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Christine Bastin

Choses inhabituelles dans le hip-hop

by Lili

2 Décembre 2003 -- Le Vesinet

La soirée commence avec Elle et lui duo hip-hop créé lors du Festival Suresnes Cités Danse en janvier 2003. Ce duo est un duo hip-hop mais il porte l’empreinte de Christine Bastin. Elle introduit des choses inhabituelles dans le hip-hop : un peu de danse contact, une vraie rencontre entre la danseuse et le danseur, un peu plus de continuité et de fluidité dans la gestuelle, des ralentis, des respirations, une sorte de retenue, et une virtuosité moins ostentatoire, plus subtile. Ce duo offre une part importante à la danseuse, il laisse de la place à la féminité, à un vrai rôle de femme. Le décalage aussi par rapport à la « tradition hip-hop » c’est aussi que les danseurs ne sont pas toujours face au public, ils sont souvent de dos ou de profil. Dans l’ensemble, je dirais que c’est un beau duo à mi-chemin entre l’univers traditionnel du hip-hop et l’univers de Christine Bastin.

La pièce suivante Pietà a été pour moi le grand moment de la soirée, un moment d’une grande beauté. Pietà est un duo au tissu inspiré de la Pietà de Michel-Ange. Il est interprété par Christine Bastin, elle-même et Dirk Schambacher. Pour ce duo, il y a donc un tissu sur lequel les danseurs s’accrochent, s’agrippent, se suspendent, grimpent… et derrière ce tissu en fond de scène il y a une toile peinte par Daniel Kohn qui évoque le ciel et la terre avec des tons bleus, ocres et blancs. Au cours de la pièce, petit à petit une atmosphère assez magique se crée, la gestuelle, les mouvements sont assez lents, subtils, plein de retenue. La femme semble protéger l’homme, le rassurer, elle est pleine de bienveillance à son égard, un peu comme un ange gardien ou une mère qui voudrait protéger son enfant, qui le berce, qui essaie de rendre les choses plus douces pour lui, d’apaiser ses tourments. L’homme lui semble perdu, il doute, il est tourmenté. Le programme indique « c’est un duo sur l’attention désespérée à l’autre, à son corps, à sa vie ». Cette attention à l’autre se caractérise par des images d’une grande beauté où Christine Bastin et son partenaire sont sur le tissu qui tournoie, et elle le porte ou le soutient ou le berce. Ces passages avec des bercements ou des balancements très lents ou des tournoiements du tissu où les 2 danseurs sont dans des poses très belles sont très touchants, presque bouleversants.

La soirée s’est terminée par Affame pièce plus ancienne. J’avais déjà vu Affame il y a 2 ans, et je l’avais beaucoup aimé, j’avais été surtout marqué par l’interprétation de Pascaline Verrier que j’avais trouvé exceptionnelle, toute en frémissement, complètement à fleur de peau. Là en fait, j’ai été un peu moins touché, peut-être parce que j’étais encore sous le charme du duo précédent et j’ai eu un peu de mal à rentrer dans une nouvelle atmosphère assez différente, puisqu’ « Affame » est un duo passionnel, sensuel, presque violent entre un homme et une femme. Il y a beaucoup d’élans, mais aussi de la retenue, des silences. Dans le programme Christine Bastin écrit « être saisi par la violence du printemps qui jette l’homme et la femme l’un contre l’autre… ».


Edited by Catherine Schemm

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