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Opéra de Paris

'Giselle'

Par Valérie Beck

Représentation du 24 février 2004 -- Palais Garnier/Paris

Distribution : Laetitia Pujol (Giselle) – Nicolas Le Riche (Albrecht) – Stéphanie Romberg (Myrtha) – Yann Bridard (Hilarion) – Myriam Kamionka et Alessio Carbone (pas de deux des paysans) – Dorothée Gilbert, Karine Villagrassa (deux wilis)

Si Nicolas s'est blessé hier, cela ne s'est pas vu sur scène sauf que : sa toute dernière variation exige, je crois, un développé seconde ( saut assemblé, et développé seconde, vous voyez ce que je veux dire?) et je n'ai pas vu ce pas, c'est à dire la jambe droite qui développe après le saut; c'est peut être moi qui me trompe, mais je me suis posé la question. Bon, j'y reviens tout à l'heure. Cette soirée était inégale par les prestations des seconds rôles mais très émouvante dans son ensemble

Dans le pas de deux des vendangeurs, Alessio Carbone a démarré sa variation sur les chapeaux de roue : tours en l'air superbe avec reception en 5ème parfaite, mais tout à coup, douleur? blessure qui se réveille? sa technique a décru à vue d’œil : il ne parvenait plus à tourner ( tour en deux parties) et visiblement il peinait : je l'avais vu le samedi 21 dans Kylian où il étincelait, tout en étant très touchant, là, on voyait qu'il y avait quelque chose qui n'était pas dans l'ordre; c'était vraiment dommage.

Il formait un joli couple avec Myriam Kamionka qui elle ne m'a pas tellement convaincue, surtout à cause de ses ports de bras : ses mains voltigent sans cesse, ses coudes sont cassés, je pense que c'est l'esthétique qu'elle recherche mais cela fait très très maniéré, et a fini par m'insupporter. Le travail du bas du corps en est gâté. En revanche, elle n'avait pas la raideur des épaules qui m'avait gêné chez Mélanie Hurel, et elle avait, hormis ses bras, beaucoup de grâce, une jolie présence sur scène.

Yann Bridard campe un Hilarion extraordinaire! il prend le parti de camper un rustique garde chasse, et fait très "homme des bois" qui n'a reçu aucune éducation; ses gestes, presque minimalistes, sont très sobres mais, ô combien expressifs. Il réalise un contraste étonnant avec Albrecht, et les deux rôles s'enrichissent l'un l'autre. Au deuxième acte, il fait passer beaucoup d'émotion: la peur, le regret de Giselle, l'homme tout à sa peine.

Laurence Laffon en Bathilde, rôle non dansé, mais quelle présence ; elle irradiait, une vraie princesse, avec l'élégance, la classe, l'aisance, et la aussi, les deux rôles Giselle/Bathilde s'enrichissaient mutuellement : l'une qui peut être spontanée, libre, d'une certaine manière dans l'expression de ses sentiments, l'autre qui se contient

Alexis Renaud dans le petit rôle la aussi, de Wilfried n'est pas un écuyer confident, mais vraiment un petit mercure ailé, qui obéit et informe. Beaucoup de présence et de vivacité
Le corps de ballet était vivant, gai, très au point, mais les pauvres ont du suivre un tempo du diable. Qu'avait Coleman ce soir là ? Je n'ai jamais entendu une Giselle être dirigée si rapidement pour les ensemble; les garçons finissaient par en avoir des gestes mécaniques; ils avaient parfois tout juste le temps de lever et de baisser les bras.

Je voulais revoir ce couple qui m'avait tant émue cet été et je n'ai pas été déçue; j'ai larmoyé dès l'entrée de Giselle, et j'ai pleuré avec elle dès la scène de la folie, avec une boule dans la gorge tant l'émotion était intense. Laetitia Pujol au premier acte est le bonheur de danser, d'aimer, de vivre; elle est juvénile, gaie, chaque pas est ciselé mais on s'aperçoit à peine qu'elle danse. Ses ballonnés étaient très légers, espiègles, son entrée, primesautière.

