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Bolchoï à Paris - 'Le Clair Ruisseau'

Par Jean-Luc Donay

Représentation du 24 janvier 2004 -- Palais Garnier, Paris


Ce soir, ce fut donc la "deuxième" distribution qui a eu l'occasion d'assurer la toute dernière représentation du Bolchoï dans sa tournée parisienne : Anastasia Yatsenko (Zina), Rinat Arifulin (Piotr), Ekaterina Shipulina (La Danseuse Classique) et Ruslan Skvortsov (Le Danseur Classique).

Les protagonistes de cette distribution jouent sur un registre un peu différent par rapport à l'autre distribution, même si les intentions demeurent identiques. Anastasia Yatsenko campe une Zina très précise et beaucoup plus piquante qu'Inna Petrova. Elle n'est pas "victime" et semble bien décidée à ne pas se laisser faire par la tromperie de son mari. Sa danse est techniquement différente : plus vive, plus rapide, avec un peu plus de présence que sa consoeur. Rinat Arifulin est un Piotr plus longiligne que Youri Klevtsov et, si sa danse est un peu plus propre (je serais tenté de dire plus scolaire), du coup il dégage moins d'énergie et de vivacité. Sur le plan de la comédie, il est un peu moins expressif que Youri Klevstov, même si ses parties sont aussi justes.

Ekaterina Shipulina avait le difficile défi de passer après Maria Alexandrova... Mais je dois dire qu'elle a su tirer son épingle du jeu d'une façon très honorable. Sa danse est moins vive et moins énergique, mais gagne en grâce. Ce qui est d'ailleurs "bizarre", car elle reste un peu trop gracieuse dans sa variation masculine du 2ème acte. De ce fait, l'association Yatsenko/Shipulina m'a semblé plus équilibrée : à la première je n'avais d'yeux que pour Alexandrova, sans même regarder ce que faisait Pétrova. Ici, dans leur danse d'ensemble, il n'y en avait pas une qui "écrasait" l'autre. Je me demande comment aurait fonctionné le couple Yatsenko/Alexandrova...*

Ruslan Skvortsov est un Danseur Classique correct, mais moins précis que son collègue Yan Godovsky. Ce n'est qu'un tout petit détail, mais sa performance sur pointes en Sylphide était techniquement moins surprenante (beaucoup de pirouettes sur demi-pointe, beaucoup de pas de pointes pas tenus) ce qui d'un autre côté passe très bien puisque cela se joue sur un côté burlesque. Un autre détail (plus amusant), c'est que ce danseur n'est pas imberbe du torse, et son décolleté en Sylphide est des plus grotesques! Sinon, il a joué sur un autre registre, en nous montrant une Sylphide un peu plus "lourde" que celle de Yan Godovsky, tout en restant quand même très réussie.

Les autres rôles étaient les mêmes que le soir de la première. Le couple de personnes âgées s'est complètement lâché ce soir, mais ils avaient la salle pour eux !! L'Accordéoniste et l'Ecolière ont aussi eu un beau succès avec le numéro du chien.

Le Corps de Ballet a été très bien une fois encore (beaucoup de présence), même si j'ai noté ça et là un petit relâchement dans les placements notamment.
Bref, tous étaient très très bien et l'accueil du public fut plus que chaleureux. Malgré cela, les services techniques de l'Opéra ont rallumé la salle au bout du 4ème rappel, ce qui est rageant. Cela se produit tout le temps avec le Ballet de l'Opéra aussi, et je ne comprends pas pourquoi il en est ainsi cela frustre et les danseurs et les spectateurs (mais je crois qu'on en a déjà discuté ici...).

Pour finir cette tournée, ce ballet programmé par défaut en remplacement de la Dame de Pique a eu un franc succès. Et c'est tant mieux, car ce ballet a un tel côté sympathique et attachant que ça donne vraiment envie de revoir cette compagnie très vite. Pour cette dernière représentation, les répétiteurs (dont Ludmila Semeniaka) ainsi que Boris Akimov sont venus saluer sur scène.

En conclusion, la tournée du Bolchoï fut, d'après l'accueil du public, un joli succès. Par ailleurs, la présence de Svetlana Zakharova qui avait déjà conquis le public parisien, a été plus que bienvenue.

Le Lac des Cygnes, même dans une production qui a incontestablement vieilli, a su être juste sur le plan de l'interprétation et du style.
La Fille du Pharaon, reconstitution de Pierre Lacotte ne pouvait qu'être intéressante, et là encore, dans un registre plus léger, la compagnie s'est montrée tout à fait à la hauteur.
Enfin, avec Le Clair Ruisseau, ballet carrément humoristique, on prend conscience que ces mêmes danseurs sont également de bons comédiens, à la danse enjouée et dynamique. Trois ballets représentatifs de l'étendue des capacités de la troupe : le répertoire, la reconstitution de leur patrimoine et le "renouveau".

Mais ce qui m'aura le plus marqué (encore une fois), c'est la qualité artistique des Solistes et surtout du Corps de Ballet, le signe d'une grande compagnie... Vraiment grande. Mais Bolchoï ne veut-il pas dire Grand

 

 


Edited by Cathy

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