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Un Cdnaute à Moscou 2

Ecole de danse du Bolchoï, spectacle en soirée

Par Jean-Luc Donay

Représentation du 2 juin 2004, Théâtre du Bolchoï, Moscou

 

Déjà il est 18h00, il est temps de partir pour le théâtre, les spectacles en soirée commençant à 19h00. Je me réjouis de voir les élèves de cette prestigieuse école, d’autant que comme certains d’entre vous, j’ai aussi vu le reportage sur Arte, qui a été diffusé la veille de mon départ.

Comme ce midi, je dois pénétrer à l’intérieur du théâtre, et comme par un fait exprès, je retombe sur le même agent de sécurité ! Cette fois, Sacha me laisse faire seul la "manœuvre" pour savoir si tout marche bien.

Je présente le mot "magique" mais le monsieur costaud me regarde d’un air soupçonneux. Il m’a déjà vu quelque part, mais où donc ? Il refuse de me laisser passer. Je ne me démonte pas, et comme tout à l’heure, je reste planté devant lui, bien incapable de lui dire quoi que ce soit en Russe. Au bout de cinq minutes, il me fait signe de passer. Décidément je ne comprends rien à sa tactique mais peu importe : le principal est de rentrer !

Comme tout à l’heure, je donne mes affaires au vestiaire et la dame me propose gentiment des jumelles que je refuse. Le vestiaire est encore gratuit cette fois. Par contre, j’achète le programme puis je gagne ma place. Je découvre le menu de ce soir qui est très varié et fort alléchant :

- la première partie comprend l’acte 2 complet du Lac des Cygnes dans la version de Youri Grigorovitch

- la deuxième partie est un programme mixte composé de pas d’ensemble, de pas de deux, et de pas de trois.

Presque tous les élèves participant à ce gala sont en dernière année à l’école (7ème année). Mais déjà les lumières baissent, et en refermant le programme je m’aperçois que le titre du spectacle fait très officiel : "Gala Concert de l’Académie Chorégraphique d’Etat de Moscou"...... Le chef d'orchestre (Alexandre Vedernikov) fait son entrée.


Première partie : Acte 2 du Lac des Cygnes


Natalia Ossipova (Odette)

Maxime Potchivalenko (Siegfried)

Roman Yakouchev (Le Mauvais Génie).

Dès son entrée, Natalia Ossipova me fait forte impression : elle est très jeune et déjà la technique est magnifique. Les ports de bras sont un peu secs par rapport à ses aînées, mais ils sont toujours bien placés, chaque pose étant idéale pour une photographie!

Elle possède de très beaux levers de jambes, de magnifiques arabesques et une belle cambrure de pied. Je m’attendais à ce qu’elle abuse de six o’clock, vu les facilités qu’elle a, mais en fait pas du tout. L’adage et la variation étaient très bien démontrant une technique et une propreté évidentes. : la diagonale de tours était impeccable, ainsi que la coda. Mais... tout cela manquait malheureusement d’émotion. Bien sûr, bien danser le Lac des Cygnes est un véritable défi pour une ballerine confirmée, mais là il s’agit d’une élève! Le travail qu’elle a présenté est déjà très prometteur. Ce qui m’a gêné un peu aussi c’est sa petite taille. Peut-être grandira-t-elle encore d’ici quelques années, mais il m’a semblé qu’elle était plus petite que ses camarades du Corps de Ballet.

Maxime Potchivalenko était correct, le duo fonctionnant parfaitement. Ici, point de démonstration technique brillante puisqu’il ne fait que le pas-de-deux mais ses qualités de partenaire n’ont pas fait défaut. La pantomime est assez restreinte ici, donc il est difficile d’établir un véritable jugement.

Roman Yakouchev possède de jolis sauts et son jeu démoniaque paraît tout à fait crédible.

