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Joyaux - Représentation du 8 février 2003 Une parure de Joyaux Pour célébrer les vingt ans de la disparition de George Balanchine, l'Opéra a décidé de programmer en complément de Joyaux, ballet en trois parties, le Défilé et Allegro Brillante. Comme pour l'hommage à Noureev, le défilé ouvrait la soirée, mais si celui-ci avait été chaudement acclamé lors de cet événement l'accueil fut plus froid, quelques "chut" de spectateurs se faisant même entendre. Pourtant le but de cette longue parade est bien d'applaudir nos artistes maison, et de leur transmettre par nos bravos et nos applaudissements, notre admiration pour leurs multiples talents, (Benjamin Pech et Yann Bridard en sont toujours malheureusement absents). Par contre, pourquoi diantre placer Wilfried Romoli sur la ligne des étoiles au salut final pour établir une symétrie parfaite, qu'ils nomment Marie-Agnès et Delphine, ce sont des étoiles qui dansent et non des premières danseuses ! Allegro Brillante est un ballet brillant d'un quart d'heure, conçu sur le troisième concerto pour piano et orchestre de Tchaïkovsky. Il réunit quatre couples de danseurs autour d'un couple d'étoiles. Pour cette représentation unique, Fanny Fiat, Laure Muret, Véronique Doisneau, Géraldine Wiart et leurs partenaires Emmanuel Thibault, Christophe Duquenne, Mallory Gaudion et Bertrand Belem sont impressionnants par leur ensemble, leur vivacité, leur technicité, leur joie de danser est visible et nous fait regretter que ce ballet ne soit donné qu'une seule soirée. Dans le couple vedette on retrouvait Elisabeth Maurin, au sommet de sa forme, techniquement impeccable et au style balanchinien le plus pur aux côtés de Jean-Guillaume Bart, élégant et précis. Après cette première partie, qui consistait en un premier hommage au Maître, un programme lui sera consacré en début de saison prochaine avec la reprise de Palais de Cristal, du Fils Prodigue et des Quatre tempéraments, la représentation de Joyaux pouvait commencer avec ses trois ballets caractéristiques de chaque école de danse, à savoir l'école française, son classicisme et son chic dans Emeraudes, la vivacité, le jazz et les comédies musicales chers aux américains dans Rubis, et enfin l'académisme russe le plus pur dans Diamants. Emeraudes (Fauré) permit à Clairemarie Osta d'étrenner son titre d'étoile dans un autre rôle que Paquita, elle fut éblouissante dans la Sicilienne, où elle montre un lyrisme total,une technique magnifique avec de superbes tours planés, elle est en parfaite adéquation avec le plus pur style Balanchine. Elle est aussi impressionnante dans sa longue marche sur pointe aux côtés de Kader Belarbi, adage qui n'est pas sans évoquer les fameuses arabesques décalées de Lifar. Laetitia Pujol est plus éteinte même si elle est une jolie fileuse. Karl Paquette est par contre en deça de ses dernières prestations, s'il se montre un partenaire attentif, il n'a pas la noblesse de style requise pour ce ballet. Hervé Moreau est par contre la révélation d'Emeraudes, avec une technique impeccable, un style, une élégance et un sens artistique qui se développe de représentations en représentations, une future étoile évolue sous nos yeux. A ses côtés Eleonora Abbagnato et Nolwenn Daniel sont parfaites dans le pas de trois auquel elles apportent leurs charmes et leur lyrisme. A noter la perfection du corps de ballet où l'on remarque particulièrement Fanny Fiat et Sofia Parcen. Rubies (Stravinsky) permet à Delphine Moussin et Manuel Legris de briller de tous leurs feux. Elle est magistrale, vive, précise, avec la pointe d'humour nécessaire au rôle et une technique impeccable. Elle semble montrer à quel point sa non nomination est injuste tant elle est exceptionnelle. A ses côtés, Manuel est comme à son habitude un magnifique virtuose, à la danse d'une vélocité incroyable notamment sa diagonale de tours "courus" accelérés est prodigieuse. A leurs côtés, Marie-Agnès Gillot est une magnifique soliste aux longues jambes, technique et vivacité la caractérisent également et elle aussi montre qu'elle serait une étoile complète. Le corps de ballet ici encore est parfait que ce soit les quatre garçons ou les filles. La soirée s'achève sur le romantique Diamonds (Tchaïkovsky) qui nous permet d'admirer le corps de ballet féminin dans un premier mouvement tel que Balanchine les affectionne, avec ses levers de jambes, ses longues arabesques, ses croisements, Nathalie Aubin et Laurence Laffon en sont les deux solistes. Dans le pas de deux qui n'est pas sans rappelet celui du Lac des cygnes, Agnès Letestu et José Martinez sont impériaux, quelle classe, quel style, quel élégance, un couple fusionnel ! Ils s'imposent aussi par leur technique magistrale dans le troisième mouvement, lui par l'amplitude de ses sauts et la qualité de ses pirouettes, elle par la beauté de ses arabesques tenues, et de ses magnifiques dégagés. Autour d'eux, les huit demi solistes parmi lesquelles on remarque particulièrement Nathalie Aubin, Isabelle Ciaravola, Christophe Duquenne, Stéphane Bullion sont aussi impeccables. Dans le dernier mouvement, on retrouve un final tel que Balanchine les affectionnait avec une danse conçue pour l'ensemble du corps de ballet, croisements aux lignes imbriquées, complexes, succession de levers de jambes pour les filles, sauts virtuoses pour les garçons. Là encore le corps de ballet fut parfait. Les danseurs semblent heureux de danser ces ballets de Balanchine et communiquent leur joie aux spectateurs. De nombreuses distributions sont prévues en alternance jusqu'au 6 mars, et il ne faut pas manquer sous aucun prétexte cette soirée magnifique que nous offre les danseurs de l'Opéra de Paris. <small>[ 09 February 2003, 07:17 AM: Message edited by: Cathy ]</small>
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