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| l’Opéra de Paris/Paris Opera Ballet 'Pavane,' 'Glacial Decoy,' 'Trait d'Union,' 'Liebesliederwaltz' Par Catherine Schemm Soirée du 17 décembre 2003 – Opéra de Paris, Palais Garnier Une soirée bizarre malgré des interprètes hors pairs Sur le papier, la soirée était déjà étonnante, mais cela se confirme sur scène et le sentiment qui en résulte est mitigé, la soirée n'est ni contemporaine, ni classique, ni emballante, ni totalement ratée. Mais ce qui est sûr c'est que la soirée manque de cohésion et n'est pas le meilleur choix pour les fêtes. Il faut louer la qualité des danseurs qui défendent avec tout leur art ce programme ardu car on aurait quand même pu imaginer mariage plus heureux ! La soirée s'ouvre par Pavane , pas de trois extrait de Reversibilité créé pour l'Opéra en 1999. Si ce pas de trois semblait intéressant dans le contexte de la soirée jeunes danseurs, en ouverture de programme, ce choix ne paraît pas judicieux, certes les interprètes sont parfaits, Nolwenn Daniel évoque Leslie Caron dans Un Américain à Paris de par sa robe et ses chaussons de couleur, elle est entourée de Wilfried Romoli et Kader Belarbi qui sont naturellement totalement dans leur élément. Christine Lagniel égrène doucement les notes de la Pavane pour l'infante défunte , mais à peine est-on plongé dans l'atmosphère du ballet que celui s'achève, et laisse place à une première pause. Le deuxième ballet de la soirée est une entrée au répertoire celle de Glacial Decoy de Trisha Brown. La chorégraphe ne donne pas facilement à des troupes étrangères ses oeuvres, seuls l'Opéra de Lyon et maintenant l'Opéra de Paris possèdent un ballet à son répertoire. Là aussi, l'atmosphère est spéciale avec son décor de photos de Rauschenberg défilant quatre par quatre (photos de vache, de pélican, de wagons, etc.). Cinq danseuses vêtues de longues robes blanches vaporeuses (évoquant un peu Ophélie d'Hamlet) vont se répondre en entrant et sortant de scène. Aurélia Bellet, véritable révélation de ce ballet, à gauche commence un mouvement que reprend Miteki Kudo sublime à droite, enfin Laurence Laffon et Caroline Bance dansent ensemble au milieu et pour une apparition fugitive mais remarquée Béatrice Martel. Ce ballet dans le silence et sur le mouvement est interprèté avec conviction par les cinq danseuses, mais non sans ennui malheureusement, n'est pas Jerome Robbins qui veut, car son Moves est d'un tout autre intérêt. A signaler le "courage" de Trisha Brown venue seule sur scène saluer devant une salle très partagée. La première partie s'achève par Trait d'union . Ce ballet, un des premiers d'Angelin Preljocaj est un duo remarquable par la force de sa chorégraphie et servi par des interprètes exceptionnels. Dans un décor composé d'un fauteuil, pièce principale du ballet et une chaise, Laurent Hilaire, absolument fabuleux, en homme "victime", quelle force dans ses sauts à plat et Wilfried Romoli en "tortionnaire" se donnent une réplique extraordinaire, leur coordination est parfaite, même si l'argument reste un peu obscur, on ne peut que ressortir enthousiasmé par la force qui se dégage des portés et de cet affrontement viril ! Le public réserve d'ailleurs un triomphe à cette oeuvre. La seconde partie
est entièrement consacrée aux Liebesliederwaltz de Balanchine.
Bref une soirée
qui laisse sur sa faim le public de par son mélange maladroit des
genres, même si tous les ballets sont brillamment interprétés.
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