Quant au "Corps de Ballet", je retrouve ici l’embryon de ce que j’ai vu à Paris : des sauts légers avec de jolies extensions pendant l’entrée des Cygnes (à quoi bon lever les jambes le plus haut possible?), les bras et les têtes sont parfaitement placés. L’ensemble est déjà très professionnel.

Les Petits Cygnes furent précis et ensemble, le travail des pieds pendant les échappés/entrechats étant très propre. En revanche, le tempo adopté était pour ce pas-de-quatre plus lent que d’ordinaire, mais c’était tout à fait acceptable !

Les Grands Cygnes (au nombre de trois) étaient également très ensemble et toutes ont levé les jambes avec une facilité incroyable...!

A la fin de cette première partie, je suis déjà très impressionné par le niveau de l’ensemble et de l’atmosphère plutôt réussie qu’ils ont su créer malgré leur jeune âge.


Deuxième partie : programme mixte

- Polonaise (Alabiev/Vikhrev) pour huit couples et trois solistes

- Pas de deux de la Fête des Fleurs à Genzano (Helsted/Bournonville)

- Variation de Colas de la Fille Mal Gardée (Hertel/Gorsky)

- Pas de deux "Désespoir" (Prokoviev/Jacobson) extrait des Miniatures de Rodin

- Pas de trois "l’Océan et les Perles" (Drigo/Petipa) extrait du Petit Cheval Bossu

- Pas de deux "Don Quichotte le villageois" (Zaritsky/Jacobson)

- Pas des Indiens (Minkus/Petipa) extrait de La Bayadère.

Je ne peux pas parler de tout dans les détails, mais l’impression générale de cette deuxième partie fut plutôt très positive. Tous les élèves ne possèdent pas une technique hors-pair, mais aucune élève n’est retombée de ses pointes par exemple, et dans l’ensemble les pirouettes étaient toujours réussies et la danse était légère. Beaucoup de filles ont de beaux levers de jambes; dans les Pas de deux je n’ai remarqué aucun problème de partenariat; à noter que souvent les tempi adoptés étaient plus lents que d’habitude (pour les ballets que je connaissais bien sûr). Sur le programme, Nikolaï Tsiskaridzé figure en tant que consultant.

En résumé, la soirée fut très intéressante et très enrichissante pour moi. L’enseignement de cette école est vraiment de haut niveau, mais c’était presque une évidence! En voyant les petits défauts encore décelables chez certains élèves, je comprends mieux où se situent les difficultés de la danse qu’ils nous proposent, et combien les critères attendus sont différents de l’Ecole de Nanterre. Les différences avec l’Ecole de l’Opéra de Paris sont que la scolarité est plus longue (sept années) et qu'elle comprend un important cycle d’études musicales.

Cela se voit sur scène, car tous sont déjà très musicaux. Sur le plan de la danse, les choses qu’on attend prioritairement des élèves sont également différentes par rapport à Paris : plus de légèreté, une danse brillante alliée à une technique très solide et, pour les filles, les accents avec les bras sont toujours marqués (presque trop parfois!): c’est un peu paradoxal, mais les bras sont moins "mous" et en même temps ils semblent plus libres! D’un autre côté, si la danse paraît encore un peu scolaire du fait des tempi, le jeu de bas de jambes est parfois moins propre. En tous les cas, tous les élèves semblaient ravis d'être sur scène !

Cette soirée qui fit salle comble a remporté un vif succès, le public n’hésitant pas à scander quand la musique s’y prêtait !

Je sors du théâtre enchanté. Alors que je me décide à prendre une photo du théâtre en me dirigeant vers le métro, je réalise que la venue prochaine d’Alina Cojocaru et Johann Kobborg est annoncée par une immense affiche disposée entre les colonnes extérieures. Comme je m’en doutais, la venue de ces deux danseurs à la renommée internationale, est attendue avec un vif intérêt. Ils danseront les 4 et 5 juin.

 


Edited by Catherine Schemm

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