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Une soirée quelque peu ennuyeuse

Ballet de l’Opéra de Paris - 'Don Quichotte'

Par Catherine Schemm

Représentation du 11 mai 2004, Paris, Bastille

Laetitia Pujol (Kitri) – Benjamin Pech (Basilio) – Yann Bridard (Espada) – Eve Grinsztajn (la Danseuse des rues) – Isabelle Ciaravola (la Reine des Dryades) – Mélanie Hurel (Cupidon) – Dorothée Gilbert (la demoiselle d’honneur) – Alessio Carbone (le Gitan) – Laurence Laffon et Muriel Hallé (Les amies de Kitri) – Jean-Marie Didière (Don Quichotte) – Laurent Novis (Gamache) – Richard Wilk (Lorenzo) – Fabien Roques (Sancho Pança)

Depuis 1980, l’Opéra de Paris possède la production Noureev de Don Quichotte . Créée dans les décors et costumes de Nicholas Georgiadis, elle subit une seconde naissance lors de son passage à Bastille en 2002, avec de nouveaux décors et costumes, signés respectivement Alexandre Belaiev et Elena Rivkina. Cette nouvelle production, moins originale que celle de Georgiadis offre une Espagne plus stéréotypée, où Barcelone ressemble à Salamanque et ses environs à Avila. Aux couleurs rouges et brunes de l’ancienne production succèdent des costumes pastels qui ne sont pas sans évoquer les tableaux de Goya.

Cette série de représentations de Don Quichotte , intéressante sur le papier par les nombreuses prises de rôle, a malheureusement débuté de manière quelque peu laborieuse, et la fatigue semblait déjà être sur le corps de ballet qui manquait terriblement de fougue au premier acte, Barcelone était bien trop calme !

Quelques éléments sortent quand même du rang à commencer par Sébastien Bertaud, que ce soit en pêcheur ou en gitan, ou Natacha Quernet dont nous admirons le métier et la joie d'être sur scène.

Pour cette reprise, Laetitia Pujol retrouvait le rôle qui lui valut sa nomination d'étoile, il y a deux ans. Son jeu n'a que peu varié et ne présente guère d'évolution, au cours de la soirée. Si elle est outrancière au premier acte, elle s’étiole au fil des actes. Elle affiche curieusement moins de présence que lors de sa prise de rôle. Techniquement elle est parfaite, et se joue de toutes les difficultés mais elle manque singulièrement de musicalité notamment dans la variation des castagnettes au premier acte, ou lors de la vision au second acte.

Benjamin Pech est par contre un Basilio parfait au jeu intéressant, à la danse étincelante, dommage qu'il n'y ait pas d'alchimie avec sa partenaire avec qui il se montre pourtant très attentif. Sa variation d’entrée est absolument parfaite, de même que sa variation du troisième acte terminée par deux tours en l'air enchainés, finis à genoux ! Benjamin montre quel brillant technicien il est, doublé en plus d'un acteur subtil et d'un partenaire attentif, il n'attend plus que la consécration suprême qui nous l'espérons, arrivera bientôt !

Côté prises de rôle, Eve Grinsztajn avait le redoutable honneur pour son premier rôle de soliste, de remplacer un soir de première, Delphine Moussin blessée en danseuse des rues. Visiblement crispée par le trac au premier acte, elle ne s'est pas moins sortie brillamment de toutes les embûches techniques du rôle, par contre son jeu manque un peu de relief, mais elle confirme tous les espoirs mis en elle.

A ses côtés Yann Bridard campe un Espada séducteur, mais un rien blasé, il enchaîne les difficultés avec aisance, mais semble pourtant se contenter d'un minimum, et le maniement de la cape se doit d'être revu ! Il marque néanmoins le rôle de son empreinte et de son originalité.

Au deuxième acte, Alessio Carbone campe un gitan plein de fougue, et absolument parfait, dommage qu'on ne puisse pas le découvrir dans le rôle de Basilio. Vanessa Legassy éclipse totalement Sabrina Mallem dans les gitanes. Espérons que Vanessa sera un jour récompensée pour sa constance. A noter que les gitans étaient loin d'être ensemble dans leur première danse, ce qui est rare à l'Opéra de Paris.

Dans le tableau de la vision, Isabelle Ciaravola fut absolument magnifique en Reine des dryades, elle a notamment ce qui manque à Laetitia Pujol,, dans ce tableau, à savoir ce lyrisme rare qui fait que nous ne voyons qu'elle lorsqu'elle est sur scène. Elle nous gratifie d'une variation quasi parfaite, avec ses magnifiques levers de jambe, dommage seulement que la réception des sauts soit aussi bruyante ! Et quels superbes grands jetés !

Tout comme il y a deux ans, Mélanie Hurel n'est absolument pas Cupidon, si techniquement elle est parfaite, vivacité et précision des pas sont ses atouts, mais elle manque totalement du peps et de l'espièglerie nécessaire au rôle. En effet, sans tomber dans la minauderie qui est souvent liée à cette variation, les sourires et un côté "coquin" sont nécessaires à ce rôle. Nous noterons la présence remarquable de Dorothée Gilbert et de Myriam Ould Braham en dryades.

Dorothée Gilbert est une demoiselle d'honneur absolument parfaite au troisième acte, alliant musicalité, technicité, et perfection stylistique ! Laurence Laffon et Muriel Hallé ne se sont guère montrées convaincantes dans les amies de Kitri et leur duo ne fonctionne pas suffisamment.

Laurent Novis campe un Gamache truculent, sans une once de vulgarité, et il renouvelle le personnage tout en restant dans la tradition la plus pure. Enfin Jean-Marie Didière campe une nouvelle fois, en dépit de sa retraite, Don Quichotte avec la poésie que nous lui connaissons.

Malgré les prestations des deux jeunes de la troupe à savoir Eve et Dorothée, cette soirée laisse un goût d'inachevé !

 



Edited by Cathy

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