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Ballet de l'Opéra de Paris
Concours de Promotion Interne

Surprises et confirmations

by Catehrine Schemm

23 décembre 2003 -- Opéra de Paris, Palais Garnier

Jury externe : Hugues Gall, Brigitte Lefèvre, Patrice Bart, Giorgio Mancini, Violette Verdy, Clotilde Vayer (suppléante)
Jury interne : Agnès Letestu, Elisabeth Maurin, Nicolas Paul, Alessio Carbone, Fréderic David, Benjamin Pech (suppléant)

Faute de peu de places à promouvoir, sept au total et en l'absence d'un concours de premier danseur, le concours débutait à 9h00 par les quadrilles filles.

Quadrilles Femmes - Giselle, pas de deux des vendangeurs, acte 1
La classe est relativement homogène, de plus la variation imposée ne permettait pas de véritable sélection. Celle-ci est basée essentiellement sur le style et le charme qui doit en sortir. Malheureusement peu furent à la hauteur de cette tâche et surement pas les deux qui furent promues. La plus grande injustice est la nomination de Mathilde Froustey et l'oubli total de Laura Hecquet. La première n'a rien d'une paysanne, et aborde sa variation imposée en princesse, son travail est scolaire, minaudant et sans aucun éclat, son Paquita n'est pas mieux, maniéré, avec trop de bras, sans aucun style académique, sans épaulement et sans brio mais avec arrogance, elle emporte curieusement et au grand étonnement de beaucoup de spectateurs assidus, la première place de promue, il est évident qu'on ne voulait sans doute pas voir une simple quadrille aborder un rôle titre. Sabrina Mallem, deuxième promue, n'était guère plus à l'aise dans la variation imposée, mais ceci était plus du à sa grande taille, elle fit par contre, une magnifique reine des Dryades extraite de Don Quichotte, avec de superbes fouettés attitudes complètement maîtrisés. Le classement est surprenant par son ordre et aussi par les absences qu'il révèle.

Laura Hecquet à l'aise dans l'imposée et royale dans la variation de Raymonda au 2e acte, est curieusement absente du classement alors que pour beaucoup elle avait dominé sa classe, par son élégance, sa grâce, son chic et naturellement son talent. Laurène Levy est classée troisième ce qui est mérité, elle fut une charmante paysanne et sa variation extraite du pas de trois de Paquita fut bien enlevée.

Autre grande absente du classement Sarah Kora Dayanova, qui tout comme Laura avait les faveurs du public à l'issue de ce concours, fut injustement oubliée, malgré une superbe Belle interprétée avec grâce, spontaneité et facilité, le tout accompagné d'un sourire radieux.
Curieusement Julie Martel qui ne fut qu'honorable dans Spring de Four Seasons décroche la quatrième place du classement. Charline Giezendanner aurait pu monter ou être au maximum troisième du concours, ce fut une des rares à avoir le style exact des vendangeurs, charmante, légère, et fit un magnifique Spring beaucoup plus enlevé. Alice Renavand méritait elle aussi d'être classée mais bien plus haut, elle a fait un Fall extrait de Four seasons magnifique, avec de superbes levers de jambes, et un aplomb bienvenu. Comme l'année dernière elle est classée sixième. Pauline Verdusen est étrangement absente du classement alors qu'elle fut une subtile Giselle de Mats Ek. Autre absente du classement malgré un très beau concours, Miho Fujii, comme l'année dernière, elle allie assurance et technique et nous gratifia d'une très belle Nikya.

Parmi les autres concurrentes, on pouvait remarquer le métier et l'assurance de Céline Palacio dans la même variation que Pauline, Ghislaine Reichert dans un extrait d'Appartement, Noemie Djiniadhis, subtile Marie de Clavigo, Christelle Granier, incompréhensiblement ignorée des jurys malgré ses superbes prestations que ce soit il y a deux ans en Nikya, l'année dernière dans Arepo, ou encore cette année dans Vaslaw. Parmi les jeunes on peut remarquer de déjà belles qualités chez Emilie Hasboun que ce soit dans l’imposé ou dans son Grand pas classique, Charlotte Ranson, malgré un problème dans la diagonale de Paquita.

