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Gala Claude Bessy par Catherine Schemm 29 mars, 2004 -- Palais Garnier, Paris La générale du Gala en hommage à Claude Bessy faisait office de vraie représentation artistique, dailleurs Claude Bessy arborait la robe quelle avait le soir du Gala. Par contre quelques détails techniques n'étaient pas encore totalement au point, en particulier, l'éclairage de la fosse et les changements de décors. Claude Bessy a élaboré un programme à la fois original et traditionnel, en reprenant les succès de l'école, qui furent parfois aussi les siens, par certains de leurs interprètes, en faisant danser les ballets qu'elle avait créés et en invitant quelques personnalités qui ont quitté l'Opéra mais qui avaient été formées à lEcole de danse de lOpéra. Le tout compose un long spectacle de près de quatre heures de danse. Le traditionnel Défilé débutait la soirée, et Marie-Agnès Gillot en fut incontestablement la reine, acclamations méritées du public dès son apparition au fond de la scène qui prouvent combien elle est chère au cur du public, à noter la présence de Laetitia Pujol et d'Hervé Moreau tous deux absents du spectacle. Le clou de ce défilé fut la longue descente solitaire de Claude Bessy sous l'accueil chaleureux du public. Après quelques photos et quelques images extraites des différents documentaires sur l'école et commentés par Laurent Hilaire, évoquent la carrière de la danseuse et de la directrice de lEcole de danse de lOpéra de Paris. Le spectacle commence
par un extrait de l'Art de la danse de Maurice Béjart. Ce morceau
intitulé « la barre » est plein de poésie, drôle
dans son texte, il évoque le travail quotidien du danseur avec
les trois éléments majeurs de sa vie dartiste, à
savoir la barre, le miroir et le sol. William Pedro da Silva est l'interprète
magistral de ce solo à la fois drôle et tendre, avec une
belle souplesse, une superbe détente et l'humour nécessaire
à cet extrait. uit la partie hommage à l'école de danse qui commence par le pas de deux de La fille mal gardée, dans la chorégraphie revue et corrigée par Claude Bessy. Nous y retrouvions les derniers interprètes de ce ballet à l'école de danse à savoir Mathilde Froustey et Josuah Hoffalt dont on a pu admirer l'élégance naturelle et un joli travail dans sa variation. Suivait le pas de deux du deuxième acte des deux Pigeons qui a révélé Sylvie Guillem, Agnès Letestu, Ghislaine Fallou, ou encore dernièrement Juliette Gernez et Aurore Cordellier. Karin Averty qui fut Gourouli à l'école, retrouvait elle aussi ce rôle et fut une interprète poétique de ce morceau, Alessio Carbone et les élèves de l'école furent des partenaires attentifs, dommage que les variations soient supprimées. Claude Bessy a également inscrit au répertoire de l'école, Daphnis et Chloé qui avait été créé pour elle par Georges Skibine. Marie-Agnès Gillot reprenait le rôle qui la fit remarquer à l'école de danse, avec poésie. Yann Saiz fut un partenaire attentif également, mais sa technique est approximative par moments. Puis ce fut la reprise tant attendue par les balletomanes de Suite en blanc de Serge Lifar. Tant de travail pour une seule représentation, quel dommage ! Ce ballet qui entra également au répertoire de l'école en 1987, permet de voir de nombreux solistes. Si quelques interprètes n'ont plus totalement le style de cet ouvrage, il est heureux de voir que d'autres le conservent. Nathalie Riqué, Stéphanie Romberg et Muriel Hallé dans la Sieste en sont le plus parfait exemple. Delphine Moussin, Benjamin Pech et Christophe Duquenne furent les brillants interprètes du thème varié, par contre Géraldine Wiart manque de présence dans la Sérénade, et Mélanie Hurel également dans le pas de cinq. Agnès Letestu fut une cigarette impeccable à la technique solide. Le plus beau moment de ce ballet fut sans nul doute, la mazurka impeccable et pleine de chic, d'élégance et de style de Jean-Guillaume Bart, un brillant représentant de l'école française. Isabelle Ciaravola et