main
forum
criticaldance
features
reviews
interviews
links
gallery
whoweare
search


Subscribe to the monthly for free!


Email this page to a friend:


Advertising Information

 

Une matinée triomphale

Ballet de l’Opéra de Paris - Don Quichotte

Par Jean-Luc Donay

Représentation du 23 mai 2004, Paris, Bastille

Cet après-midi, la représentation rassemblant Dorothée Gilbert et Emmanuel Thibault était fort attendue des balletomanes. L'ambiance électrique qui régnait nous l'a rappelé dès qu'on pénétrait dans le théâtre!

Dorothée Gilbert a campé une délicieuse Kitri, très piquante, avec une virtuosité technique fort prometteuse, et le style Noureev qu'elle a parfaitement assimilé.. Son jeu était intéressant aussi, même si parfois il en fait un peu trop, mais cela n'est pas si gênant dans ce type de répertoire. La scène de la taverne, où il ré-enfonce son couteau, était bien trouvée (je n'avais jamais vu faire cela comme ça !).

Mais si sa danse est emballante quand il est seul, il semble beaucoup moins à l'aise dans les pas de deux ou adages. Je ne vais pas revenir sur tous les détails, mais sur celui qui m'a le plus frappé : au 3ème acte durant l'adage, quand il fait tourner Kitri, son expression change et on le sent effrayé de ne pas "assurer". Cela donne un côté plutôt "comique" à la scène alors que celle-ci devrait être très solennelle avec un Basilio ému mais toujours fier et sûr de lui. C'est dommage. Je ne suis pas particulièrement fan d'Emmanuel Thibault, mais je dois reconnaître que sa performance m'a agréablement surpris. Par ailleurs, le rôle de Basilio lui va assez bien, mais n'oublions pas qu'il s'agit là d'un rôle de caractère, et non un rôle de Prince.

Laurence Laffon a été également à la hauteur des espérances attendues en reine des Dryades. Bien qu'un peu sèche au départ, elle a enlevé sa variation avec légèreté et une assurance technique certaine, malgré une petite faute au tout début de ses fouettés à l'italienne mais qu'elle a su rattraper aussi.

En Cupidon, Juliane Mathis ne m'a pas beaucoup convaincu. Elle n'était pas assez "coquine" à mon goût et manquait singulièrement de légèreté dans le pas d'ensemble. Sa variation était bien, mais sans plus.

Eve Grinsztajn et Christophe Duquenne formaient un couple très assorti. J'ai beaucoup aimé Eve Grinsztajn, mais j'ai trouvé qu'elle avait beaucoup trop de classe pour ce rôle de prostituée. Elle possède néanmoins un joli style. Son partenaire fut très intéressant et "macho" à souhait...!

Young-Geol Kim (Le Gitan) m'a beaucoup déçu... Il manquait particulièrement d'énergie, et m'a semblé ramolli comme tout. Il n'y avait aucune expression dans son visage. Je crois que c'est la première fois que je le vois dans un rôle aussi important, mais j'ai bien l'impression que ce rôle ne lui convient pas beaucoup.

Myriam Ould-Braham et Mathilde Froustey, en amies de Kitri étaient très bien, ensemble avec de très jolis sauts au 1er acte dans le pas d'action. Elles n'ont malheureusement pas le style requis par Rudolf Noureev, ce qui gâche un peu l'impression générale. Julie Martel en Demoiselle d'Honneur fut intéressante, avec de jolis tours attitudes, mais cela manquait hélas d'un peu de panache.

Le Corps de Ballet manquait d'ensemble parfois (notamment dans la scène du rêve) mais qu'importe, ils semblaient être galvanisés ! L'orchestre fut, de mémoire, bien plus dynamique que lors de la reprise d'il y a deux ans, sous la direction de Paul Connelly.

En bref, un excellent spectacle et un succès immense pour les solistes. Une matinée que je ne suis pas prêt d'oublier, assurée par les plus jeunes danseurs de la compagnie, puisque le grade le plus haut était celui de sujet...

Tous les espoirs sont permis !


Edited by Cathy

Read related stories in the press and see what others are saying. Click here.

 

about uswriters' guidelinesfaqprivacy policycopyright noticeadvertisingcontact us