"Il y aura toujours ceux qui s’intéressent au passé et ceux qui regardent dans le futur—c’est comme ce que sa marche".<P>D'accord avec cette dernière phrase, mais je pense qu'il y a aussi une tradition à respecter, c'est le but théoriquement des troupes de théâtre "Repertoire, tradition, et enrichissement". <P>A la Comédie Française, on joue encore Corneille, Racine, Shakespeare et on joue du Copi, et autres auteurs contemporains. Tous les acteurs de théâtre ont naturellement le goût pour le texte "moderne", ils aiment le jouer. Mais ils aiment aussi jouer se replonger dans les grands classiques car ils disent que c'est par eux qu'ils apprennent.<BR>Et jamais un acteur de théâtre ne fera que des pièces modernes, jamais un chanteur lyrique ne chantera que du contemporain parce qu'il faut regarder vers le futur. Ils ont le respect de la tradition et du répertoire.<P>Ce n'est pas pareil pour la danse, il y a aussi la mentalité française qui est de "brûler ce qu'elle a adoré". Qu'il y ait de la danse contemporaine, que les chorégraphes aillent puiser dans la rue leur inspiration pourquoi pas, mais c'est le côté totalitariste que nous réprouvons, on impose une forme de danse que le public n'apprécie pas forcément ou on montre au public qu'il n'y a que "CA" d'intéressant.<P>Le gouvernement suit les artistes qui lui sont proches, c'est depuis 1981, que toutes les compagnies contemporaines ont été imposées, sur-imposées. <P>L'Opéra est touché également, pourquoi ? Parce que la Directrice de la Danse est une de ces mauvaises danseuses classiques, qui n'a pu monter dans la hierarchie de l'Opéra et s'est réfugiée en fondant la compagnie du Silence avec Jacques Garnier. Brigitte Lefèvre est revenue au Ministère, où elle a occupé une fonction importante et a eu l'Opéra. <BR>On a l'impression qu'elle tient sa revanche, maintenant et impose à l'Opéra ses goûts. Nureyev qui a élever la troupe à sa valeur actuelle avait su imposer à l'Opéra Garnier (et non uniquement au GRCOP) Forsythe, Kylian, Michael Clark, Mark Morris, Armitage, Marin, Bagouet etc. mais avait préservé le répertoire classique (Petipa, mais également Bournonville, Lifar, Balanchine) dans sa plus pure tradition. <P>Patrick Dupond qui lui a succédé a continué à enrichir le répertoire tout en conservant aussi la tradition. Si les distributions étaient contestées, les saisons étaient généralement globalement approuvées et elle mêlait danse contemporaine et danse classique.<P>Ce n'est que depuis que Lefèvre est Directrice de la danse, que les saisons se répetent, ne présentent plus que les mêmes classiques, oublient tout le répertoire français du XXe siècle purement Opera comme Lifar et tout le monde le réprouve, danseurs, spectateurs, critiques, mais cela reste en l'état, car on est dans une mouvance "contemporaine". <BR>Le pire dans tout cela c'est que le niveau de la troupe s'il monte techniquement parlant, n'a plus le même niveau artistiquement parlant. <P>Pas un danseur de la troupe ne trouve la saison prochaine bonne, et même si ce sont des danseurs "classiques", certains sont prêts à faire toutes les découvertes, mais généralement ils sortent déçus de leur rencontre avec les chorégraphes contemporains français style Duboc, Gallotta, Larrieu. La seule chorégraphe qui les ait fait réagir positivement est Pina Bausch et pas par cette travaux actuels mais par son sacre du printemps, qui est quand même de la Danse. <P>Je ne parle pas du public qui trouve exécrable les créations de ces chorégraphes. Logique me diras-tu ? Considérant que le public de l'Opéra est rétrograde, ce qui n'est pas vrai. Quand les créations sont bonnes, le public sait le reconnaitre comme le Parc de Preljocaj. Des pieces comme Glass pieces de Robbins qui sont plutôt contemporaines font un tabac. Lors de la venue du SFB à Paris, Night a fait un tabac et pourtant c'est typiquement contemporain.<P>On impose également à des danseurs de formation classique de ne plus faire que du contemporain et s'ils ne partent pas c'est sans doute que les autres troupes ne peuvent les accueillir. Quand on a une formation complètement classique, faut-il trouver normal de ne danser QUE DU contemporain ? <P>Concernant la vieille rhétorique sur les mauvais danseurs... beaucoup l'avouent. Et cela se vérifie, on considère que Béjart, Petit étaient de mauvais danseurs mais de bons chorégraphes et l'inverse est souvent vrai également Le Riche est un bon danseur mais un mauvais chorégraphe de même que Nureyev qui n'avait comme seul talent que la mémoire du Kirov, ses oeuvres personnelles mis à part Romeo sont toutes abandonnées. <P>Le public qui va à l'Opéra est ouvert et va voir aussi des spectacles de danse contemporaine, mais l'inverse est rarement vrai, c'est comme pour l'Opéra, les amateurs d'Opéra dans leur ensemble trouvent la danse ringarde alors que les amateurs de danser peuvent apprécier l'Opéra, donc je pense que le public de danse dite "classique" est plus ouvert quelque part

<P>Mais la question n'est pas sur du classique par rapport au contemporain, mais du problème de la disparition totale du classique en France. Aux USA, il ne me semble pas que ce soit le cas, toutes les villes ont leur grande troupe classique et certainement des troupes contemporaines. ils savent faire cohabiter les deux.<P>Crois-tu normal que des jeunes qui vont passer dix ans de leur vie à apprendre de la danse "classique" se retrouvent à danser du contemporain. Par exemple au CNSDM de Paris, il y a deux sections, une section classique et section contemporaine, leurs programmes en tant que junior ballet classique ou contemporain ne sont QUE contemporains. C'est cela qui est anormal et que nous réprouvons fortement. <P>Regarde la Sylphide, bien que ce soit un ballet français, ce sont les Danois qui ont copié notre version et l'ont gardé jusqu'à aujourd'hui et il a fallu que Pierre Lacotte plonge dans des archives pour remonter notre Sylphide.<P>Autre exemple certains danseurs classiques de l'opéra ont critiqué la reconstitution soit disant "historique" de Paquita par Lacotte. <BR>Jean-Guillaume Bart étoile "classique" s'il en est, de l'Opéra a ouvertement critiqué dans une revue cette re-création (qui au passage a eu un immense succès public) en affirmant que comme toute reconstitution n'était absolument pas fidèle à 100% à l'original, (ne serait-ce que par l'introduction de pointes ou de danseurs), pourquoi ne pas introduire le vocabulaire néo-classique dedans, ce qu'il réussit très bien en tant que chorégraphe en faisant des ballets "classiques" comme le Diable à quatre dans l'esprit de Bournonville mais qui se veut en réalité un hommage à Balanchine, Robbins et Petipa.<P><BR>Ce n'est pas une querelle des anciens contre les modernes. Ce n'est pas vouloir imposer le CLASSIQUE face au MODERNE, mais c'est sauver le CLASSIQUE, comme on protège les BALEINES et autre espèce en voie de disparition. C'est une attitude typiquement française comme je l'ai déjà dit de ne pas respecter son patrimoine et de le laisser disparaître. <p>[This message has been edited by Cathy (edited August 18, 2001).]