Yann Bridard formèrent le couple "glamour" de l'adage, et ils y firent montre de leurs qualités habituelles, avec une sérénité bienvenue. Isabelle fut également la superbe interprète de la Flûte avec des mouvements de bras moelleux et une finesse d'exécution remarquable. Le final est un des plus beaux morceaux de virtuosité du répertoire et nos danseurs y rivalisèrent de technique. Le corps de ballet fut parfaitement à sa place. Dommage de ne voir ce ballet qu'une seule fois, même si sa reprise nous est promise pour la saison 2005-2006. La deuxième partie plus néoclassique était aussi celle des étoiles et artistes invités. Elle s'ouvrait par Bach Suite de FrancineLancelot, décédée lhiver dernier, mais ici plus de danseur en costume Louis XIV, mais un simple danseur en costume de ville entouré de six élèves de l'école de danse. Même si Kader Belarbi s'y est montré parfait, le ballet semblait languissant et la chorégraphie baroque manque dentrain. Puis vint un pas
de deux sans grande originalité de Jiri Kylian extrait de One of
a kind et qui nous permet de découvrir ou de révoir Raphaelle
Delaunay actuellement aux Ballets C de la B. Eric Vu An revenait pour
un solo de Kelemenis intitulé Kiki la rose, solo un peu désuet
et assez inintéressant, qui semble évoquer le spectre de
la rose, par sa gestuelle des bras et la musique de Berlioz. D'abord le trio masculin
de ce ballet où nous retrouvions tous les créateurs et interprètes
de l'école de danse à savoir Sébastien Bertaud, Mathieu
Ganio, Cyril Mitilian, puis le pas de trois où Dorothée
Gilbert fut magnifique dans son intervention trop courte, et enfin "That
what's the matter" pour douze danseurs qui ont gagné en force,
en fougue et firent partager leur enthousiasme et leur joie de danser
au public. Aurélie Dupont et Manuel Legris nous offrirent un extrait de Petite mort de Jiri Kylian, pas de deux teinté d'érotisme et magnifiquement interprété avec virtuosité et vélocité dans la succession de portés. Dommage de faire venir Patrick Dupond dans un extrait de Salomé, où le poids des ans se fit malheureusement voir. Sylvie Guillem fut une fois encore l'interprète de l'adage du Lac du cygnes aux côtés de Nicolas Le Riche, mais elle apparut quelque peu éteinte. Quel dommage que le corps de ballet féminin ne puisse danser la valse, du fait du trop grand nombre de blessées. Claude Bessy a eu la bonne idée d'inscrire à sa soirée Sylvia pas de deux de George Balanchine. Ce pas de deux rend hommage à tous ceux de Marius Petipa, nous retrouvons même des extraits de la chorégraphie du Cygne noir dans la coda. Agnès Letestu et José Martinez en furent les brillants créateurs à l'Opéra. Elle, en grande forme multiplia les équilibres, les ralentis avec cette fameuse Balanchine touch, cet humour de tous les instants. José Martinez fut lui aussi parfait dans sa variation où sa coda, magnifiques pirouettes, musicalité. Bref, un grand moment. Nostalgie était de rigueur avec la reprise d'un extrait du Pas de dieux, chorégraphié par Gene Kelly pour Claude Bessy. Cette oeuvre néoclassique mais aussi jazz est un clin dil au monde de la comédie musicale et nous ne pouvons que regretter de ne pouvoir redécouvrir ce ballet dans son intégralité. Eleonora Abbagnato par sa silhouette, sa blondeur évoqua l'espace de quelques instants Claude Bessy, elle fut superbe de glamour, d'humour et de peps aux côtés de Wilfried Romoli qui par la puissance de sa danse évoqua Gene Kelly, et Karl Paquette qui fit montre de ses qualités évidentes d'interprète de "jazz". La soirée s'achève sur ce qui est, naturellement, le plus attaché à Claude Bessy à savoir l'école de danse dans un extrait de Concerto en Ré qui permet de juger le niveau technique impeccable de tous ces élèves, avant la corolle finale. Tous les danseurs se retrouvèrent dans un salut final autour de l'étoile directrice. Une soirée magnifique pour célébrer la carrière de la danseuse étoile et de la directrice de l'école de danse.
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