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Je suis d'accord sur un point, c'est le fait que trop de technique tue le ballet, je me souviens l'année dernière d'un casse-noisette tellement bien dansé que c'était froid et aseptisé, les deux danseurs étaient parfaits, trop parfaits et aucune émotion ne passait. Et c'est vrai que je me suis fait cette réflexion, "si c'est ça la danse de demain, je n'aime pas". <BR>Cette distribution (Pujol, Martinez) fut comme cela le soir où je l'ai vue. Elle manquait de vie, tout était étudié, le moindre alanguissement, le moindre équilibre, tout était souhaité.<P>Je pense que le spectateur de toute façon veut voir aussi de bonnes prestations techniques. Je crois qu'il faut savoir jouer de la technique quand le rôle le nécessite mais savoir l'abandonner pour d'autres rôles. Ceci étant la technique pour la technique est inintéressante hormis dans les ballets style Etudes où cela ne doit être QUE de la technique.<P>J'ai vu Malraux et cela ne m'a pas ému par contre, Béjart se répétant encore une fois, même si certains tableaux étaient intéressants. <BR>In the middle est un ballet fait sur la recherche de la technique à son paroxysme, les arabesques les plus décalées possibles, tout à la limite de la rupture. Si cela peut te consoler, j'apprécie moyennement Forsythe, car sans technique ses ballets n'ont aucun intérêt. Ce qui fait effectivement la force de ses ballets c'est la technique. Pourtant un "Vertiginous Thrill of exactitude" est jouissif par la vélocité. Je crois qu'il faut aussi faire des ballets purement techniques.<P>Mais dans un ballet comme Bayadère, Nikya doit faire avant tout passer de l'émotion et j'attends beaucoup plus son premier et son deuxième acte que le troisième acte conventionnel, tant pis pour les puristes qui adorent ce style d'acte, démonstration de technique uniquement. Surtout que là effectivement, c'est de la technique pour la technique, ce n'est pas de la technique au service d'un sentiment comme dans le deuxième acte du Lac des cygnes, ou certes il faut une certaine technique mais il faut également savoir émouvoir par d'autres choses. Maurin en était le parfait exemple, ce n'est absolument pas le cygne "type", petite, sans levers de jambes et pourtant certains soirs son Cygne blanc fut bien plus beau que d'autre car elle avait trouvé le mouvement idéal.<P>Curieusement, les danseurs veulent justement qu'on oublie leur technique pour qu'on voit ce qu'ils donnent derrière, par leur jeu, je me souviens d'une danseuse étoile qui disait après qu'un spectateur l'ait encensé sur les fouettés, mais "il n'y a pas que les fouettés dans la vie". Et c'est vrai, elle avait totalement raison, sauf, que dans cet exercice, on ne veut pas, vous le premier certainement, que la danseuse tombe de sa pointe. Mais il faut autre chose à côté.<P>Je vous rejoins donc totalement quand vous dites de la technique pour la technique bof ! Moi ce que j'aime c'est ressortir d'un spectacle en ayant eu une émotion forte, la technique aide à la faire passer souvent. <P>Il est vrai que les ballets classiques m'amènent rarement les larmes aux yeux, mais je les ai quand même encore eues lors de sublimes Bayadère, de Roméo et Juliette, lors de Lac des cygnes ou dernièrement lors de Notre-Dame de Paris...<P>Je ne pense pas que les danseurs ne veulent vivre que sur la technique mais je crois qu'on leur en demande de plus en plus, notamment à l'Opéra, on a atteint un degré de perfection à ce stade, qui devient parfois ridicule, car ce qui restera d'un spectacle, ce sera effectivement l'émotion suscitée par les artistes et non une très belle performance technique. Je crois que justement ce qui tue l'Opéra de Paris, c'est cette montée en puissance de la technique au détriment de l'artistique. <P>Tous les danseurs sont formidables on leur demande de plus en plus de techniques, s'ils n'en ont pas ils sont jugés par leurs pairs et les spectateurs. Ils n'oublieront leur technique qu'une fois bien établi dans un grade, ils se laisseront aller, la technique passera au service de l'artistique. Je crois qu'on voit cependant encore de magnifiques choses à l'Opéra, même si les artistes se font plus rares. Les représentations de Giselle ont été extraordinaires car vu qu'ils ont totalement assimilé la technique, ils peuvent se laisser aller à vivre entièrement leur rôle et je ne peux que vous engager à aller voir l'émotion suscitée par l'Hilarion de Martinez, les Giselle de Talon ou de Dupont, les Albrecht de Belarbi ou de Legris...<P>Quant aux chorégraphes, la danse contemporaine ne m'émeut guère, par contre des chorégraphes comme Neumeier, MacMillan savent ou savaient faire passer des émotions à travers leurs ballets et ce n'était pas froid et aseptisé, car je crois que c'est cela que vous reprochez à la danse d'aujourd'hui. <p>[This message has been edited by Cathy (edited November 05, 2001).]
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