
<BR>Coppélia<BR>Ballet de l'Opéra de Bordeaux<P>Coppélia - Spectacle du 16 juin 2001<BR>Théâtre du Châtelet<BR>Ballet de l'Opéra de Bordeaux<P><B>Coppélia</B><BR>Musique : Léo Delibes<BR>Chorégraphie : Charles Jude<BR>Costumes : Philippe Binot<BR>Décors : Giulio Achilli<BR>Orchestre National Bordeaux Aquitaine<BR>Direction : Thomas Rosner.<P>N'ayant pu aller hier voir la première de Coppélia, pour cause de première de Roméo et Juliette, je n'ai vu que la deuxième distribution, mais quel régal !<P>A défaut de Cendrillon initialement prévue, Charles Jude et le ballet de l'Opéra de Bordeaux nous présente sa version de Coppélia, créée à Bordeaux en 1999. <P>Si l'argument est semblable au livret original, de même que le découpage des scènes, Charles Jude a situé l'action aux USA vers 1950. Ici point de Swanilda, mais Swanie, point de Frantz mais Fonzie. Coppelius habite un immeuble avec ascenseur mais sa poupée regarde toujours par la fenêtre. <BR>Par contre pas de mazurka, mais une danse enjouée pour marins en permission. Swanie est toujours entourée de ses amies téméraires ou peureuses.<P>Si la chorégraphie garde le découpage des scènes initiales, elle évoque irresistiblement les comédies musicales de 1950, mais par d'infimes détails fait penser à l'original, port de bras à la polonaise, ou frappés de pieds semblables, mais ici point de bottes. Toutefois elle reste toutefois classique même si les amies de Swanie sont vêtues de robes 1950 à imprimés fleuris verts clairs sur pointes et les citadines sont en robe de madras colorés et en chaussures. Il y a également des barmaids style vamps en petites robes et chaussures et des jeunes hommes de la ville en pantalons et chemises colorées. <P>La relecture de Charles Jude bien que fidèle au livret, est plus originale dans sa chorégraphie que celle de Patrice Bart réglée pour l'Opéra de Paris, il y a cinq ans maintenant. Il a su rajeunir le ballet tout en gardant l'atmosphère hoffmanienne de l'histoire, il a su en plus l'impregner d'humour et de tendresse.<P>Dans une cité grise américaine, le premier acte s'ouvre sur la variation de Swanie en robe rose. A gauche se trouve toujours la maison de Swanie à droite l'immeuble de Coppélius.<P>Hélène Ballon incarne une héroine charmante, pétillante, à la technique presque parfaite et au lyrisme certain. A ses côtés Fonzie est interprété par Brice Bardot qui fait forte impression techniquement dans sa variation d'entrée, il campe un marin insouciant toujours subjuguée par Coppélia.<P>Les petites amies sont parfaites de même que les amis marins de Fonzie. Jude leur a d'ailleurs réglé une très belle scène d'ensemble où ils peuvent mettre en valeur leur technique de saut. <P>La scène du papillon est remplacée par une scène avec un ballon crevé par Fonzie, la ballade de l'épi de blé se transforme en pas de deux langoureux pour les deux héros, enfin le thème varié permet d'apprécier les talents techniques des deux héros dans les variations où s'enchainent les difficultés. Hélène Ballon montre d'ailleurs dans celle-là de très beaux tours attitudes. <BR>L'acte 1 se termine comme d'habitude par l'arrivée d'un Coppélius, style mafioso, toujours importuné par les amis de Fonzie, et incarné avec génie par Charles Jude. Celui-ci a une manière de bouger extraordinaire et encore un fort charisme. <P>Fonzie rejoint l'atelier de Coppélius par les escaliers extérieurs typiquement américains, alors que Swanie gagne celui-ci grâce à un ascenseur.<P>Le premier tableau du second acte se déroule comme d'habitude dans l'atelier de Coppélius où s'entassent toutes sortes d'automates plus fous les uns que les autres, singe à cymbales, chinois, et autres créations fantasmagoriques, robots téléguidés. Coppélius endort toujours Fonzie après un pdd pour les deux hommes où Charles Jude fait encore forte impression par la qualité de ses sauts face au jeune Brice Bardot.<P>Pour rendre encore plus magique ce tableau, Charles Jude a demandé l'aide de Gérard Majax pour réussir des tours de magie, ainsi, Swanie se retrouve vêtue d'un seul coup de cape en espagnole ou en robe écossaise. Charles Jude est fantastique dans l'introduction de la gigue où il montre les pas à Swanie. Hélène Ballon après une très bonne scène de l'automate, est une espagnole convaincante, et sa gigue est également parfaite.<P>Swanie comme à son habitude dupe Coppélius qui reste à valser seul avec sa poupée, un peu comme dans la version de Roland Petit, lorsque celle-ci s'échappe avec Fonzie. Et perd l'esprit entouré par ses automates qui saccagent tout.<P>Le troisième acte voit le mariage de Swanie et Fonzie célébré par le Capitaine du navire de celui-ci. Si Jude n'a pas gardé la partition entière du 3e acte, il a laissé une danse pour les amies et marins. Dans le pdd, Brice Bardot est encore magnifique dans sa variation où les pas académiques côtoient les mouvements plus jazz alors qu'Hélène Ballon montre quelques imprécisions dans ses fins de pirouettes. La musique de sa variation est d'ailleurs une interpolation.<P>Le ballet s'achève par une danse d'ensemble, mélange là encore de classicisme et de jazz, parfaitement réglée et où l'on peut encore apprécier la qualité des doubles assemblés de Brice Bardot. Tout finit comme dans un film avec le THE END traditionnel, lettres portées par les barmaids.<P>Coppélia de Jude est vraiment une réussite et nous présente une troupe jeune, vive, enthousiaste. Sa version de Coppélia rajeunie est vraiment un petit régal, bon enfant, agréable à voir. D'ailleurs le public réserve un triomphe à tous les danseurs.<P>A noter la qualité de l'Orchestre de Bordeaux Aquitaine qui interprète avec brio la magnique partition de Delibes. <BR><p>[This message has been edited by Cathy (edited June 24, 2001).]