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Ballet National de Paris

'Les Mirages', Lifar

by Charlotte Imbault

Représentation du Mardi 10 octobre 2006 - Opéra National de Paris

Avec ‘Les Mirages’, Lifar nous offre un véritable poème-ballet, reflet de toute l’époque créatrice du début du siècle, faisant entrer le rêve dans la réalité pour une réalité rêvée. Cet ouvrage de Lifar est un de ses plus beaux ballets narratif, moins pour la démonstration du talent chorégraphique que pour la mise en valeur de l’interprétation des deux danseurs principaux dans les rôles du Jeune Homme et de l’Ombre. Ce soir, mardi 10 octobre, Marie-Agnès Gillot et Nicolas Le Riche sont distribués. Décors, costumes, musique, successions de différents tableaux chorégraphiques: tout concourt à nous plonger dans ce conte entre ombres et lumières, inconscient et réalité, mirages et vérité. Avant même le commencement, le spectateur est prévenu, la longue introduction musicale, rideau fermé sert de transition entre le réel de la salle et le spectacle de la scène.

C’est le héros qui donne le rythme du ballet. Son rôle est très intense. S’il ne danse pas pendant toute la représentation, il est quasiment omniprésent sur scène. Nicolas Le Riche fait preuve d’un grand sens théâtral insufflant une belle énergie. Le spectateur suit le fil des désirs du héros, de sa vie. Il est le maître des décors. S’il nous emmène dans le monde des songes c’est pour mieux revenir dans sa réalité, celle des paysans avec le souvenir du rêve, qui le suit comme son Ombre.

Ainsi, c’est avec vigueur que Nicolas Le Riche tourne la grande clef des songes. Dans le décor en illusion marbré, véritable temple de la nuit, disparaît la lune, une femme rousse de blanc vêtue et les deux créatures qui l’accompagnent, faisant écho à l’après-midi d’un faune, pour laisser place à la succession des différents mirages. S’enchaînent alors les tableaux aux juxtapositions inattendues: un fou à clochettes, des hommes noirs en plumes, une princesse rose perlée, une fée bleue pailletée et plumée. Nos yeux « touchent » le surréalisme ! Toutes ses richesses contrastent avec l’austérité de l’Ombre du Jeune Homme, magnifique Marie-Agnès Gillot. Céleste, majestueuse, longiligne, la danseuse étoile nous présente une Ombre d’une très belle intensité. Des mouvements précis, tranchants, Marie-Agnès Gillot dégage une onde de générosité qui envahit la scène. L’Ombre pointe son doigt vers le ciel, vers le public. Ouvre-t-elle les yeux du héros sur ce monde illusoire ? Détient-elle la vérité ? Le jour se lève, changement de décor. Apparaît devant nous la réalité paysanne. Le héros a rêvé, il se réveille avec son Ombre. Ce passage est terriblement émouvant. Les deux interprètes sont transcendés. Les enchaînements de pas sont parfaitement symétriques, si bien qu’on ne les voit plus. On accède à ce pur instant de bonheur : une abstraction dans l’émotion. Duo incroyable d’écoute, d’échange et d’attention. La symbiose est parfaite.

L’Ombre qui le ramène à la réalité est aussi le seul témoin de ses songes. La dichotomie apparente entre le monde paysan et celui des rêves s’estompe. Le rêve est à la réalité ce que l’Ombre est au Jeune homme : indissociable. Le spectateur sort nourri de la beauté du spectacle, porté par ces deux interprètes exceptionnels : il n’y a pas de rêve sans réalité et pas de réalité sans rêve.

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