Autoportrait en Sperme de Perroquet
Oui, Jan Fabre est au Louvre. Il s'agit apparemment de la première fois que le Louvre présente ‘l'oeuvre’ d'un artiste qui se dit ‘vivant’.
« Tombeau dont il faut réveiller les morts ». Ce sont les mots de M. Fabre pour décrire cette glorieuse institution publique qu’est le Louvre.
Le Musée national étant lui-aussi concerné par la privatisation rampante, j’ose suggérer que ceci a quelque chose à voir avec cela, et que M. Fabre, qui dit avoir préparé son exposition « très lentement, pendant plus de trois ans et (...) parcouru les salles plus de cinquante fois» n’aura pas fait tout ces aller-retour Paris-Bruxelles à ses propres frais.
Quoiqu’il en soit, et selon un article paru dans 'Point de Vue', ce 10 avril dernier la Reine Paola de Belgique a déplacé son auguste personne pour le vernissage au Louvre de celui que la revue définit comme son « plasticien préféré ».
Et effectivement, la Reine semblerait apprécier particulièrement Jan Fabre.
Voici que l’on peut lirer sur le Blog EgyptoMusée,
« Jan Fabre (est) .... approché par la reine Paola de Belgique, une de ses plus ferventes admiratrices, afin de décorer le plafond de la Salle des Glaces du Palais Royal de Bruxelles. (Il) ... ‘accoucha’ en 2002 de cette décoration pour le moins extravagante : 1,6 million d'élytres elliptiques, de carapaces de scarabées de près de 2, 7 cm revêtent le plafond de la salle et en ornent le grand lustre.
« Cette imposante réalisation qui confine à l'exploit, représente le travail d'une trentaine d'assistants qui, trois mois durant, ont oeuvré à ce gigantesque collage. L'histoire raconte (ou la légende ?) que la reine elle-même serait montée sur les échafaudages et aurait participé avec beaucoup d'entrain à coller des carapaces de scarabées. »
Ainsi, Paola Margherita Giuseppina Maria Consiglia, Princesse Ruffo di Calabria, Reine des Belges, orne sa demeure de millions d’insectes morts. Par contre, les caisses seraient ‘vides’, ici en Europe, en ce qui concerne les écoles, les hôpitaux, les infrastructures et services publics.
Passons. Si l’Amuseur de la Cour qu’est Jan Fabre se contentait de massacrer de l’insecte, cela resterait au niveau de l’écologie insectoïde.
Cela va plus loin.
Pour mémoire, voici une relation dépouillée de tout détail ‘inconvenant’, de son spectacle ‘The Crying Body’ de 2005,
« (...) présenté au Théâtre de la Ville de Paris, en présence du ministre Renaud Donnedieu de Vabres. On y vit - et on en retint surtout - des acteurs qui injurient le public, procèdent à des séances de masturbation, des danseuses qui urinent sur scène et un congénère qui danse dans la flaque en éclaboussant une dame du premier rang (...) Je ne pense pas que l'on refera la Bataille d'Hernani sur un spectacle que l'on vit presque à l'identique en d'autres ‘théâtres’ de la rue St-Denis (...) » (Sur
http://www.art-memoires.com/index.html).
En un mot, Jan Fabre est surtout connu et apprécié comme pornographe, et pas de la plus belle espèce, dans un pays où l’on fait bon accueil à ladite espèce et où la présence massive du quartier général de l’OTAN, de l’UNESCO et de mainte autre institution supranationale autorise certaines interrogations.
Du site officiel de Jan Fabre,
« Troubleyn/Jan Fabre [sa troupe théâtrale] est structurellement subventionné par la Communauté Flamande, la Province d'Anvers et la Ville d'Anvers. La rénovation du Troubleyntheater a été financée avec des fonds de la Communauté Flamande et de la Ville d'Anvers, avec des fonds propres et grâce à du sponsoring. Chaque année, Troubleyn/Jan Fabre reçoit une subvention de Lotto/La Loterie Nationale. Troubleyn/Jan Fabre est artiste en résidence au théâtre deSingel, Anvers, Belgique. 'Histoire des larmes' a été subventionné par la Commission Européenne 'culture 2000' (...)
"Jan Fabre plasticien, auteur et metteur en scène, et sa troupe de théâtre Troubleyn ont été nommés, pour 5 ans, Ambassadeurs Culturels de l'Unesco-IHE Institut pour l'Education à l'Eau. »
Le lecteur adulte est invité à consulter sur ce même site officiel de Fabre la rubrique ‘Quando l’uomo principale è una donna’. Il est permis de penser que le plus Hard n’y paraît pas.
Il se fait aussi que Jan Fabre collabore avec le non-inconnu Bill Forsythe. Ainsi, l’un de ses Projets 2008 serait une reprise de ‘L’Ange de la mort’ :
« (...) l'histoire de trois ‘esprits’ qui se rencontrent grâce à la plume de l'auteur. Le premier est celui de Warhol, le second celui de William Forsythe, à qui la production est dédiée. (...) Entre ces deux personnages, Fabre a identifié une série de points communs doublée d'une ressemblance physique (...) une foule d'éléments qui nourrissent sa fascination de la transformation, de la beauté du sexospécifique (...) C'est comme s'il évoluait, à la fois mort et vivant, dans un espace post-mortem
"(...) Cette installation consiste en quatre écrans géants disposés en carré et formant donc une sorte d'enceinte. Sur tout le pourtour intérieur de cette enceinte se trouve un mini podium où Ivana Jozic prend place et engage un dialogue avec les images du film projeté sur les écrans. Ce film montre William Forsythe qui danse et récite le texte de ‘Ange de la mort’ au musée d'anatomie de Montpellier. »
Or, semble-t-il, Paola Margherita Giuseppina Maria Consiglia – qui ne peut pas, matériellement, ignorer ce à quoi s’adonne Jan Fabre - voudrait que l’on se souvienne d’elle pour autre chose. Ainsi lit-on,
« Bouleversée par ses rencontres avec les parents d'enfants disparus lors de l'affaire Dutroux en 1996, la Reine a accepté la présidence d'honneur du centre Child Focus pour les enfants disparus et sexuellement exploités. Elle milite pour la création d'un tel centre dans tous les pays européens et le fait visiter aux Premières Dames de passage en Belgique. (...)
"La Reine soutient la lutte contre la pédophilie et la pédopornographie sur Internet. Elle est membre du comité honoraire du Centre International pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (ICMEC). » (Site Internet, Quai des Belges).
Au Louvre, en tout cas, sous cette oeuvre capitale qu’est ‘La Nef des Fous’ de Jérôme Bosch, Fabre a placé des oiseaux qui ch(....)ent.
Toujours selon ‘Point de Vue’, Notre plasticien aurait eu un ‘coup de coeur’ pour le ‘Portrait de Johannes Meerman, bourgmestre de Leyde et sa famille’, peint par Van Slingelandt en 1668. « J’y ai remarqué la présence curieuse d’un petit perroquet. J’ai tout de suite demandé au Louvre de décrocher cette toile pour l’accrocher avec mes dessins de sperme de perroquet».
Autoportrait ?
Lorsqu’un individu isolé affiche une fascination avec le corps humain comme chair, détaché de l’âme et de l’esprit qui font qu’il s’agit d’un homme et non d’un insecte, on appelle cela ‘perversion’.
Lorsque des gens de pouvoir et d’influence se saisissent d’un tel pervers et en font un personnage officiel, il existe des mots pour cela, que je m’abstiendrai de prononcer sur un site consacré à la danse.