MArie, je sais que vous préférez le contemporain, les postings que vous mettez sur le site traduisent d'ailleurs bien vos goûts

! Mais les pièces classiques n'ont pas à aller au Musée, il n'y a pas que Petipa, Bournonville dans les classiques. Il y a aussi les Balanchine, Robbins, Neumeier, etc... J'ai été fascinée par Night de Julia Adam qui sait utiliser le vocabulaire classique pour faire un ballet moderne ou encore l'Othello de Lars Lubovich, mais la maitrise de son corps car la danse contemporaine réclame surtout cela n'a pas vraiment d'intérêt. Tout le monde n'en est peut-être pas capable mais danser sur pointes, sans des années de travail, vous n'y arriverez pas

<P>Pour en revenir à la situation en France, Marie, tous les grands théâtres de France avaient leur troupe "classique", ce n'est pas parce que l'Opéra est la meilleure troupe classique de France et a la majeure partie des subventions que les autres troupes en pâtissent, comme on dit Paris n'est pas la France. Lyon avait une superbe troupe classique et faisait des ballets qu'on ne voyait pas ou peu à l'Opéra, je ne parle même plus de Nancy, car c'est sans doute son cas le pire, Toulouse continue à faire du classique et Bordeaux dont le Directeur est Charles Jude fait essentiellement du classique. <P>Pourquoi dans les autres Pays y a-t'il autant de bonnes troupes classiques regardez en Allemagne, en Russie, aux USA c'est la même chose même si le NYCB fait essntiellement du Balanchine, du Robbins ou du Martins, vous avez l'ABT, le SFB, le Miami City Ballet, la Pacific northwest company, le Boston Ballet, le Joffrey Ballet, etc. Toutes ces troupes sont classiques. C'est un esprit bien français de "cracher dans la soupe" et de bruler tout ce qu'on a adoré. <P>De toute façon sans danse classique, il n'y aurait pas de danse contemporaine, car les meilleurs chorégraphes modernes et les meilleurs danseurs sont ceux qui ont fait des années de classiques, généralement où ils ne brillaient pas, mais c'est souvent le cas.<P>Concernant la danse contemporaine, je ne connais pas le travail de Jérome Bel, mais ce que je vois des chorégraphies par exemple d'un Montalvo qui a fait fureur lundi soir, n'est qu'une simple coordination de mouvements de bassin, de tête, de membre, avec un ou deux grands jetés, cela me barbe. Par contre j'ai beaucoup aimé le Duato, et le Kylian. Il y a des chorégraphes contemporains qui utilisent le vocabulaire classique.<P>Quand on voit les jeunes de la section "classique" du Conservatoire montrer lors des journées portes ouvertes un cours de variations classiques où on leur apprend aussi bien le style Taglioni que Petipa, que les élèves sont douées, et que lors de leurs spectacles, elles ne dansent aucun ballet classique il y a un gros problème. Quand vous voyez, que le Jeune Ballet de France qui permettait à des jeunes comme notamment Joan Boada ou Gennadi Nedviguine de faire du classique sont dissoutes. Quand vous voyez Europa Danse qui va chercher aux sortirs des Ecoles de danse, de jeune professionnel pour leur donner un avenir et ne leur faire danser qu'un répertoire contemporain, vous vous posez des questions, car tous ces jeunes ne danseront pas en France, ils iront dans toutes les compagnies du monde, de même que les jeunes du Conservatoire. Car de la danse classique il y en a partout ailleurs, mais en France, sous prétexte, effectivement que la danse "classique" est ringarde, on dissout tout. <P>Il y a un public pour le classique comme il y a un public pour le contemporain, mais le public est formé avec dans la tête l'idée que le classique c'est ringard, c'est vieux, voir des filles en tutu sur des pointes, voir des hommes servir de poteaux. Cela n'a aucun intérêt, si on leur apprend à regarder il se met à apprendre le classique. Ceci étant le public du classique est tout aussi obtus que le public du contemporain. <P>D'ailleurs le problème n'est pas tellement dans la guerre entre amateurs de contemporain et amateurs de classique, mais dans le fait qu'on arrête en France de faire de la danse classique. <P>Et cette question me semble être éminement politique et liée aux changements de la vie politique française depuis 1981.