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Représentation du vendredi 23 novembre.<BR>Nikiya : Agnès Letestu, Solor : José Martinez, Gamzatti : E. Abbagnato<P>Evénement, je voyais la Bayadère pour la première fois ! Certains ballets vous captivent immédiatement, dès l'ouverture du rideau. ¨Pour moi, ce ne fut pas le cas hier soir. La musique de Minkus n'a pas su me charmer et le ballet débute avec, pour mon goût, trop d'évolutions théâtrales non dansées (le Rajah, le Grand Bramane, imposants dans leurs magnifiques costumes, mais … oserais-je dire un brin ennuyeux à mes yeux ?) Par contre, Agnès Letestu m'a ravie d'emblée, flexible, longue, racée, avec une grâce ondoyante et des bras à la souplesse exquise convenant admirablement au rôle de Nikiya. Le pas de deux Solor-Nikiya fut élégant et parfaitement dansé. La danse Djampo, avec Isabelle Ciaravola et Fanny Fiat, fut un petit chef-d'œuvre salué d'une jolie salve d'applaudissements.<BR>Bien entendu, après tout ce que j'avais lu sur ce forum concernant Eleonora Abbagneto (que ne n'avais pas vue danser depuis l'Ecole de danse), j'étais impatiente de me faire une idée. Surprise ! Eleonora est beaucoup plus petite qu'Agnès Letestu ! Cette disparité nuit au caractère dramatique de la confrontation Nikiya - Gamzatti, en dépit du maintien absolument royal d'Eleonora. Dommage, vraiment ! <P>Acte II : la fête ! La musique éclate, les divertissements se succèdent, brillamment enlevés. Danse des éventails, danse des perroquets…ensemble parfait, aisance, grâce des jupes légères et brillantes s'arrondissant de temps à autre toutes en même temps (ah, que la danse classique gagne à mes yeux lorsqu'elle est débarrassée de ses tutus trop raides !). Yann Bridard fut une très belle idole dorée à la danse puissante, entouré de sa brochette de négrillons malicieux (quel âge ont donc ces petits élèves de l'Ecole de danse ? Certainement pas plus de neuf-dix ans et déjà quel humour dans les attitudes, quel ensemble remarquable !). Mélanie Hurel fut une charmante Manou, dans un rôle qui semble lui être coutumier. Surprenante, la danse indienne m'a amusée, avec une Fanny Fiat très alerte et gaie. <BR>Enfin Abbagnato ! eh bien, pour ma part je n'ai eu aucun plaisir à la voir danser, j'étais aussi crispée que lorsque je regarde les patineurs à la télévision et crains à tout moment de les voir perdre l'équilibre. Eleonora ne me semblait pas sûre d'elle, avec une contradiction dérangeante entre son maintien empreint de fierté et un manque total de virtuosité technique (pas spécifiquement dans la coda d'ailleurs, mais dès l'adage avec Solor). Je ne suis pas suffisamment expérimentée pour être bon juge, mais il me semble que le rôle dansé de Gamzatti - assez court au demeurant - exigerait une perfection implacable, un brillant à couper le souffle de sa rivale et celui des spectateurs. Or je n'ai pas eu cette impression.<BR>Par opposition, la variation de Nikiya avec la corbeille de fleurs semblait un rêve. Des gestes si longs, coulés, parfaits sans ostentation, une technique si totalement maîtrisée qu'elle laisse toute la place à l'expression des sentiments. La salle croulait sous les applaudissements !<P>Acte III : <BR>Magnifique variation de Solor ! Le royaume des songes et de la nuit met en valeur le jeu de José Martinez plus que les bigarrures de la cour du Radjah. <BR>Les ombres envahissent peu à peu le plateau, la mise en scène et la chorégraphie sont superbes. Jolie prestation de la première ombre (Isabelle Ciaravola). Et voici Laetitia Pujol, merveilleuse ! La grâce incarnée, une variation exécutée comme dans un rêve, avec une technique pure et une légèreté exquise. Un très grand moment de classique pendant lequel le public retenait son souffle.<BR>Applaudie à l'extrême, Laetitia a quelque peu porté ombrage à Delphine Moussin qui incarnait la troisième ombre.<BR>Dernier tableau : Adage de Solor et Nikiya avec le voile. Un seul mot : sublime ! Accord parfait, émotion, puissance et légèreté… si c'était possible, Agnès Letestu et José Martinez, son compagnon sur danse et dans la vie, mériteraient d'être consacrés étoiles une fois de plus.<BR>
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