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La saison qui vient de s'écouler a été fructueuse pour le Théâtre de la Ville, lieu de diffusion et de création en danse contemporaine. En vrac,les articles prochains concernant ces spectacles écoulés sont écrits afin de vous faire partager des coups de coeur qui on particulièrement touché le public. <P>La danse contemporaine possède un grand nombre de courants, ce qui en fait l'extrême richesse des créations et la pluralité de ses chorégraphes. Ce premier "rappel" est lancé envers "Requiem" d'Ea Sola, chorégraphe vietnamienne qui connaît bien la France puisqu'elle y a effectuée une partie de sa formation. <P>Révélée en 1997 au grand public avec "Sécheresse et plui", elle termine avec "Requiem" un cycle de travail basé sur la mémoire. Mémoire d'une vie, mémoire d'un peuple, mémoire de gestes, mémoire de corps traversés parune tradition mais aussi mémoire d'une danse qui offre une extrême modernité à travers la qualité de sa composition chorégraphique. Ea Sola réussit à faire une création contemporaine avec des éléments de mémoire, elle est une chorégraphe qui travaille à sa manière l'histoire de la dnse. <P>Celle-ci mêle sur scène danseurs professionnels et amateurs, chanteuses vietnamiennes a capella et musiciens traditionnels, musique orchestrée et sons originaux. La pièce rend à la fois une nostalgie et une force de révélation, un surpassement qui permet à la chorégraphe-interprète d'aborder une nouvelle étape dans son parcours. "Requiem" clôt un cycle de création, peut être même la carrière de la chorégraphe, si l'on en croit ses dernières interviews. <P>C'est pourtant une pièce complètement aboutie où tout est danse, dans la confrontation des corps (vieux / jeune, danseurs / non danseurs, corps blessé / corps intègre, corps chanteurs / corps musiciens / corps danseurs, solo / groupe). les catégories explosent dans la multitude et la puissance déclenchée par l'ensemble. Une force progresse et désintègre ces différences. C'est en quelque sorte le rassemblement dans un éparpillement structuré. <P>Cependant, il ne faut pas se tromper, ce n'est en aucune manière une pièce dite "identitaire". Bien sûr, le corps dansant d'Ea Sola est un corps politique bridé par une histoire violente, celle du Vietnam et de l'exil, mais la danse ne prend pas ce parti. Et même si les gestes qui surgissent parfois en un éclair tracent dans la chair la mémoire vive de ces corps, le "Requiem" de cette communauté de danseurs n'est pas un chant de mort mais une exaltation bien vivante du corps dansant.
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