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Opéra de Paris - 'Signes'

par Valerie Beck

27 mars, 2004 -- Opéra Bastille, Paris

Bon, d'accord, j'ai toujours beaucoup aimé Carolyn Carlson; j'ai toujours aimé la fluidité de ses mouvements, la symbiose avec la musique, la vitalité, le sens du théâtre; même lorsque certains spectacles m'ont ennuyée, ( l'un de ses derniers solos au théâtre de la ville, mais j'ai oublié le nom) il y a toujours quelque chose malgré tout qui m'a touchée et qui m'a accompagnée longtemps.
Signes est un ballet vivant; sept tableaux qui m'ont un peu rappelé le film " hero" que j'ai beaucoup aimé.

Pour chaque tableau, un climat, une libre interprétation de la couleur, au point que le corps du danseur s'efface parfois derrière le mouvement lui même. On est presque dans le domaine de la calligraphie ou le signe disparaît derrière l'énergie captée par celui qui le peint, oui c'est cela, il reste l'énergie, qui se module à chaque fois de manière différente; ou bien la perception directe du mouvement reste seule visible.

Chaque tableau m'a marqué mais il me reste surtout aujourd'hui des sensations, des images dont s'est emparé mon imaginaire propre : signe commence sobrement, derrière un rideau où est peint un sourire : première signe, dit le programme. Peu importe
Dès que le rideau transparent et peint se lève, des couleurs éclatantes, vives, pastels, sombres, froides ou chaudes naîtront tour à tour.

Le tableau en rouge, accompagnée par des glissando de guitare m'a évoqué le Texas, la chaleur, l'infini, presque l'immobilité. Celui intitulé « Loire du matin » est plein de fraîcheur. J'adore les trois silhouettes, assises sur un pont, qui agitent leurs jambes. Plein d'abandon : on sent l'été, les journées libres de toute contrainte avec la promesse que tout est possible, l'insouciance...
Dans un autre tableau, c'est le rouge et noir qui dominent, avec des sortes de roches qui sortent de la scène comme des dents gigantesques et menaçantes; les garçons en longs pantalons larges et haut moulant, rayés de rouge, évoquent à la fois des samouraïs de science fiction et ces drôles de petits insectes, "les gendarmes".

Inoubliable aussi, celui où trois danseuses en robe moulante et longue traîne, mi queue de sirène, mi robe de princesse, évoluent avec de magnifiques mouvements de bras, comme si elles étaient dans l'eau, tandis que d'autres danseuses, chacune dans une couleur différentes, animent de leur mouvement en volutes le devant d'une toile posée sur la scène.

L'avant dernier tableau où les hommes et les femmes sont moulées dans des robes ou des jupes qui collent à leur geste et portent des coiffes mi couronnes de roi, mi "mitre" crée une sorte de danse étrange, d'où l'humour n'est pas absent. Nikolais est là, quelque part, c'est sûr !

Et les rondes incessantes du dernier tableau en blanc et noir m'a rappelé la danse universelle des atomes, longs manteaux noirs ou blancs, rayés de noir ou de blanc, sauf pour les deux solistes, en noir et blanc; les silhouettes tournent, forment des rondes, disparaissent, s'associent, se séparent, se réunissent, redeviennent isolées, puis tout recommence.

Dans l'ensemble, les danseurs étaient tous très en harmonie. J'ai parlé hier de Martin Chaix, terriblement à l'aise dans ce langage, il était léger, incisif, avec beaucoup de présence; la précision de sa danse le disputait à sa grande vitalité, doublée d'une grande poésie dans les mouvements.

Yann Saiz et Amélie Lamoureux ont dansé deux duos et ils étaient tout les deux impressionnants de fluidité et de force. Amélie avait la mouvance d'un grand serpent : très impressionnant et visuellement très beau; Yann était très très présent, avec une intensité très grande dans sa danse.

Quand à Kader Belarbi : c'était une perfection!!! et en plus, il n'avait l'air de faire aucun effort : on aurait dit qu'il inventait les pas en s'amusant au fur et à mesure de la musique, de son imagination

J'ai trouvé Marie-Agnès Gillot plus en retrait, mais très sensuelle, et très sobre : avec l'air d'être là sans être là; tout à coup elle apparaissait, presque irréelle; on oubliait sa corporéité, ce contraste avec Kader était très beau. Et puis tout à coup, on voyait ses bras merveilleux, ses longues jambes qui apparaissaient, elle retrouvait un corps, et tout changeait.

La musique en elle même ne m'a ni plu, ni déplu; elle coule facilement, elle sert bien la danse et les mouvements, elle n'est pas désagréable à entendre, mais seule, je ne l'écouterai pas.

Voilà, j'ai passé un moment de poésie pure. Inoubliable !

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