main
forum
criticaldance
features
reviews
interviews
links
gallery
whoweare
search


Subscribe to the monthly for free!


Email this page to a friend:


Advertising Information

 

Une étoile en devenir  

Ballet de l’Opéra de Paris - 'Don Quichotte'

Par Catherine Schemm

Représentation du 14 mai 2004, Paris, Bastille

Agnès Letestu (Kitri) – Mathieu Ganio (Basilio) – Karl Paquette (Espada) – Karin Averty (la Danseuse des rues) – Aurore Cordellier (la Reine des Dryades) – Mélanie Hurel (Cupidon) – Dorothée Gilbert (la demoiselle d’honneur) – Kim Young Geol (le Gitan) – Vanessa Legassy et Sabrina Mallem (Les amies de Kitri) – Jean-Marie Didière (Don Quichotte) – Laurent Novis (Gamache) – Richard Wilk (Lorenzo) – Fabien Roques (Sancho Pança)

Cette série de Don Quichotte s'avère passionnante, car elle renoue avec la tradition, très en vogue sous Noureev, de programmer les jeunes espoirs du corps de ballet dans des rôles titres.

Nous ne pouvons que remercier la Direction de la danse d'avoir su donner, une fois encore, sa chance à tous ces jeunes. Il est bien évident que la valeur n'attend pas le nombre des années et que toutes les étoiles se sont toujours faites remarquées dès l'âge de 20 ans.

Agnès Letestu a eu la lourde tâche de faire, à son tour, débuter à ses côtés, dans un grand rôle du répertoire classique, Mathieu Ganio dont nous avions déjà admiré et loué toutes les qualités, lors d'Ivan le Terrible, en janvier dernier.

Celui-ci fut une fois encore étonnant, et confirme tous les espoirs que les balletomanes mettent en lui et il conquiert le public par son enthousiasme ! Avec son physique élancé, Mathieu est de cette lignée des princes, mais comme Manuel Legris ou Laurent Hilaire qui l'a fait travailler ici, il sait aussi devenir le héros canaille qu'est Basilio.

Dès son entrée, il emballe par la précision de sa danse, une technique époustouflante et surtout le grand style Noureev qui s'était quelque peu perdu. Elégance des attitudes, dos cambré du fier espagnol, tout y est. Naturellement, parfois quelques petites erreurs viennent émailler les variations, mais elles sont minimes, et tout ce qui est présenté est déjà si séduisant que nous oublions bien vite ces hésitations bien légitimes pour une aussi lourde prise de rôle.

Mathieu s'impose par sa musicalité également, et son sens du partenariat, même si les fameux portés à une main le sont à deux ici, et il est totalement calé avec sa partenaire ! Il est Basilio avec tout son entrain, sa fougue, sa gouaille et sa jeunesse. Les moment les plus impressionnants furent sans aucun doute son entrée, son manège de coupés jetés dans la coda du Grand pas de deux, son magnifique adage près du moulin et l'adage du pas de deux. Qu'il est agréable de voir une future étoile en train de se façonner sous nos yeux !

Agnès Letestu qui, comme Mathieu, eut la chance de débuter jeune se montre attentive à son nouveau partenaire, elle adapte son jeu et devient une Kitri différente à la fois vive, piquante, à la technique irréprochable.

Elle donne une leçon de style dans le grand pas de deux final avec de superbes équilibres, nous offre une vision de Dulcinée de toute beauté, cisèle sa variation du troisième acte et une magnifique variation aux castagnettes qu'elle fait claquer tout le long. La tradition se perpétue et Agnès transmet ainsi le flambeau à son cadet.

Dans les autres rôles, Aurore Cordellier fut remarquable dans sa reine des Dryades, avec une variation enlevée avec maestria, malgré des réceptions assez bruyantes, par contre, elle n'est pas encore assez royale dans l'entrée du tableau. Mélanie Hurel fut ce soir un Cupidon plus vif et plus enjoué que le soir de la première, même si elle n’est pas tout à fait le personnage.

Karin Averty est une danseuse des rues telle que Noureev la souhaitait, vulgaire ce qu'il faut et techniquement quasi impeccable, dommage qu'elle ne refasse plus le rôle de Kitri. Karl Paquette en Espada paraît en retrait techniquement, pourtant le danseur ne démérite pas au niveau de l’interprétation et campe un fier matador.

Dorothée Gilbert fut une fois encore extraordinaire en demoiselle d'honneur. A haque fois, elle trouve de nouveaux détails à mettre en valeur, comme ce grand dégagé seconde tenu en équilibre, ces pirouettes ralenties et accélérées, elle se joue des difficultés. Elle est chaque fois différente, et tout semble tellement facile !

Sabrina Mallem et Vanessa Legassy rivalisent de charme dans les amies, même si techniquement la première semble ici plus à l'aise que la seconde ! Kim Young Geol est un gitan honnête, mais sans grand relief. Enfin Laurent Novis est toujours aussi savoureux en Gamache, Jean-Marie Didière toujours aussi rêveur, Richard Wilk campe un Lorenzo, stupide à souhait, par contre Fabien Roques manque un peu de fougue dans le rôle de Sancho Pança.

Le public ne s'y est pas trompé et a réservé un triomphe à cette distribution que n'aurait pas reniée Rudolf Noureev.

A l’issue de la représentation du 20 mai, Mathieu Ganio dont nous avions loué les qualités exceptionnelles a été nommé Danseur Etoile !

 


Edited by Cathy

Read related stories in the press and see what others are saying. Click here.

 

about uswriters' guidelinesfaqprivacy policycopyright noticeadvertisingcontact us