Espérons que Laura et Kora monteront l'année prochaine, ce sont vraiment les deux valeurs les plus sûres avec Charline et Laurène! A noter que ni Daphné Gestin, ni Claire Bevalet n'ont passé le concours, dommage pour la première qui avait montré un beau potentiel lors de ses concours ou de la soirée jeunes danseurs.

Coryphées Femmes - Raymonda, 2e acte, variation de Raymonda
La classe a un niveau technique assez elevé, mais elle est dominée par une seule danseuse. Il faut dire que tout le monde attendait Dorothée Gilbert, tant elle est impressionnante depuis plusieurs mois dans tous les rôles qu'elle aborde. Elle a dominé tout le concours, avec des variations précises, fines, cisélées, musicales et pourtant qui paraissent si faciles. Que ce soit sa Raymonda ou son Spring de Four Seasons, elle mérite amplement sa nomination.

Là encore, le classement est bizarre, Aurore Cordellier qui pourtant fit un concours plus qu'honorable, n'est classée que quatrième en dépit d'une belle Raymonda, ceci étant elle a certainement payé la petite baisse de régime de son Notre-Dame de Paris. Aurélia Bellet se classe de manière surprenante deuxième, si elle fut très belle en Raymonda, elle manquait quand même cruellement de sensualité dans Carmen, variation de la chambre. Eve Grinsztajn se classe troisième et ce n'est que justice elle fut une Nikya superbe, toute en finesse. Séverine Westermann, se classe logiquement cinquième avec une Ombre magistrale (Les Mirages). La surprise vint d'Amélie Lamoureux, si elle fit quelques petites fautes dans son imposée, elle campa une étrangère de Clavigo passionnée, et se classe sixième. Ce qui n'est que justice.

Alexandra Cardinale et Lucie Clément ne sont pas classées, ce qui semble normal, leurs imposées étaient râtées, la Nikya de la première souffrait de la comparaison avec celle d’Eve, et la deuxième fit un Tchaïkovsky pas de deux sans éclat!

Sujets Femmes - Casse Noisette - Variation de Louise, Neumeier
Comme chez les coryphées la favorite en l'absence de Fanny Fiat était Isabelle Ciaravola. D'habitude la classe des sujets brille par sa technique, mais il semble que le néo-classicisme teinté d'hommage à Petipa de la variation de Neumeier ait eu raison d'elle.

Isabelle Ciaravola, dont on attendait depuis plusieurs années la promotion, obtient enfin ce titre, malgré un concours en demi teintes, si elle a des mouvements de bras exceptionnels dans l'imposé de même que de superbes levers de jambes, elle a connu quelque problème sur le manège. Elle se rattrape dans la variation de Marie extraite de Clavigo, et mérite sa promotion. Là aussi le classement est un peu contre toute attente. Nathalie Aubin ne pouvait pas avoir le titre, c'est bien évident, mais elle a sans doute fait le meilleur concours des sujets, et le plus intéressant. Son choix de libre est judicieux, elle est la première à choisir cette variation de Cendrillon et elle s'en sort avec brio, elle aurait mérité de figurer au classement. Laurence Laffon en dépit d'un cygne blanc inintéressant est classée deuxième, tout comme Muriel Zusperreguy en petite forme dans l'imposé et ombre sans éclat des Mirages se classe troisième.

Céline Talon qui a l'audace de présenter Lamentation de Martha Graham se voit classée quatrième devant Myriam Ould Braham. Celle-ci, décidemment, bien que technicienne accomplie, elle est la seule à avoir fait sans faute l'imposé, ne prend aucun risque artistique et choisit toujours en variation libre de pures variations classiques, ici la variation d'Henriette magnifiquement dansée, mais il manque quelque chose. Si Myriam veut évoluer, il faudrait qu'elle songe à aborder un autre répertoire. La dernière classée qui aurait sans doute mérité une meilleure place est Myriam Kamionka dont le lyrisme et le charme sont un bonheur dans Other Dances.

