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Opéra de Paris

'Giselle'

Par Catherine Schemm

Représentation du 3 février 2004 -- Paris, Palais Garnier

 

Distribution : Alina Cojocaru (Giselle) – Manuel Legris (Albrecht) – Eleonora Abbagnato - Yann Bridard (Hilarion) – Mélanie Hurel et Benjamin Pech (pas de deux des paysans) – Laurence Laffon, Muriel Hallé (deux wilis)

Une Giselle conventionnelle et décevante !!!

La direction de l'Opéra de Paris a eu la bonne idée d'inviter Alina Cojocaru, jeune étoile du Royal Ballet à danser le rôle qui lui avait valu le titre suprême en Angleterre, à savoir Giselle.

Le spectateur pensait légitimement qu'elle apporterait quelque chose au rôle, ce qui est théoriquement la raison d'avoir des artistes invités. Malheureusement son interprétation de ce rôle est des plus décevantes, là où Aurélie Dupont réinventait le rôle avec un style romantique des plus purs, Alina Cojocaru malgré son expérience du rôle nous offre une vision traditionnelle et sans grand relief de l'héroïne sortie de l’imagination de Théophile Gautier.

Elle incarne une jeune paysanne heureuse de vivre, naïve, bref, très conforme à l'image conventionnelle du ballet. Peut-être était-elle paralysée par le trac et l'enjeu affronter le public parisien, mais elle n'a pas été à la hauteur de sa réputation, qui la présente souvent comme une nouvelle Guillem, nommée au même âge, mais à la maturité artistique bien plus précoce.

Techniquement, elle accumule les hésitations et les accrocs tout le long du premier acte, sa variation est plus que décevante, équilibres non tenus, pirouettes mal terminées. Sa folie est très convenue, sans tomber dans l’excès, mais pourquoi diantre prendre le bras d'Albrecht, cela rompt la dynamique dramatique de la scène. A aucun moment elle n'émeut ni ne bouleverse.

Au deuxième acte, elle est curieusement beaucoup trop petite et trop légère pour donner son poids à ce que doit être Giselle, même si Giselle est un esprit, elle a une certaine corporalité. De par sa taille, elle donne plus l'impression d'un esprit voletant, ses menés sur pointes sur brillamment exécutés avec vélocité, mais tout est très, trop sans doute, traditionnel, par contre les 6’o clock contrastent et sont malvenues dans le style de ce ballet. Mais le problème de cette soirée est qu’elle ne forme pas un couple harmonieux avec Manuel Legris, trop petite, trop frêle, trop fragile, trop jeune, elle ne s'accorde pas avec la taille et la prestance de son partenaire.

Celui-ci est magnifique dans sa danse, même si celui-ci s’implique dans son jeu, sa conception du rôle ne convient pas à celle d’Alina et nous avons du mal à croire à ce couple, Du coup, le ballet perd beaucoup de sa saveur et de son charme ! Au deuxième acte, il est émouvant et parfait techniquement parlant, il a la noblesse souhaitée et le style impeccable que ce soit dans sa variation enlevée avec aisance ou dans ses entrechats magnifiques.

Yann Bridard campe le plus intéressant des Hilarion, son jeu moderne contraste avec le côté traditionnel de Giselle, mais on sent en lui un amoureux transi qui se venge et regrette amèrement son geste. Sa danse est ample et généreuse au deuxième acte.

Eleonora Abbagnato est certes plus sévère que Delphine Moussin dans son incarnation de Myrtha, mais son interprétation technique n'est pas exceptionnelle, et elle manque singulièrement de présence au milieu des autres Wilis, même si elle glisse littéralement au début du second acte.

Mélanie Hurel en petite forme technique interprétait le pas de deux des vendangeurs aux côtés de Benjamin Pech plus concerné, et meilleur que le soir de la première. Sans doute se réserve-t’elle pour le rôle titre de Giselle qu’elle dansait le 7 en soirée.

Le corps de ballet était plus discipliné ce soir, notamment dans les croisements où les jambes étaient plus alignées. On notera également les présences lumineuses de Charline Giezendanner, Pauline Verdusen et Dorothée Gilbert en amies de Giselle.

Toutefois la soirée a un goût amer, après la prestation magique d'Aurélie Dupont due à son interprétation moderne et pourtant si romantique du rôle, celle d'Alina Cojocaru est trop désuète, trop habituelle et trop convenue, malgré l'excellence purement technique de son second acte.



Edited by Cathy

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