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Opéra de Paris

'Giselle' - Sous le charme d’Alina

Par Monica Ileana Desson

Représentation du 3 février 2004, Palais Garnier, Paris

Distribution : Alina Cojocaru (Giselle) – Manuel Legris (Albrecht) – Eleonora Abbagnato - Yann Bridard (Hilarion) – Mélanie Hurel et Benjamin Pech (pas de deux des paysans) – Laurence Laffon, Muriel Hallé (deux wilis)

 

Comme beaucoup de spectateurs de l’Opéra Garnier, je découvrais hier soir Alina Cojocaru, jeune danseuse roumaine de 22 ans au parcours exceptionnel. Formée à l’école de Kiev, Alina remporte à 16 ans le prix de Lausanne qui lui donne l’opportunité d’achever ses études par 6 mois à l’Ecole du Royal Ballet de Londres. Le Royal Ballet lui offre alors un contrat de corps de ballet, mais elle choisit de retourner à Kiev, où elle engagée directement comme soliste. Un an plus tard elle revient au Royal Ballet où elle passe très peu de temps en tant que simple « artist ». A 19 ans, elle est nommée Principal sur le rôle de Giselle.

Précédée par une telle aura, Alina aurait pu craindre de décevoir le public parisien. Or c'est une ovation longue et enthousiaste que lui a réservé ce public hier soir !
Il est vrai qu’elle est une exceptionnelle danseuse. On a presque envie de ressusciter pour elle le mot "ballerine", plus aérien, plus éthéré que celui de danseuse. Aérienne, Alina l’est infiniment. Petite, avec un physique et des traits extrêmement délicats, elle danse comme elle respire et elle respire jusqu’au bout des doigts. Ce n’est pas une vaine image, j’ai retrouvé chez elle cette exceptionnelle qualité qui m’a récemment séduite chez les danseuses du Bolchoï : cette liberté souple du haut du corps, ce souffle qui passe du buste aux épaules, aux bras, aux mains. A cela, Alina ajoute une incroyable vélocité des pieds, qui ne fait que renforcer l’impression d’immatérialité que dégage sa danse. Piétinés, menés, ballonnés, entrechats sont stupéfiants…

Le rôle de Giselle convient évidemment à merveille à Alina. Elle est cette jeune fille au cœur fragile qui aime passionnément la danse, au coeur entier qui hésite puis se donne sans retour. Elle est ce cœur simple qui s’égare et se rompt avec la trahison. Jeune fille dans la mort comme dans la vie, elle est cet esprit, ce rêve qui va apparaître, disparaître, rôder autour d’Albrecht, et le guider finalement comme un feu follet jusqu’aux premières lueurs de l’aube. Rien n'est outré dans le jeu d'Alina, elle habite le rôle en toute simplicité, elle le vit, et sa manière de vivre c'est la danse.

Manuel Legris incarnait Loys-Albrecht. Sans doute fallait-il l’une de nos étoiles masculines pour rendre hommage à la jeune invitée du Royal Ballet ? Néanmoins, le décalage des âges et le jeu sans nuance de Loys-Albrecht convenaient fort mal à la toute simple Giselle d’hier. Personnellement, j’aurais aimé voir Hervé Moreau danser aux côtés d’Alina…

Yann Bridard fut par contre un exceptionnel Hilarion, un peu fruste comme il convient au premier acte, à la danse magnifique dans le trop bref passage du second acte, où on le voit donner toute son énergie jusqu’à ce que mort s’en suive.

Dans le pas de deux des vendangeurs, Benjamin Pech fut brillant - mieux encore que le soir précédent – et Mélanie Hurel trop raide du haut du corps, plus princesse que paysanne.

Eleonora Abbagnato était une belle reine des willis, mais sans plus… comme s’il lui manquait ce feu glacé qui la place réellement au-dessus des autres.

A l’issue de cette soirée, je formule un souhait : revoir Alina Cojocaru dans un autre rôle...


Edited by Cathy

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