Un peu timide au début, elle déborde vite d'amour pour Albrecht et montre son amour avec spontanéité. A ses côtés, Nicolas Le Riche avait plus de présence au premier acte que lorsque je l'avais vu en juillet; Il est séducteur, mais on comprend, lorsqu'il regarde réellement Giselle, qu'il tombe amoureux; cela a lieu sous nos yeux : tout à coup, il est amoureux. Et sa danse change au cours du premier acte. Il ne cherche plus a se divertir, mais il aime. Et lorsque la trahison éclate, il nie, puis est mal à l'aise, et tout à coup regrette;
A ce moment, Giselle sombre dans son propre monde; tout autour d'elle semble être inexistant. Laetitia réussit ce formidable tour de force de nous faire croire que tout s'efface autour d'elle, et elle nous entraîne dans son monde où l'amour, la danse, la joie avaient sa place; les souvenirs passent, elle pleure, et moi aussi! Sa mort, sobre, mais bouleversante, ne me donne pas envie de quitter la loge pour l'entracte, mais de me remettre pour l'acte suivant !

Je ne connaissais pas bien Stéphanie Romberg, que j’avais juste vue le 21 dans Kylian où je l'avais adorée. Cela se confirme dans le rôle de Myrtha. Curieusement, on dirait plutôt un esprit de la terre, mais cela apporte un charme nouveau; ce n'est pas l'esprit volatile, mais la souveraine, puissante, d'un monde souterrain qui prend vit à la nuit.
Très belle technique, très sûre; belle présence en scène, visage fermé, mais qui doutera un court instant, très très beaux ports de bras, fermes mais souples. J'ai beaucoup aimé son interprétation et sa danse, et je vais m'attacher à la revoir !
Les deux willis n'étaient pas très en forme, en fait surtout l'une (Dorothée Gilbert ou bien Karine Villagrassa je ne les ai pas reconnues). L'une a terminé tous ses tours en l'air en refermant ses 5ème une fois au sol, ce qui n'était vraiment pas beau, et elle avait peu de présence. L'autre ne m'a pas convaincue non plus par son peu de présence.

L'éclairage : monstreux : des auréoles jaunes, voir des petits arc en ciel sur les tutus blancs ; je n'ai vu que cela tout du long: ses horribles auréoles jaunes : on aurait cru que les tutus étaient mal lavés. Le corps de ballet s'est fait applaudir dans le croisement. Elles étaient très ensemble, aériennes, parfaites !

Quant à Giselle, wouah ses épaules tombantes, ses bras dans la continuité, son air humble, et sa légèreté : elle était vraiment très légère, y compris dans les nombreux portées. Très belle expression du visage aussi. Lorsque Albrecht ne la voit pas encore, elle le regarde avec un soupçon de malice et de regret; sa première variation (tour attitude) était époustouflante de virtuosité, jetés-assemblés et grand jetés vertigineux, et le tout, sans effort dans les bras ! pas aussi volatile que Bessmertova, mais très très spirituelle !

Quand à Nicolas Le Riche , outre sa technique très sûre, il était très émouvant en amoureux qui a perdu celle qu'il aime et repentant. Ses entrechats 6 étaient époustouflants: les derniers encore plus hauts et plus puissants que les premiers, et il en a fait, en a fait... Mais outre cette performance technique, il formait avec Laetitia un couple idéal, tout de poésie, d'amour, de sensibilité, de regrets et de protection mutuelle. J'ai pensé plusieurs fois à Noureev en voyant Nicolas dans ce rôle

Je note dans l'orchestre les affreux bavardages des trombones, mais les jolis solos de flûte, de hautbois, et de l'alto, qui ont tous joué avec légèreté et sensibilité


Edited by Cathy

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