciens comme tous les danseurs de l'Opéra.<BR>Abbagnato a beaucoup d'excuses louables: c'était sa 1ère montée sur scène depuis le début de la saison, c'était sa première prise du rôle d'Esmeralda. Elle était trop soucieuse de faire plaisir à un public venu pour elle. Elle se souciait trop de ses placements, de son profil et de son sourire. Prenant son temps à trop vouloir bien faire, elle en oubliait parfois qu'elle n'était pas seule en scène: ainsi, Elle fut l'auteur de décalages de rythmes dans ses pas de deux avec Bridard et Martinez. <BR>J'ai trouvé son jeu surfait: je n'ai rien ressenti de sa douceur, de sa jeunesse avec Quasimodo pendant leur pas de deux; et dans le pas de trois, je n'ai pas accroché à ses attitudes pour exprimer sa peur de l'ombre (Frollo) et son désir pour Phébus. Je me suis un peu ennuyée. Elle ne veut pas décevoir son public qui en attend trop d'elle. Trop de pression!<BR>Elle n'est pas prête ni dans son jeu, ni dans son approche des personnages, ni (hier) dans sa technique. Le rôle d'Esmeralda ne lui convient pas, du moins pas encore. Certains gestes, certaines attitudes y sont; et certains passages des Pdd ou Pdt sont géniaux, mais pas dans la totalité et peut-être plus grâce à ses partenaires qui la portent (sens figuré), la soutiennent dans son interprétation. Je la situe pour le rôle D'Esméralda, entre Gillot (exceptionnelle) et Guérin (expérimentée).<BR>Il faut qu'elle murisse, elle est encore jeune. Elle doit acquérir de l'expérience et un vécu de la scène plus important, notamment dans les rôles titres. Elle est trop jeune pour être étoile et trop jeune pour être déjà LA 1ère danseuse. Il a fallu quelques années à Gillot, à Moussin et à Osta pour développer leur prestance et leur présence scénique. Rien ne se fait en une année (même pas). Laissons lui le temps (2 ou 3 ans ou plus?)et relâchons la pression afin qu'elle devienne une véritable étoile et non une icône surfaite, star du ballet. Il y a des étoiles qu'on oublie et d'autres inoubliables. A nous et à l'administration de choisir dans quelle catégorie nous la classons. Elle a le physique, les manières, le visage et cette beauté "étrange"(dans le bon sens du terme) que possèdent la danseuse idéalisée. mais elle a besoin de temps.<BR>cependant, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour Moussin, Gillot ou Fiat.<P><BR>Est- ce mon imagination ou il y a eu des changements dans la chorégraphie? Roland Petit comme le public aspirent à de la "chair fraîche". Et ce n'est pas l'ovation qu'ont reçue les interprètes qui démentira cette conviction.<BR>A bientôt<BR>Emie<P>------------------<BR>Emilie<p>[This message has been edited by Emie (edited October 12, 2001).]
_________________ Emilie
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