Caroline Bance, Béatrice Martel et Emilie Cozette sont les oubliées de cette année, pourtant les Mirages de Béatrice étaient autrement mieux interprétés que ceux de Muriel. Emilie Cozette tout comme Myriam Ould Braham a encore choisi la facilité avec la variation du Tchaïkovsky pas de deux. Par contre, Caroline Bance fut une Kitri piquante!

Après ces demoiselles, place aux garçons! Si le niveau des filles est uniformément haut, il n'en est pas du tout de même pour les garçons.

Quadrilles Hommes - Sylphide, acte 2, 2e variation de James
Le niveau de cette classe est assez hétérogène, et la variation imposée produit une véritable hécatombe, la difficulté majeure résidant à la fin de la variation, après une diagonale d’entrechats, la variation se termine par une pirouette à tours multiples, suivie par un tour en l’air fini à genoux, beaucoup de variations masculines se terminent pourtant par cette difficulté, et nombreux furent les danseurs qui ont chuté sur cette difficulté ou qui l’ont contournée.

Martin Chaix passe coryphée, c'est juste, il a fait un imposé quasi parfait et son Push comes to shove montrait un autre visage du danseur. Josuah Hoffalt, qui avait été révélé dans Javotte lors de la soirée jeunes danseurs mérite amplement sa promotion, il fut lui aussi un très bon James avec une superbe diagonale d'entrechats, et un très élégant Siegfried du 3e acte. Mais comment peut-on encore ignorer le talent de Sébastien Bertaud, classé seulement sixième malgré un imposé parfait et une arlésienne, magistralement dansée et interprétée. Doit-il quitter l'Opéra pour arriver à faire carrière?

Audric Bezard, peu à l'aise dans l'imposé se rattrapa sur In the middle (variation de Laurent Hilaire) et est classé cinquième. La palme de l'originalité revient à Samuel Murez qui en plus d'avoir fait de superbes progrès techniques, a choisi une variation méconnue extraite du Fantôme de l'Opéra de Roland Petit. Il fut magistral dans son interprétation et aurait mérité lui aussi de monter. Aurélien Houette voit aussi ses progrès récompensés et il est classé quatrième avec un très beau Speaking in tongues.

Cyril Mitilian lui aussi auteur d’un très beau concours, mais faute de places, ne peut monter, ni même être classé.

Coryphées Hommes - Belle au bois dormant - 1ère variation de Désiré
Le niveau de la classe est homogène, mais comme chez leurs homologues féminines, un danseur domine le lot et il s'agit de Mathieu Ganio, élégance personnifiée, à la technique parfaite ample, artiste doué, prince hautain comme il le faut dans la Belle et prince mélancolique dans la Méditation du Lac des cygnes, il y fut magistral et le plus brillant avenir peut lui être prédit!

Simon Valastro emporte la deuxième place grâce à un superbe Dances at a gathering. Par contre Kim Young Geol est classé troisième en dépit d'un Arépo sans sensualité, Florian Magnenet malgré plusieurs petites fautes dans Solor prend la quatrième place devant Julien Meyzindi qui aurait mérité plus que cette cinquième place, mais peut-être aurait-il dû choisir une autre variation que celle extraite du Pas de trois de la Sylphide qu'il avait dansé lors de la soirée jeunes danseurs. Enfin espérons que l'année prochaine sera la bonne pour lui. Enfin Gregory Gaillard se classe sixième au détriment d'Alexis Renaud, très bel Abdéram et élégant dans son imposé.

Si les promus sont ceux que l'on attendait, les classements comme d'habitude laissent à désirer. Espérons simplement qu’ils ne se décourageront pas et ne quitteront pas l’Opéra, pour certains un échec à leur premier concours n’est pas forcément négatif, mais pour d’autres que dire, doivent-ils partir faire leur carrière ailleurs?

Les résultats
Première danseuse: Isabelle Ciaravola
Sujet Femme: Dorothée Gilbert
Coryphée Femme: Mathilde Froustey - Sabrina Mallem
Sujet Homme: Mathieu Ganio – Simon Valastro
Coryphée Homme: Martin Chaix – Josuah Hoffalt

Edited by Mary Ellen Hunt

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